‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 184 sur 203 · Une ligne supprimée · texte numérisé non relu

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REVUE DES TROUPES RUSSES. 33f

épris (l'une demoiselle de . . . qui voulait s'en faire épouser. Elle était déjà sur le retour, intrigante comme sa mère, du reste agréable de visage, de tournure et ne manquant pas d'esprit. Bon époux et bon père, le duc d'Olrante ne sait se reposer des affaires que dans son intérieur. Après avoir pleuré longtemps l'ex-religieuse qui avait été sa première femme, il éprouva le besoin de la remplacer. Devenu ministre du Roi, il crut qu'il était aussi de sa politique d'épouser une fille de bonne^ maison, dont il était d'ailleurs amoureux. Quand j& vis avec quel aplomb et quelle aisance la nouvelle mariée faisait les honneurs au duc de Wellington, aux ambassadeurs, à tous les grands personnages qufr Fouché se plaisait à réunir, je craignis pour ses cheveux blancs plus d'une injure.

« La grande revue des troupes dans la plaine des Vertus vint suspendre le dénouement de tout ce drame. Les souverains alliés s'y étaient rendus. Alexandre se complut à montrer à la France et à l'Europe une des plus belles et des plus redoutables armées des temps modernes; il mêla, selon son goût ou son système, les solennités religieuses à cette pompe guerrière, et M"*® de Krudner, qui y assista, en fit une relation inspirée et même extravagante, que publia le Moniteur.

M. de Talleyrand y envoya M™® qui, montée sur

un beau cheval, caracolait parmi les généraux et les souverains et n'épargnait rien pour attirer leurs regards. Elle revint toute enorgueillie de ses succès, persuadée qu'elle allait relever la fortune chancelante de son vieil

amant. Peu de jours auparavant M™' était arrivée

de Vienne où elle était allée courir après le jeune

comte de qui lui avait tourné la tête pendant le

Congrès. M. de Talleyrand consentit d'abord à la partager avec le comte; il se trouvait si vieux pour sa

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