‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 34 sur 203 · UNE ERREUR DE M. TUIERS · texte numérisé non relu

UNE ERREUR DE M. TUIERS

d'abord au nombre de six, M. Mole, nommé maître des requêtes par décret du 11 juin 1806, en fit partie. Les cinq autres furent : MM. Portalis, Pasquier, Janet, Chadelas et Fréville.

(( M. Thiers, écrit M. Mole, assure que nous étions tous très jeunes, et portant des noms qui rappelaient d'anciens ou de récents services rendus à la France. Le fait est que j'étais fort jeune (vingt-cinq ans). M. Pasquier, âgé de quarante ans, avait été conseiller au parlement de Paris, ce qui ne faisait pas de sa nomination un avancement exagéré. Portalis avait seulement quelques années de moins que lui. Chadelas était un vieil inspecteur aux revues, fort obscur, mais honnête homme, et propre à juger les marchés passés par le ministre de la Guerre. Janet était un petit avocat du Jura, processif et retors, parleur inépuisable, aussi diffus que fastidieux, et qui s'était fait une grosse fortune avec les biens des émigrés de sa province. Enfin le baron de Fréville, homme d'esprit maniéré et prétentieux, visant à l'élégance dans sa personne et ses habitudes, pointu, contourné, et complimenteur, capable cependant, honnête, le fond valant mieux chez lui que la forme. Sa fin l'a bien prouvé. Ses dernières années s'écoulèrent dans la piété la plus fervente; il y donnait une bonne partie de ses revenus aux pauvres, et en le disant ici, je révèle presque un secret. »

Quand les nouveaux maîtres des requêtes eurent prêté serment, le grand Juge Régnier, duc de Massa, les réunit pour arrêter un ordre de travail. On se réunissait une fois par semaine. Un nombre donné d'auditeurs étaient attachés à la commission, qui préparaient et complétaient les dossiers; cependant lo grand Juge remettait quelquefois les affaires les plus importantes directement aux maîtres des requêtes pour

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