‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 96 sur 203 · TALLEYRAND JUGÉ PAR NAPOLÉO-N · texte numérisé non relu

TALLEYRAND JUGÉ PAR NAPOLÉO-N

rer qu'elle lui donnerait des enfants. Il est certainement, et personne ne l'ignore^ l'homme du monde qui ait le plus volé*, et il n'a pas le sou, et je suis obligé de le soutenir sur ma cassette et de payer ses dettes encore en ce moment.

« — Au moins l'Empereur m'accordera-t-il que sa conversation est pleine d'agrément, de coquetterie, et de charme.

(( — Oh ! c'est son triomphe, et il le sait bien, mais, après lui, quels seraient, à votre avis, les autres hommes^ influents, si je n'y étais plus?

« Après un court silence et en me regardant : « Fouché? C'est encore un homme que le nom d'un Bourbon fait pâlir, et qui est à jamais brouillé avec la république. Enfin peut-être Regnault, à cause de son talent?

« — M. Regnault, Sire, est dans son véritable cadreau Conseil d'Etat. Dans des circonstances aussi graves, les hommes tels que lui n'ont pas de rôle et ne peuvent rien. »

(( L'Empereur paraissait fatigué. « En voilà assez, me dit-il, séparons-nous. Je vous reverrai bientôt. »

« Cette conversation avait duré plus d'une heure. ■»

Ici s'arrête le manuscrit.

d'après d'autres écrits historiques, Talleyrand ne l'aurait épousée que contraint et forcé par Napoléon. On voit que la relation du comte Mole est toute différente.

1. Le mot volé, employé par Napoléon, est sans doute une exagération due à la violence de son ressentiment contre Talleyrand.

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