LE POLÉMISTE
- Ilest, dans l’histoire d'Italie, deux questions capitales, d’une - actualité sans cesse renaissante, sur lesquelles, dans le cours
des siècles, les plus grands hommes d’état de ce pays se sont tour à tour prononcés : la question religieuse, la question nationale. Bien que l’une fût très délicate à aborder au dixhuitième siècle, et qu'il y eût quelque audace à oser traiter
l’autre, Verri ne les a point éludées. Sans doute les difficultés
des temps l'ont jeté dans une perplexité qui contraste avec son assurance alors qu’il dissertait sur les matières criminelles et économiques : sur un terrain glissant, il a tâtonné et cherché
sa voie. Mais l’histoire même de ces tâätonnements est des plus
curieuses. Sa bonne foi, sa sincérité rachètent amplement ses hésitations et sés revirements d'opinions. En outre, il a souvent fait preuve d’un sens politique très fin et d’une originalité de jugements alors bien rare dans la péninsule.