‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 187 sur 203 · RENVOI DU MINISTÈRE TALLEYRAND · texte numérisé non relu

RENVOI DU MINISTÈRE TALLEYRAND

annonce au Monarque que sans les grâces qu'il demande, il ne peut se montrer aux Chambres, ni continuer à le servir. Le Roi le regarde, u II était de son devoir, reprend Talleyrand, de faire au Roi cet aveu, iant en son nom qu'au nom de tous ses collègues. »

« — Oui, répliqua finement le Roi, je vous comprends, c'est comme en Angleterre. »

« Talleyrand ne sentit pas d'abord la portée de ces paroles. Il demeura confondu en apprenant qu'il avait ■été pris un peu plus qu'au mot, et que le Roi préten- <lait bien avoir reçu et accepté la démission du ministère tout entier.

« Alors tous les ministres, comme les moutons de Panurgc, imitèrent leur chef et répétèrent la même

•démarche. Pasquier* . '.

." . . alla fièrement, le premier, offrir ■ce qu'il appelait sa démission. Le Roi leur fit à tous îa même réponse : (( qu'il regrettait fort leurs services, mais que leur démission lui avait déjà été apportée par îe président du Conseil, et qu'il l'avait acceptée. Tous comprirent alors le sens de ces paroles : « C'est comme en Angleterre. »

« Ainsi finit ce ministère que l'ombre seule de la Chambre de 1815 eut le pouvoir de renverser. Personne ne fut peut-être plus à portée de le juger que moi. Si on lisait aujourd'hui ce que j'en écris, on me trouverait sévère; la postérité le sera bien davantage. lia fait autant de mal qu'il était appelé à faire de bien. C'est tout dire, car sa tâche était immense et plus belle encore que difficile. A force de ménagements pour chaque parti, il les ressuscita tous ; il rendit de l'espérance à ceux qui n'en avaient plus; sa faiblesse sema

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