NAPOLÉON ET SES FRERES
lui causait ce bras de mer qu'il ne pouvait franchir, entra pour beaucoup dans son entreprise du blocus continental, ou exclusion de l'Angleterre de tous les marchés du Continent. C'est pour fermer aux vaisseaux et aux marchandises de l'Angleterre les ports de la Russie, qu'il lit son expédition de Moscou, poussa à bout les peuples comme les rois, et finit par réduire au désespoir les Français, si fiers de son génie, de ses victoires et qui lui avaient obéi jusque-là comme au plus grand des hommes, qui eût paru sur la terre.
« Je n'ai jamais oublié la scène dont je fus témoin à l'époque où il pensait réunir la Hollande à la France J'étais allé un dimanche soir aux Tuileries. Le roi et la reine de Naples, le roi et la reine de Hollande, qui se trouvaient encore à Paris, avaient diné avec lui. En m'approchant de la porte du salon où la famille impériale était rassemblée, je reconnus la voix tonnante de l'Empereur ; j'y entrai, et voici le spectacle qui frappa ma vue,
u Au milieu de mille bougies resplendissantes, de l'éclat des diamants et des parures, les hommes debout, en uniforme, formaient une haie dans les rang.s de laquelle 'se promenait h grands pas Napoléon. Ses traits étaient gonflés et presque déplacés par la colère, sa marche brusque et saccadée. Son frère Louis s'efforçait de le suivre, malgré l'espèce de paralysie qui lui rendait la locomotion difficile. Je me plaçai à côté du roi de Naples qui portait le très brillant uniforme de ses gardes. « Rappelez-vous, disait Napoléon, au roi de Hollande, que vous êtes avant tout, par-dessus tout, prince français. Je ne vous ai mis sur le trône de Hollande, que pour y servir Ij- intérêts de la France et pour me seconder dans tou< "c que je fais pour elle. — H fallait me le dire av^ t de m'appoler à cette