NAPOLÉON ET SES FRERES
couronne, je ne vous l'ai pas demandée, loin de là; je vous ai supplié de me laisser dans celte condition de prince français que je vous devais, et qui suffisait à mon ambition. Ce que vous exigez de moi maintenant, serait la ruine et le malheur d'une nation dont vous m'avez confié le sort, et que mon premier devoir aujourd'hui est de rendre heureuse. Je demeure assurément français de cœur, mais le jour où il me faudra sacrifier la Hollande à vos projets, j'aurai cessé de régner sur elle. »
« A ces dernières paroles, l'Empereur, de plus en plus courroucé, se mit à reprocher à ses frères et à ses sœurs leur ingratitude et leur prétention à ne plus dépendre de celui qui les avait tirés du néant. Le roi Joachim alors me poussa du coude, et me montrant Louis : « L'imbécile, me dit-il à l'oreille, si l'Empe- « rcur me commandait de prendre une division de sa « garde pour jeter à la mer tous mes Napolitains, leur (( affaire serait bientôt faite*. »
<( L'Empereur avait conservé de la conspiration de Malet une impression profonde ; il ne pouvait oublier avec quelle promptitude plusieurs de ses principaux fonctionnaires avaient cru à sa mort et cédé la place à quelques aventuriers téméraires, obscurs et mécontents.
« Ceux de ses meilleurs serviteurs, qui dans la dernière campagne, avaient été frappés de la diminution de son activité et de ses forces, déclaraient que, depuis son retour aux Tuileries, depuis qu'il avait retrouvé le confort de sa vie ordinaire, et ces hommes, instru-
i. Sept lignes supprimées.