‹ Le Comte Pietro Verri (1728-1797) Ses Idées et Son TempsChapitre 3 sur 61 · IV " LE COMTE PIETRO VERRI · texte numérisé non relu

IV " LE COMTE PIETRO VERRI

Bien que son champ d'étude et Le théâtre de sa vie publique aient été assez restreints, — Verri n’est guère sorti de Milan, £ sa ville natale, — il y a dans les idées de cet Italien confiné dans sa province une portée générale qu'il est impossible der "4 méconnaître, La Lombardie offre alors en raccourci le tableau de misères communes à toute l’Europe. Les réformes dont cette province a été le théâtre sont celles qu’on trouve à l'étude chez toutes Îles nations civilisées. Les questions de politique générale soulevées par Verri, l'événement capital qui bouleversa la fin du siècle et auquel son nom se trouve mélé, tout donne à cette figure d'homme d'état une importance qui À dépasse de beaucoup les limites de son cadre. Comme le dit très bien l'historien Giuseppe Pecchio, c’est l'Europe, c’est l'humanité, c’est le monde que Pietro Verri a voulu voir et qu'il a vu dans sa patrie. Signaler celle haute portée de son œuvre politique, c'est indiquer l'esprit de ce travail, qui ne doit ressembler en rien à une dissertation d'histoire locale.

Là s’arrêterait ce préambule, s’il ne restait à dire quelques mots d’une publication récente qui a eu un certain retentissement en Italie, et qui jette sur la vie et les idées de Verri une lumière toute nouvelle. L'œuvre du penseur milanaisest aujourd’hui en grande partie publiée, et ce que les archives publiques aussi bien que celles de sa famille renferment d'encore inédit consiste surtout en essais littéraires insignifiants ou en mémoires techniques sur des questions d'administration ou de finance.

En revanche, sa correspondance, bien que communiquée par ses héritiers à plus d'un intime, n’était, il y a peu de temps, connue que par de rares fragments dont l'intérêt faisait vivement regretter la perte pour le public. M. le docteur Carlo

Casati, de Milan, a comblé en partie cette lacune. Il retrouva,

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