ASSEMBLÉES DES JUIFS FRANÇAIS
•en faire le rapport. Ceux-ci avaient voix consultatives aux réunions générales du Conseil d'Etat, ils pouvaient prendre la parole, mais leurs voix n'étaient comptées que dans les affaires qu'ils rapportaient. C'était très rare. Le titre de maître des requêtes les laissait assister et prendre part aux travaux de la section à laquelle ils appartenaient précédemment. Peu à peu leurs attributions s'étendirent et l'Empereur leur donna des commissions, parfois importantes.
La première affaire qui se présenta fut celle relative aux juifs dont il vient d'être parlé.
Un décret daté de Saint-Cloud, le 22 juillet 1806, instituait une commission de trois membres, chargés de l'application du décret du 30 mai. Furent nommés MM. Pasquier, Portalis et Mole.
« L'opinion publique, écrit ce dernier, autant du moins qu'elle pouvait se manifester, prit tellement le change sur les intentions de Napoléon et sur la mission qu'il nous donna que je suis obligé d'entrer ici dans quelques développements. Je crois superflu de rapporter article par article, les décrets qui définissaient les fonctions que nous aurions à remplir auprès des deux assemblées qui allaient se réunir. Les trois commissaires nommés étaient moi, président, M. Portalis <\i M. Pasquier.
<( Des deux assemblées, la première civile et politique, toute composée de juifs français, devait examiner les •causes qui avaient amené les spoliations exercées par leurs coreligionnaires en Alsace, rechercher dans le passé la source de laquelle était sorti ce conseil donné aux juifs ou plutôt le commandement qui leur était fait, au nom de leur religion, de faire l'usure avec les chrétiens et de les dépouiller par manœuvres souterj-aines de leur patrinioine, enfin l'assemblée devait