LES ENNEMIS DE NAPOLÉON
de l'esprit ne saurait remplacer, même pour le succès, cette portion du vrai dont la conséquence logique et forcée est la pratique de l'honnêteté.
« Aujourd'hui Napoléon se trouvait en face d'ennemis terribles et nouveaux, dont il avait trop méconnu le nombre et la puissance. Ce n'étaient plus les Anglais, les Russes, les Autrichiens, les Prussiens, les Espagnols coalisés contre lui, c'étaient les hommes de lous lés pays que le sentiment de l'injustice et de l'oppression révolte au point d'y préférer la mort; c'était l'universalité des cœurs où la foi religieuse vivait encore dans toute sa force, et enfin tous ceux qui n'acceptent pas volontiers l'attitude résignée de ces peuples conquis, qui ne gardent de leur antique existence qu'un nom dont il ne se souviennent plus sans rougir.
« Son discours ne fut qu'un long et malheureux effort pour persuader ce dont il ne croyait rien, et apaiser des ressentiments dont il reconnaissait trop tard l'irrésistible force. Ainsi, il représentait le désert, dont l'incendie de quatre mille villages, de cinquante villes et enfin celui de Moscou avait entouré l'armée française, comme l'œuvre des Tartares se vengeant de leurs anciens vainqueurs, et ses affaires, sa position comme florissantes et prospères jusqu'au moment où les rigueurs d'un hiver prématuré vinrent menacer son armée d'une catastrophe. Ainsi il annonçait la fin de ses démêlé? avec le Pape au moyen d'un Concordat qu'il avait été en personne* faire signer au Pape captif à
1. Le 28 janvier, le Moniteur avait annoncé que le 19 rEmp3reur avait été, accompagné de l'Impératrice, chasser à Grosbois chez le prince de Wagram. Cette annonce si tardive fut remarquée, el l'on sut bientôt que Napoléon et Marie- Louise s étaient rendus à Fontainebleau où était le Pape gardé par la gendarmerie, et entouré de cardinaux italiens et français qui n'avaient cessé de lui prodiguer les témoignages de leur vénération et de leur dévouement. On a vu que l'Enlpereur ne m'avait pas dit un mot du Concorda ni de sa