‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 85 sur 203 · L ADRESSE DU CORPS LÉGISLATIF · texte numérisé non relu

L ADRESSE DU CORPS LÉGISLATIF

pas faire un pas vers la contre-révolution. Aujourd'hui, il voulait, si la victoire lui redevenait fidèle, ne laisser ni aux institutions, ni à la pensée fnème aucune ombre de liberté ou d'action, pas plus pour l'avertir que pour lui résister.

« Il s'était hâté de clore la session du Corps législatif aussitôt après le vote du budget, et il devait recevoir sur son trône l'adresse que les législateurs étaient dans l'usage de lui présenter avant de se disperser, et qui prenait dans les circonstances une assez grande importance. Le président devait la rédiger et la lui lire à la tête d'une grande députation tirée au sort, et à laquelle ne manquaient pas de se joindre presque tous les membres de l'assemblée. Selon que l'Empereur était plus ou moins content de l'adresse à laquelle il venait de répondre, il descendait du trône et circulait parmi les députés en adressant la parole à plusieurs d'entre eux.

« Le grand Chambellan, le comte de Montesquieu, avait été porté par ses collègues sur la liste des candidats pour la présidence, et l'Empereur s'était empressé de le nommer. Avec le caractère et les opinions connues du grand Chambellan, c'^était prouver ce qu'il entendait faire désormais de cette assemblée. M. de Montesquieu était de l'une des grandes familles de l'ancienne noblesse, fils aîné du marquis de Montesquieu, un moment général de la République, et qui, en 1792, avait émigré en Suisse pour sauver sa tète'.

homme d'esprit d'ailleurs, ayant en politique les opinions de la minorité de la noblesse dans la Consti-

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