LE CONSEIL DE REGENCE
aucun obstacle. En apprenant votre mort, les partis stupéfaits auront besoin de se recueillir, de mesurer leurs forces et de s'entendre pour arriver à une transaction qui les satisfasse. Tout dépendra de la promptitude et de l'énergie avec lesquelles le gouvernement de la régence saura profiter de ce premier moment d'hésitation.
« Napoléon, avçc un sourire et un geste qui décelait une profonde tristesse. — Bah! il faut que le roi de Rome ait vingt ans et soit un homme distingué, tout le reste n'est rien. » Et tout de suite : « Comment est le discours de Regnault au Sénat? Je ne l'ai pas lu.
(( — Sire, il m'a semblé au-dessous du sujet et de ce qu'il fait ordinairement.
« Napoléon, avec humeur. — On ne devrait pa& publier les discours des orateurs du Conseil d'Etat chargés de développer les motifs d'un sénatus-consulte. Ils parlent au nom du gouvernement, et ce qu'ils disent a trop de poids; c'est ainsi qu'on me fait parler et dire des sottises. On croit que j'ai dicté leurs discours,, ou du moins que j'en ai pris connaissance. Qu'on publie celui du rapporteur de la Commission du §énat, il n'y a pas d'inconvénient. Ce rapporteur n'est que l'organe de ses collègues. Au reste, le discours de Pastoret, que j'ai parcouru, m'a paru bien '.
« — Sire, il vaut mieux que l'autre. Il y a au moinsune certaine érudition habilement appliquée.
« Napoléon. — Il paraît que c'est un homme de mérite que Pastoret.
a — Oui, Sire, c'est un homme fort savant en matière
1. Il était peu vraisemblable que l'Empereur eût parcouru ou lu le rapport de Pastoret sans avoir jeté les yeux sur le rapport de Regnault. Il voulait évidemment savoir ce que j'avais pensé ou entendu dire de l'un ou l'autre discours, et le peu de succès de celui de Regnault l'avait impatienté et porté à le désavouer. (Note du comte Mole.)