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quelques avantages personnels, et à Verri un hommage public « pour les lumières qu'il avait apportées comme représentant royal dans la Ferme de Milan ».
Ainsi se consomma, indiquée, poursuivie, rendue possible par Verri, l'abolition d'une institution odieusement célèbre: la Ferme de Milan. Marie-Thérèse reconnut « que les fermiers suçaient le sang des Milanais », Kaunitz déclara que « défalcalion faite des dépenses incombant au Trésor pour l’administration de la province, le souverain tirait de celle-ci moins que les fermiers ». Et Verri, en recueillant ces aveux tardifs, pouvait se rappeler, non sans orgueil, qu’il avait failli sacrifier son avenir à la satisfaction de crier ces mêmes vérités un peu trop haut et un peu trop tôt.
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SUITE DES RÉFORMES : RÉORGANISATION ADMINISTRATIVE ET FINANCIÈRE DE LA LOMBARDIE
Les finances étaient libres, les régales, tant aliénées qu’affermées, rentrées aux mains de l'Etat. Il s’agissait de substituer sans retard, pour le 1° janvier 1772, un nouveau système à l’ancien. La réorganisation administrative et la refonte des tarifs des impôts, telle fut la seconde partie de l’œuvre politique de Verri. L’impératrice manda à Vienne, au mois de mai 1771, le plénipotentiaire Firmian, avec les conseillers milanais Cristiani, Pecci, Lottinger et Verri. Les fonctionnaires devaient se réunir pour délibérer au « département d'Italie », où se trouvaient déjà Lambertenghi, ami personnel de Verri, Sperges, son correspondant, et le secrétaire Molinari. Voici le portrait que fait Verri de ses compagnons de voyage, avec le récit de son arrivée à Vienne, et des incidents qui marquèrent les délibérations de la fameuse commission.
On sait déjà que Firmian ne l’aimait pas : il le flattait en face, et travaillait en secret contre lui. L'année précédente, Verri
Éairé bre au TE rcnt de compte de la Ferme mixte.
- Firmian écrivit à Kaunil(z que la circulaire avait été faite à son insu, et accusa Verri d’insubordination. Cette calomnie
eut pour effet de jeter la défiance à Vienne, et d'empécher
Verri d'arriver au poste pour lequel il semblait désigné, de - l'avis de tous les gens désintéressés, celui de chef de la nou-
velle administration (1).
Ses collègues sont dépeints en traits un peu chargés, mais
des plus caractéristiques :
. «Cristiani a la figure d’un singe, et il en a tous les traits de . caractère : fausseté, activité, mobilité d'idées, lubricité, méchanceté et envie. Petit, basané, d’un maintien timide et gauche, avec deux yeux vifs et méchamment inquiets, toujours le sourire aux lèvres, toujours officieux, toujours maitre de soi, de ses paroles et de ses gestes, invitant les gens à se communiquer, il se masque lui-même sous une habile dissimulation. Dévot, libertin, homme d’affaires, homme de dépenses, il sait jouer tous les rôles selon que son intérêt l'exige. Il est porté au menu détail, à la petite économie, et ne connaît pas les grands principes de gouvernement... Son ambition n’a
- pas de limites; il ne doute de rien, se croit capable de tout,
parce qu'il ne voit point les difficultés des choses et ne fait de
cas que de la naissance, des richesses, des honneurs, sans
. songer à la véritable gloire; indifférent à l'estime des hommes,
À il ne déteste et n’envie que ceux qui sont capables de le con-
naître et de le juger.
» Pecci, naturellement voluptueux, mou, craignant la fatigue el timide, n’a jamais bien examiné une question ou mûri un projet. Ses fonctions au Sénat lui étant insupportables, il s’attacha à Firmian qui l’en déchargea. De l'argent et des filles, et ne rien faire, il n’en demanderait pas davantage. Tout ce qui l’oblige à un travail ou lui suscite une opposition, l’ennuie;