‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 61 sur 203 · CONSTITUTION D UNE REGENCE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION D UNE REGENCE

opinion qu'ils en eussent, lorsqu'il était en lutte avec l'étranger. On nous a vu renverser pour les griefs les plus imaginaires un trône, une famille, que quatorze siècles avaient consacrés ; mais si au plus fort de nos crises révolutionnaires, le souverain menacé eût eu querelle avec l'étranger, factieux et mécontents se seraient ajournés, et tous auraient fait face contre l'ennemi commun. Ici, quoi qu'en aient pu dire tant d'histoires faites apràs coup et toujours pour le besoin d'une cause actuelle que l'historien voulait soutenir, la nation française était convaincue que la cause de Napoléon n'était plus la sienne, que l'ambition sans bornes et les fautes sans nombre de celui qui l'avait délivré de l'aharchie, l'autorisaient à se séparer de lui ; et cependant nul ne le trahit, pas plus les légitimistes rendus à l'espérance que les révolutionnaires qui ne l'avaient jamais perdue.

(( Une des plus grandes préoccupations de l'Empereur était, dans ce moment, de constituer, sous forme d'une régence, un gouvernement assez fort pour mettre Paris pendant son absence à l'abri d'un coup de main, d'une conjuration comme celle de Malet et de Lahorie.

« Le 6 février, la loi organique de la régence fut annoncée au Sénat par l'archichancelier Gambacérès qui en était le président. Regnault de Saint-Jean d'Angély, que Napoléon choisissait constamment en pareille circonstance, lut un exposé des motifs plein de lieux communs, de néologismes, de phrases prétentieuses et à effet. Le Sénat nomma sur-le-champ une commission pour examiner le projet; le lendemain, Pastoret fit le rapport, et le Sénat adopta à l'unanimité le sénatus-consulte portant organisation de la régence. Il était divisé en dix-neuf titres. D uis le

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