NAPOLÉON ORATEUR
de prix à bien choisir entre elles qu'à prouver que son esprit faisait le tour de toutes les questions et qu'il n'y avait pas une seule idée qu'elles pussent suggérer, qui ne lui fût venue. Mais entraîné par la vivacité du débat, quelquefois même par la contradiction, car il la voulait d'ordinaire libre et complète, à soutenir le pour et le contre, le contre devenant une revanche pour ceux que le pour avait offensés, et si par exemple il attaquait les Jésuites, qu'il avait loués la veille, un regard satisfaitet intelligent de M. Re.ijnault lui annonçait que la philosophie comptait encore sur lui. Sa position dans le Conseil entre deux partis qui se haïssaient faisait ainsi pour lui de ce qui est une faute pour tout le monde, une tactique et une habileté. D'ailleurs ces deux partis, stupéfaits de le voir déployer tant de ressources et d'artifices pour les mettre d'accord au lieu de les briser, se persuadaient de plus en plus que s'il ne leur donnait pas toute satisfaction, il leur épargnerait toujours d'être livrés à leurs adversaires, ou humiliés devant eux. »
Dans la séance du 8 mars, le Conseil d'h^tat eut k s'occuper d'un projet qui rendait les gendarmes justiciables des tribunaux spéciaux. L x^mpereur combattit le projet.
« Les tribunaux spéciaux, dit-il, ont été créés pour punir des délits passagers, en particulier les faux dont nous étions inondés; les délits diminuent. Bientôt les tribunaux spéciaux seront inutiles. Ne prolongez pas leur existence en étendant leurs attributions. Mieux vaudrait rétablir tout simplement les jugements prévôtaux dont l'utilité, même la nécessité, pourrait être sou le nue. )>