LE !•' JANVIER
versait alors, il se tournait naturellement vers eux, sachant qu'il pouvait compter autant sur leur attachement que sur leurs lumières.
Le sourd mécontentement contre Napoléon, la crainte des périls entrevus, auxquels la folle politique de l'Empereur menait la France, créa un mouvement d'opinion qui réclamait une constitution plus large, permettant de contrôler la politique impériale et de brider les ambitions irréalisables, presque folles de Napoléon. Le Corps législatif s'en fit l'interprète, à la fin de 1813, et nomma; une commission qui rédigea un rapport jetant les bases d'une constitution, et énumérant les abus à réformer. Le rapport fut remis à l'Empereur, qui en fut fort irrité. A la réception du Corps législatif, le l^r janvier suivant, il ne lui cacha pas son mécontentement.
« L'Empereur, écrit M. Mole*, reçut le Corps législatif. Debout au milieu d'eux, il leur parla d'abondance dans les termes suivants :
« Eh bien. Messieurs, vous avez cru que vous alliez sauver la France. Je la plains si elle n'a que vous pour sauveurs. Les onze douzièmes sont de bons Français, je le sais, mais il suffit d'une poignée de factieux pour égarer une assemblée, et l'entraîner vers un but qu'elle n'avait pas prévu. La Révolution aurait dû vous l'apprendre, mais l'expérience glisse sur les hommes, et ne les éclaire ni ne les corrige. Oîi sont maintenant les imprudents auteurs de cette Révolution .î> Ils sont morts sur l'échafaud. Que M. Laine me dise où sont Vergniaud, et tous les députés de la Gironde.!^ Ils sont morts de la même manière. Si je vous eusse laissé faire, vous auriez recommencé tout ce que nous avons vu.