ATTITUDE DE NAPOLÉON
changée presque en colère. C'était, du moins, l'expression de leurs physionomies l'autre jour aux Tuileries, et c'est en prévoyant que les choses se passeraient ainsi, que je m'étais décidé à affronter leur mécontentement en venant assister à la réception que l'Empereur leur ferait. »
Napoléon avait pris l'air sévère à ces mots : et c'est en prévoyant que les choses se passeraient ainsi, etc.. « Mais, reprit-il d'un ton qui témoignait plus d'embarras que de courroux, mais cependant, je ne vous li jamais désavoué. Au contraire, dans ma réponse à l'adresse, j'ai répété tout ce que vous aviez dit. J'ignore si la police s'est mêlée à tout cela et si elle a fait quelque chose pour calmer leurs craintes ; quant à moi, je n'ai jamais changé de langage, et j'ai toujours tenu le même que vous.
<( — Ce qu'il y a de certain, c'est qu'après l'audience de congé qu'ils ont reçue de Votre Majesté, ils sont partis contents.
<( — J'avais mes raisons pour les bien traiter, ils avaient fait tout ce que j'avais voulu, il était juste et politique qu'ils partissent contents de moi.
« — Néanmoins, Sire, il ne faut pas s'y tromper, ils partent pleins d'inquiétude, et ce sentiment est partagé par tous les corps de l'Etat.
« — Comment? Est-ce qu'on a peur? Craint-on les* suites de la guerre .î*
« — Sire, il est trop vrai, cette inquiétude-là est en ce moment celle de toute la France, mais ce n'est pas de ce genre d'inquiétude, dont je voulais parler à Votre Majesté. Tous les corps de l'Etat se croient menacés par les changements que vous méditez, et que depuis quelque temps votre langage ou celui des orateurs qui portaient la parole en votre nom, leur ont