NAPOLEON NIE L IMPOSSIBLE
rimpression du moment, il ne songeait qu'à se satisfaire lui-même, à se grandir et s'agrandir sans terme et sans repos. S'irritant au moindre obstacle, sacrifiant tout à le surmonter, et se contentant de constater en toute rencontre que rien ne résistait à sa puissance ni-a sa volonté, lorsqu'il fallait choisir entre le présent et l'avenir, il préférait le présont comme plus certain et plus soumis à son action. Il songeait bien moins, en un mot, à laisser après lui une race, une dynastie, qu'un nom qui n'eût point d'égal et une gloire qui ne pût être surpassée.
« Plus excessive encore que chimérique, sa politique envers l'Espagne et envers le chef de la catholicité, avait montré qu'aucune immoralité, aucun abus de la force ne lui coulait pour arriver à son but. Mais ce fut surtout son expédition de Russie et son idée de blocus continental qui démontrèrent à tous les regards, même aux regards des plus anciens compagnons de ses travaux, que la mort seule pouvait mettre un terme à ses entreprises et un frein à son ambition.
(( L'impossible, me dit-il un jour, est un mot dont la signification est toute relative; chaque homme a son impossible, selon qu'il peut plus ou moins. L'impossible, ajouta-t-il en souriant, est le fantôme des timides et le refuge des poltrons. Dans la bouche du pouvoir ce mot, croyez-le, n'est qu'une déclaration d'impuissance. »
(( C'est avec cette confiance illimitée dans son bras et dans son génie que, promenant chez tous les peuples les douleurs et les humiliations de la conquête, il les réduisit au dé.sespoir non moins que les rois, et changeai sans s'en douter peut-être, les conditions de la lutte qui ensanglantait l'Europe depuis 1791. Depuis 1791, les rois et les aristocraties coalisés s'étaient efforcés d'arrê-