ACTIVITE DE L EMPEREUR
le déclin. «Tirant sa montre: « Il est tard, rentrons chez l'Impératrice. »
« Je suivis ses pas et je me retirai.
« Napoléon se complaisait à exercer sa merveilleuse sagacité sur lui-même; il se regardait comme une créature exceptionnelle et, à ce titre, il excitait sa propre curiosité. Je l'ai vu quelquefois plonger en luimême ce scalpel dont sa main était incessamment armée, avec un calme, une impartialité qui llattait son orgueil.
(( En ce moment, on le voyait gouverner, administrer, s'occuper des moindres détails, comme s'il n'eût conservé ni préoccupation, ni souvenir de l'anéantissement de cette belle armée ensevelie sous les glaces du Nord. Il ne perdait pas un moment pour s'en donner une autre avec laquelle il comptait bien relever sa fortune et prendre une revanche éclatante, dès que la saison le permettrait. En même temps il tenait dos conseils privés où il organisait la régence, pour prévenir le renouvellement d'un coup de main comme celui de Malet. Les Conseils privés où se préparaientles sénatus-consultes, où s'examinaient, selon le gré de l'Empereur, les traités ou les mesures extraordinaires que les circonstances exigeaient, se composaient des grands dignitaires, des grands officiers du Sénat, des ministres, des présidents de section du Conseil d'État. Il ne voulait pas que la gravité de la situation parût rien changer à ses habitudes gouvernementales. Comme à l'ordinaire, l'Empereur réunit tous les mois de janvier et de février les conseils d'administration ayant pour objet les travaux publics et particulièrement ceux des ponts et chaussées, dont j'étais le directeur général. J'y mettais sous les yeux