‹ Le Comte Pietro Verri (1728-1797) Ses Idées et Son TempsChapitre 12 sur 61 · SES COMMENCEMENTS · texte numérisé non relu

SES COMMENCEMENTS

#5 ‘% la carrière mililaire. Et un beau jour on apprit à Milan que Pietro Verri, comme un simple cadet de famille, entrait avec

le grade de capitaine dans le régiment autrichien du colonel

Clerici, et qu'en dépit de tous les siens, il partait pour Vienne, avec l'intention de prendre part aux opérations militaires dans la guerre austro-prussienne. Cela se passait en mai 1759.

Verri a laissé, sous forme de correspondance adressée à ses amis, une relation de son séjour en Allemagne. Les incidents de sa carrière militaire, ses observations personnelles lui fournissent sur la cour de Vienne, sur l’armée autrichienne, sur les mœurs des pays traversés par lui, des renseignements fort édifiants.

Le jeune officier connaissait déjà Vienne. Il y avait accompagné son père en 1733, quand celui-ci y était venu comme rapporteur des affaires milanaises au Suprême Conseil d'Italie. Admis à la Cour, prévenant le monde par ses manières distinguées et sa bonne mine, il avait personnellement recu le titre de chambellan. Son premier soin en revenant dans la capitale fut d'aller se présenter au prince de Kaunitz, qui, sur la recommandation de Cristiani, l’accueillit avec bienveillance. Voici le portrait que le jeune officier a tracé du ministre : « Sa figure est vraiment noble et belle, sa mise d’une suprême élégance. Tous ses mouvements sont pittoresques, mais sentent l'étude; il m'a fait l'impression d'un personnage de théâtre. Il parle plusieurs langues avec beaucoup de charme et avec la meilleure prononciation. On le prendrait tour à tour pour un Francais et pour un Italien, à l'entendre parler successivement ces deux langues. La physionomie est douce et prévient très avantageusement ; dans toute sa démarche règne je ne sais quoi de majestueux et de recherché qui le distingue » (4). |

Recommandé au maréchal Daun, Verri partit pour Prague, et de là rejoignit l’armée autrichienne à Gorlitzheim. Le maréchal lui accorda une audience. L’état-major toisait bien

(4) Verri, Lettres, t.T, p. 9.

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