‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 98 sur 203 · LE DUC DE VICEXCE · texte numérisé non relu

LE DUC DE VICEXCE

de M. Mole lui avait suscité de nombreux ennemis et avait fait beaucoup de jaloux. Ceux-ci, dans le but de lui nuire quand la chute de l'Empereur serait devenue un fait acquis, firent courir le bruit que dans un conseil de cabinet dont on parla beaucoup alors, M. Mole avait projtosé de sévir contre ces opposants, à la tête desquels s'étaient placés MM, de Flaugergues, Laine, de Biran. M. Mole le nie formellement. Ce n'était ni dans ses habitudes, ni dans son caractère, d'attaquer par derrière des hommes avec lesquels il entretenait des relations correctes, et souvent cordiales. « Ni la jDroposition », écrit-il, ni la menace de semblable mesure ne sortit d'aucune bouche, pas même de celle de Napoléon. »

En même temps qu'il nommait le comte Mole grand Juge, Napoléon avait placé le duc de Vicence à la tête du ministère des Relations extérieures. Au milieu des défections chaque jour plus nombreuses, ces deux hommes d'Etat demeurèrent inébranlablement fidèles à l'homme qui les avait appelés, et bien que prévoyant l'inévitable catastrophe, ils continuèrent à le servir avec le même dévouement. Après sa défaite de Leipsick, Napoléon, toujours confiant dans son étoile, voulait continuer la lutte, et projetait encore de reculer jusqu'à l'Oder les limites de son Empire. MM. Mole et de Vicence ne craignirent pas de lui donner plusieurs fois le conseil de s'arrêter dans ses conquêtes, de renoncer à ses projets de domination, et de faire pendant qu'il en était temps encore, une paix honorable, qui eût pu laisser à la France plus même que ses frontières naturelles. Bien que n'écoutaut pas leurs avis, lui qui n'avait jamais admis la moindre critique, il les lai.ssait cepondani avec bienveillance lui exposer leurs vues, et dans les circonstances graves qu'il tra-

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