LA CHRONIQUE DB VILLICAIRET
vaque Guy avait fait fabriquer. Comme la série de ces falsifications ne s'arrêtait que bien après Tépoquc de Villicaire, l'éditeur eût certainement prolongé sa Fundatio bien au delà de cette époque, si la chronique sur laquelle il travaillait ne se fût arrêtée a Villicaire (i;.
11 résulte de cet examen que, si nous possédions tout entière la chronique primitive des évéques de Vienne dont le feuillet de Berne ne nous a conservé que la première partie, elle comprendrait quarante et un articles, et s'arrêterait à la notice de l'évêque Villicaire, contemporain de Charles-Martel et du
'oi Pépin.
Faut-il la croire composée (ou si Ton veut inspirée) par Villicaire, ou par son successeur immédiat? L'attribution à Villicaire me semble devoir être adoptée. En effet, le même auteur de cette chronique primitive en XLI articles, qui appelle tous les évcques sanctus^ qui commence tous ses articles parle vc\oXSanctus (notice XLI': Sanctovcro Austro-
>erlo defuncto Villtcarius etc.), appelle Villicaire
(i) Ceci me fait croire que le travail d'édition de M. Duchesne (reconstitution du Libtr episcopalii par transposition dett notices de V Hugiologium) eût dû s'arrêter à Villicaire. Je ne crois pas que Léger, au xi' siècle, ait prolongé jusqu'à son temps la chronique antérieure de Villicaire : car cette chronique de Léger eût été aux mains de l'éditeur du xir siècle, et la Fundatio^ au lieu de s'arrêter  Villicaire, eût été poursuivie jusqu'à Léger. Qu'est-ce alors que ce travail de Léger que mentionne le chroniqueur de Novalaise? Il ne noua reste, me semble-t-il, qu'à Tidentifier avec VHagiologiurrif qui justement (sauf l'addition de la notice de Léger) s'arrête à Burgard, prédécesseur de Léger, et qui, dans la copie Chorier- Estienoot, a pour titre : De sanctis episcopis eccUsiae Viennensis.
APPEMDICB m
Villicarius tout court. Il faut en conclure que
Villicaire, dont la mort n'est pas mentionnée, était vivant quand la notice XLI* fut écrite (i). Il est vrai qu'il a vécu assez longtemps après sa retraite à Agaune, plus longtemps même que son successeur à Tévêché de Vienne. Mais on trouve dans sa notiec l'expression de ses propres sentiments de rancune contre les Francs qui l'avaient dépossédé (Jurioso et insano consilio.., sacrilège et barbare). La raison qu'il donne de sa fuite de Vienne [quia noluii videre eccîesiam stiam rébus sacris expoUatam\ qui n'explique suffisamment ni qu'il ait dû quitter son église» ni qu'il ait été empêché d'y rentrer» semble bien fournie par lui-même ; elle étonnerait beaucoup de son successeur. On peut dire même qu'elle implique un jugement peu favorable sur le compte de celui-ci.
Ainsi la chronique primitive des évoques de Vienne, à laquelle appartenait le fragment de Berne, doit être appelée Chronique de Vilîicaire. Elle fut composée sous le roi Pépin, au plus tard pendant les premières années du règne de Charlemagne (3).
La constatation peut être instructive à divers titres ; il faut, en particulier, retenir que la légende de saint Crescent était déjà née au viii' siècle. Ce qui nous intéresse ici, c'est la phrase qui termine, dans notre chronique, la notice XIV* (Nicétas) :
(i) Il vivait encore en 771 {Duchesne. Fastes, l. I. p. 150). Cf. L'archfvP-que saint Vultckairé, par M. Pierre Bourban, Friboiirg içoo (conclusions contestables).
(2) Ainsi la chronologie dite adonienne de Téviché TienDois est antérieure d'un siècle à Adon.
LA LETTRE DE ZOSIMB
Posi hune fuit bcatus (i ) Simpliciiis episcopus^ ad quent beattis Zosimus papa scribtt^ qui iamen in cafhalogo, nescio qua de causa^ non ponitur (2).
Aucun indice ne permet de douter que la phrase n^appartienne à la rédaction originale de la chronique ; en effet, si la mention de la lettre de Zosime eût été, au ix' ou au x* siècle, insérée dans la notice de Nicétas pour donner cours à une pièce fausse, on n'y eût pas ajouté cette remarque naïve^ propre justement à rendre la pièce suspecte : qui tamen.., non ponitur ; la remarque est évidemment de Tauteur primitif, travaillant sur le catalogue des évêques de Vienne. Il faut conclure que Texistence de la lettre Revelatum nous est attestée au viii* siècle, trois siècles avant la rédaction des faux-privilèges viennois. L'argument que Ton a tiré, pour prouver l'inauthenticité de la lettre, du fait qu'elle nous a été conservée dans la collection des faux-privilèges, est sans valeur.
I (i| Il n*y a pas à s'étonner que Simplicius soit appelé ici beatus et non sancius, comme tous les autres éréques, Martinus excepté; Villicaire lui-même nous eu doane la raison : il travaillait sur un catalogue qui nous a été conservé (Mon. Genn. SS. Xlil, p. 37^), qui avait été continué jusqu'à son prédécesseur Austrobertus. (Cnterrompu au temps de VîUicaire, ce catalogue fut complété plus tard imparfaitement. Après sanetus BoboUnus tt sartctus Austroberttis, on y in»îcrivit Proculus et Ursus, en omettant Villicaire et Bertéricus). L'épithéte de sanctus^ qu'il accorde à tous ses prédécesleurs, provenait de ce catalogue. L'épithéte équivalente de beatus^
C\\ donne à Simplicius, est de lui.
(2) Lt nom de Simplicius figurait fort bien sur ce catalogue, m>iis sous la forme Simplidei, Si Villicaire n'a pas identi&é le Simplicius de la lettre avec le Simphdes du catalogue, c'est que dans son système de chronologie, Simplides devait avoir vécu au ni* siècle.
APPENDICE m
Aucun doute ne subsiste que la lettre Revelatum nobis n'ait été véritablement écrite par le pape Zosime. L'a*t-il écrite telle que nous la possédons, et le collecteur viennois, qui n'avait guère de scrupules, Ta-t-il insérée dans sa collection sans retouches ?
On est surpris de voir Zosime, au lendemain du concile de Turin, dont les décisions venaient de porter à son autorité un si rude coup, l'appeler synodus gravissimorum cpiscoporum. Peut-être voudra-t-on voir dans ces deux derniers mots une glose marginale, empruntée à la lettre : Ciim adver^ sus de Zosime ( i), et incorporée par un copiste dans le texte. Il est bien plus probable que Zosime a cru habile de témoigner de la considération aux Pères de Turin, et qu'obligé de subir leurs décrets, il a affecté d'y adhérer de son plein gré.
La dernière phrase de la lettre étonne aussi : pourquoi cette mention de la condamnation de Lazare, que Zosime avait prononcée pendant les premiers mois de son pontificat (a) ? Y aurait-il ici un sou-
(i) Ep. Cum advttsus, § 3. Migne, t. XX, col. 66a. [IL 8*agit du concile de Turin de 405 (?)]: La{arus, dudum in concilio Taurinenù gravissimorum êpiscoporum sententiis pro calumniatore damnatus, etc. — On pourrait aussi supposer interpolé tout le membre de phrase : sicut in Taurinensi gravissimorum eptscoporum synodo decretum tst.
(2) Kp. Magnum pondus, J; 4 (MigTie, t. XX, col. 651) : Sosqut^,. sactrdotali eos (i. e. Lazarum et Herotem) loco et omni communient submovimus. Cf. ep. Posteaquam a nobis, § 3(ibid., col. 656, 22 septembre 417) : Sed quamquam specialis illos aposioltcae s^dis auctoritas omni communione submovtrit. — La lettre Magnum /on (^u5 n'est pas datée; mais elle est certainement des premières semaines de répiscopat de Zosime.
LA LETTRE DE ZOSIME
venir du même passage de la lettre Cum adversus d*où pourrait provenir le gravissimorum episcoporum (i) ? Cependant un faussaire ne fabrique des documents, ou n'interpole ceux qu'il possède, que pour s'en prévaloir en vue de quelque utilité, et Ton ne parvient pas à imaginer qu'un Viennois du moyenâge ait pu tirer avantage de la mention qui est ici faite de la condamnation de Lazare, Si le collecteur viennois avait intentionnellement modifié le texte de Zosime, sa première correction eût dû être de supprimer les clauses défavorables : intérim^ usque dum..,y donec... ventiletur,
11 paraît donc infiniment probable que la phrase La^arum indebitc etc. est authentique. Diverses hypothèses pourraient rendre compte de sa présence. Simplicius, dans sa lettre au pape, avait pu nommer Lazare. Peut-être encore faut-il distinguer deux condamnations successives de Lazare. La première aurait été prononcée par Zosime personnellement, au printemps de Tannée 417. La seconde aurait eu un caractère différent. Il y avait eu, au mois de septembre 417, une session du concile romain (2); on
(1) Ibid., col. bbi : pro caîumniators damnatus cum Britii inno~ Cétitis episcopi vitam falsis obfeetionibus appatisiet^ posi veto indebitum ab todem Proculo^ qui inttr caettros in synodo damnaUonis tj'us asiederal^ sacerdoiium consecutus^ etc. Il semble que si la phrase de la lettre Revelatum eût été empruntée i cette phrase de la lettre Cum adversus, rioterpolateur eût écrit : scioë Taurinensi concilia fsse damnaium.
(2) Ep. Cum advtrsuSf ^ 2 : /Jatc omnia apud nos gestis testémoniisque Jiscussa sunt. On peut se demander, il est vrai, s'il ne i*agit pas ici d'une simple séance du presbyterium romain. L'usage était, je crois, de juger les évéques en concile (Sirice, ep. Direita ad, § 2, Migne, t, XIII, col. X134 : Si non vuîtis a nostro colUgio
ArPENDICK m
y avait, comme nous i*apprenons par la lettre Cuoi adversuSj prononcé Tannulation de la double ordination faite par Proculus pour Gargarius et Citharista, et excommunié les évêques qu'il avait institués, Ursus et Tuentius. Une des circonstances qui avaient paru vicier Tordination était la participation à la cérémonie de Lazare, l'évoque d'Aix dépossédé. La conduite de Lazare avait été reconnue fort blâmable ; la lettre Cum adversus contient une diatribe virulente à son adresse. 11 est fort possible que le concile Tait excommunié en même temps qu'Ursos et Tuentius, et que Zosimo, qui écrivait avec beaucoup de précipitation, ait oublié, dans sa décrétale Cum adversus^ de mentionner cette troisième condamnation (i). Il aura ensuite saisi la première occasion de réparer cette erreur. Le nostro judicio de la phrase s'accorderait très bien avec cette hypothèse. L'usage romain était qu'un évêque, ou personnage réputé tel, ne fût excommunié que par sentence synodale. Le concile romain de septembre pourrait avoir confirmé, par une excommu-
synodaîi sententia sep^rari). Au contraire, les laïcs et les simples prêtres étaient jugés par le presbyterlum (condamnation de Jovtnien et consorts, ap.Sirice, ep. Optarem, ^ 3-4, Mignc, t.XIlI.col. 1171: acto igitur prfsbyierio... Omnium nostrorum tam preshytcrorum et diaconorum quam eiiam totius cleriy unam se itof* fuisse x#atentiam..,) J'admets que, sous j^oaime, le tribunal, réuni dans la basilique de S. Clément, qui jugea Célestius, était une réunion du prâsbyUrium (ep. Magnum pondus^^ a. Migne, t. XX, col, 650); et que par contre ce fut le concile romain qui jugea Ursus et Tuentius, Lazare, et plus tard Proculus.
(i) On s'étonne qu*il ne soit fait, dans cette lettre, aucune allusion  l'excommunication de Lazare. Ceux qui l'avaient reçue purent croire que le tribuna.1 pontifical l'avait épargné.
LA LETTRE DB LEON
nication judiciaire, la décision que le pape avait prise d'exclure Lazare de sa communion.
Il ne subsiste, à mon sens, aucun doute sur l'authenticité de la lettre Revelaînm nobis. Cette constatation, qui nous est utile pour établir Thistoire de la politique de Zosime. offre plus d'intérêt encore pour Tétude de la Collection viennoise. La condamnation en bloc de toute cette collection canonique ne saurait être maintenue. On ne peut en effet tenir ni pour certain, ni même pour probable que la \eX\re Reveîatum nobis soit la seule authentique des trente pièces du recueil viennois (i). Chacun des documents qui nous y ont été conservés mérite d'être l'objet d'un examen séparé.
H Avec la décrétale de Zosime, le seul de ces docu-
j mcnts qui touche à Tobjet du présent travail, et qui y doive être étudié ici, est la lettre Quali periinacia, \ attribuée par le rédacteur viennois au pape Léon le t Grand.
IL — La lettre QUALI PERTINACIA.
Voici le texte de la lettre, telle qu'elle nous a été conservée par Du Boys, et par Jean Le Lièvre dans son Histoire de Vantiquité et saincteté de l'église de Vienne en la Gaule celtique. 11 est très probable que Le Lièvre, pour cette lettre comme pour la lettre
(i) Trente dans TéditioD de M. Guodlach, qui n'a pris dans le recueil de Du Boys que les lettres de papes. Du Boys m£lait A ces lettres des dipl6mes royaux et impériaux. Si Ton reprend Texamen critique de Tensemble de la collection, on sera sans doute amené d étudier conjointemeot les deux genres de pièces.
APPENDICE m
de Zosime, n*a fait que reproduire le texte de Du Boys, les variantes de texte de Tune à l'autre édition étant à peu près insignifiantes (i).
DiLECTIS * FRATRIBUS PBR [GaLUAS BT (a)] VlEKKHW- SEM PROVINCIAM EPISCOPIS CONSTITUTIS Leo EPISCOPDS.
« Quali pertinacia Ililarius Arelatensîs episcopus € iudicium nostrum effugerit, sancta vestra frateroi- € tas non ignorât. Undeetiustum esse videmus^ ut, € quia principis apostolorum magnam in iudiciis € moderationem,quam in pptestateper vicariossuos c semperexbibet, Ârelatensis episcopus non expec- € tavit, a privilegio suae civitatis submotus humiii € loco discat, quod in magno gratis munere prse- € decessorum nostrorum concesso tenere noluit; € sitque redintegratum Viennensi [archijepiscopo
< privilegium et ius antiquum, quod apostolica € benignitas ad Arelatensem ex parte tianstulit c civitatem, ut tali severitate Hilarius coercitus
< discat non temere transgredi terminos canonica « prolatione fundatos. >
Data VHP. Idus lanuarii, Valentiniano auguste IIII. [et Anieno] consul[ibus.]
a) Du Boys, dilectissimis. — b) Du Boys, in margina : alias SlL
La lettre Quali pertinacia a depuis longtemps été rendue suspecte. Sirmond le premier la révoqua en
(U Je prends le texte dans l'édition de Gundiach» £/. Mrrctc.t p. 91, et reproduis Torthogrâphe qu*it a adaptée. (2) C'est moi qui mets entre crochets les mots que je tieai pqoc
interpolés.
LA LETTRE DE LEON
doute (i). Le P. Quesnel, qui édita les œuvres de Léon le Grand en 1675, développa dans une longue note une série d'arguments tendant à la faire croire apocryphe (2). Il est vrai que dans son Apologie pour saint Hilaire d* Arles ^ insérée dans l'édition désœuvrés de Léon, la même lettre lui ayant paru fournir un argument à la cause de saint Hilaire et des libertés gallicanes, il n'a pu s*empêcher d'en user comme d'un document véritable (3). Tillemont, dans ses Mémoires^ en reste, quant à lorigine de la pièce, à Tincertitude de Quesnel (4). £nfin les Ballerini classèrent décidément la lettre Qtiali pertinacia parmi les lettres faussement attribuées à saint Léon. Leur jugement a été confirmé récemment par M. Gundlach, qui n'a pas excepté notre lettre de la proscription générale qu'il prononçait contre la collec-
(i) Conciî, aniiq. Galîiae^ tome III, p. 1503 (a.1629).
(2) Sa dissertation sur cette lettre est reproduite dans Tédition des Ballerini. V. Migne, tome LIV, p. 1235-1236. Suit celle des Ballerini, p. 1235-1238.
(3} Quesnel, Dissertatio V in s. Leonis M. op., c. vui, îï 1 (Migne t. LV, p. 457): l'intervalle de six mois qui s'écoula entre la publication de la lettre Quaii p$rtinacia^ et celle de la lettre Divinae cultum^ jointe à la constitution Cerium est, paraît k Quesnel un indice que les prescriptions de la lettre Quaii pertinacia n'avaient pas été observées en Gaule, Cependant, A la page qui précède (c. va, § 4, col. 456), il dit de la même lettre Quaii pertinacia : si iamen genuina est.
(4) Mém,, t. XV (171 1), p. 82 : « Le P. Quesnel marque quelques raisons particulières qui font douter de celle-ci, [auxquelles je croy qu'on peut ajouter ce qu'elle porte), que les droits de TEglise de Vienne avaient été transférez en partie A Arles. Il faut néanmoins que saint Léon ait écrit quelque lettre semblable à celle-ci. Car dans sa grande lettre il ne dit point à qui il donne le droit de métropolitain qu'il oste A TEglise d* Arles. »
APPENDICE m
tioa viennoise. M. Gundlacb» considérant toujours la collection comme un bloc, n'a môme pas cru devoir compléter, ou seulement discuter, les raisons déjà produites par Quesnel et les Ballerini contre la petite lettre de Léon V (i).
Les indices d'inauthenticité que les auteurs des deux éditions ont relevés, sont les suivants :
i* L'adresse de la lettre est apocryphe. Léon n'a pas pu écrire /tt'r G(î///J^ ^/ Viennevscm, puisque la Viennoise faisait partie des Gaules.
Nous savons par l'exemple de la lettre Rfvelatum nobis que le collecteur viennois ne se faisait pas scrupule d'apporter de légères retouches à des documents authentiques, particulièrement dans l'adresse. Supposons la lettre Quali pertinacia authentique, et adressée Dilectis fratribus pcr Vienncnsem ctc, ; le rédacteur, en écrivant /)t'r Gallias et Vienncnsem, aura voulu grandir le rôle de Vienne, qu'il faisait ainsi l'intermédiaire entre Rome et Tépiscopat gaulois tout entier. Cet intitulé ne prouve rien.
2" Il ne faut pas tenir plus de compte d'une deuxième objection, portant sur ce que le mot archiepi'scopuSf au sens de : métropolitain, n'est pas de la langue du v* siècle. Le collecteur viennois, dans ses faux, appelait les évoques de Vienne archevêques depuis le milieu du m' siècle. La correction dV^/scopus en archiepiscopus^ qu'il a faite dans Tadresse de la lettre de Zosime, s'imposait à lui dans
(1) Je ne connais aucun auteur moderne qiù ait pris parti pour l'authenticité de la lettre. M. Duchesne [Fastes, t. I, p. 114)1^1 M. Langen {Gfseh, der roem, Kircke, t. Il, p. il), dans leurv récits développés du conflit de 445, ne la citent pas.
LA LETTRE DE LEON
la lettre de Léon, si cette lettre est authentique.
3" Autre expression jugée suspecte : pfr vicarios suas. Saiat Léon, remarque Quesnel, a bien eu un vicaire au dehors, Tévêque de Thessalonique ; mais il n'avait que celui-là. De plus, il ne lui a jamais donné le titre de vicarius.
Quesnel a eu ici une distraction un peu forte. Il n'est pas question, dans la lettre, de vicaires du Saint- Siège, mais de « vicaires du prince des apôtres. > La phrase signifie: c Puisque Tévêque d'Arles n'a pas voulu attendre la sentence du prince des apôtres, toujours si modéré dans la justice qu'il exerce par le moyen de ses vicaires, etc. » Les vicaires du prince des apôtres sont les papes, et c'est aussi bien la sentence de Léon lui-même qu'Hilaire a refusé d'attendre.
Ceci dit, l'expression de vicaire du prince des apôtres est-elle dans l'usage du pape Léon?
Le titre de vicarius S. Pétri qui fut, depuis le vr siècle jusqu'au temps d'Innocent III l'une des appellations les plus fréquentes des papes, ne commença à leur être donné qu'un peu après le temps de Léon I". Le plus ancien exemple que j'en aie trouvé est dans une lettre écrite par Félix II, le second successeur de Léon, en 483(1). Mais notre
(0 Félix II. ep. Il, cap m (Thiel, p. 234): beati afostoH vicariis. Cf. ep. XV, cap. m (Thiel, p. 272) : Ego., heati Peiri quaîiicumqut vicarius (a. 490). — Gélase, ep. X, cap. tx (Thicl, p. 347I, a. 49J; — cp, XII, cap. i (Thicl, p. 350), a. 494, etc. L'idée que lee évéques sont les vicarii des apôtres se trouve déjà dans S. Cyprien, cp. LXIX, ad Fiorentium Pupianum, ^ 4 (Migne, t. IV, col. 403): Episcopi^ qui apostoïis vicaria ordinatione succedunt, Cf, ep. XXVII, g 1 (Migne, t. IV, col. 298).
APPENDICE m
lettre ne contient pas le mot même de vicarius 5. Pctri. On y trouve seulement exprimée Tidée que le pape est le remplaçant ou le vicaire du prince des apôtres. Le texte donne à cette idée beaucoup de précision : Tauteur de la lettre se présente comme le simple exécuteur, môme le simple instrument de la volonté de saint Pierre.
Or cette conception mystique du vicariat de saint Pierre est celle môme que l'on rencontre chez Léon le Grand. Il aime à répéter qu'il n'agit que sous l'inspiration directe de saint Pierre, et que saint Pierre n'a jamais cessé de gouverner Téglise de Rome, de présider ses conseils, de prononcer lui-même ses jugements (i). Ainsi l'expression incriminée, bien qu'à proprement parler elle ne se rencontre pas dans les lettres reconnues authentiques du pape Léon, convient parfaitement à ses habitudes de pensée, et Léon peut fort bien avoir écrit la phrase entière.
4* Les Ballerini ont observé (2) que les mots: quod apostolica benignitas ad Arelatensem ex parte transtulit civitatem supposent déjà prononcée par le Saint-Siège une division de la Viennoise qui ne fut faite qu*un peu plus tard par Léon lui-même.
(i) Voiries sermons 2 â 5, Migne, t. LIV, col. 142 à 156. Eopifticulier, sermo III, cap. m (col, 146) ; cap. iv (col. 147J : iptum vobiSy cujus vic< fungimur, loqui crédite. — Sermo IV, cap. tn (coU 151) : Manet ergo Pétri priviUgium^ ubicumque ex tpHUS fertur aequitate judicium. — Cap. iv (col. i^t). — Sermo V, cap. IV (col. 15s). — Cap. v (col. 156) : Agnoscimus nos praesuUi nostri meritis et precibus adjuvari, et documentis frequentibui experimur ipsum saîubribus consiîiis^ iptum aequis pratsidefi judiciiSy etc.
(2) MigDc, tome LIV, p. 1237-8, § 4.
LA LETTRE DE LÉON 271
Nous savons que cette division, convenue à Turin entre Simplicius de Vienne et Patrocle d'Arles, et ordonnée par le concile, avait été sanctionnée ensuite par Zosime (lettre Revelatum nobis). Retenons que Tauteur de la lettre affecte d*ignorer le concile de Turin, et de considérer la constitution de la Viennoise arlésienne comme due au seul Zosime. Léon le Grand, s'il eût écrit la lettre, eût certainement présenté les choses de cette manière. Un faussaire, par contre, eût-il su éviter la faute de rappeler que le partage de la Viennoise en deux provinces avait été opérée par le concile?
5° La date consulaire : VaUntiniano auguste IIII etAnieno consulibus est incorrecte: Valentinien était consul pour la septième fois, et non pour la quatrième, lorsqu'il eut le collègue qui paraît désigné ici ; encore ce collègue s'appelait-il, non Aniénus, mais Aviénus. La date est en outre fausse, car le consulat de Valentinien Auguste VII et d*Aviénus tombe en l'année 450, et c'est dans Thiver de 444- 445, sous le consulat de Valentinien Auguste VI et de Nonius, que se tint le concile romain où Hilaire refusa de comparaître.
L'argument de la date consulaire est le seul dont on puisse s'autoriser raisonnablement pour nier l'authenticité de la lettre. Je crois pourtant qu'on aurait tort de le juger décisif. Du Boys n'a eu en sa possession qu'un ou deux manuscrits, peut-être un seult i). Il est arrivé plus d'une fois que la date d'un
(i) L*ttnique variante qu*it donne, Alias II l^ pouvait se trouver en marge de son manuscrit.
APPKNniCB III
texte authentique se présentât, dans un ou deux manuscrits, avec des altérations aussi graves que celle qu'il faudrait admettre ici, si Ton tenait la lettre Qualf pertfnacta pour authentique.
Supposons, en effet, que la lettre soit authentique. Le pape Léon a dû la dater : Valentiniano Auguste VI consuîc; carie nom de Nonius, consul d'Orient, n'avait pas été publié en Occident (i). La faute //// pour VI (on peut supposer un intermédiaire IV) n'a rien que de vraisemblable. L'adjonction de et Avteno (devenu ensuite Anieno)^ peut être le fait, soit du collecteur, soit d'un copiste, soit môme de l'éditeur Du Boys, qui aura suppléé icij selon ses lumièxes, le nom du deuxième consul.
Tout erronée qu'elle est, l'indication de la date me paraît devoir faire conclure plutôt à l'authenticité qu'à la non-authenticité de la lettre. L'auteur des privilèges apocryphes de l'église de Vienne était peu soucieux de dater ses faux. Aucune des six premières pièces de la collection, toutes apocryphes, n'est datée (a) ; la pièce neuvième ne l'est pas davantage : cependant la lettre de la collection arlé-
(i) De Rossi, Inscr. christ, urkis Romae, t. I, p. jift-^^tg, L'în»crïption n^ 731 est datée du V//I Kal. nov., tons. VAletitiniami VA Ce qui est plus convaiiicaDt encore dans le cas présent, c'est qu*oa aune loi de Valentinien 111} datée comme il suit: Z>a/. «W/la/. fVfrr. (18 janTicr) Romat^ VaUntiniano A. VI. Cos, (445. ^pv. Vaîentin, lil, tit. XIV, ap. Haenel. Lrg. Nov,^ p. 170).
(2) Même authentiques, elles ne le seraient pas, les lettres ponti-* ficales antérieures au temps de Damase nous ayant toutes été conservées sans date. Mais il ne faut pas prêter au coUecteor viennois de trop précises connaissances en diplomatique.
I^A LETTRE DB LEON
sienne (i] dont cette dernière pièce est extraite porte une date, que le rédacteur viennois a jugé inutile de reproduire (3).
6' Pour la date du jour, VIII des Ides de janvier ou 6 janvier, elle convient fort bien à ce que nous savons, que le synode où se fit la rupture d'Hilaire avec Rome eut lieu en hiver {3).
Quesnel cependant a peine à croire que Léon ait, dès le h janvier, déclaré Hilaire déchu de ses droits de métropolitain. Si Ton admet, dit-il, que la lettre Divinae cultum^ (non datée dans nos manuscrits), ait été expédiée en même temps que la constitution
(i) Ep. 35 de la collection arléaiennc [Ep. Meroxb,^ p. 35). Ainsi cette lettre n'est nullement apocryphe. I^ titre même en a été conservé tel quel. Il n*y a de propre au texte viennois qu'uneconjecture maladroite à la première ligne (provoquée sans doute par la leçon erronée cunctas pour cuncta). Oc voit que notre lettre Quaii pirtinacia (n** 8) est encadrée entre deux documents authentiques, la lettre de Zosime (a« 7) et Textrait de la lettre de Symmaque.
(2) Il y a, dans la suite de la collection, des faux avérés, datés. Mais ces faux sont-ils entièrement apocryphes ou ne seraient-ce pas plutôt des pièces authentiques interpolées ? C'est un point  éclaircir.
(3) Les BaUerioi ont tant trouvé ici matière à suspicion (p. 1235- 1236, t^ 3<. Le biographe d'Hilaire^ qui avait été son disciple, nous apprend {Vifa Hiîarii^ cap. ivi, Migne, t. L, col. 1237) qu'au moment de l'appel interjeté à Rome par Célidonius, Hilaire se rendit i Kome, sans craindre les froids de l'hiver et les grandes neiges des Alpes, &ine equo^sina sagmario vei saga. Parti en hiver, disent les Ballerini, et ayant voyagé à pied, impossible qu'au 6 janvier il eût assisté au synode et fût reparti. Il n>st sûr ni qu*HiIaire, devant être rendu à Rome au plus tôt, ait vraiment fait tout son voyage A pied, ni que sa traversée des Alpes en plein hiver, dont oti se souvenait à Arles, fût ceUe du voyage d'aller; enfin un voyage dans les Alpes en novembre-décembre est un voyage d'hiver.
APPENDICE m
Certum est de Valentinien, à savoir le 8 juillet (VIII Id. Julias), comment les deux lettres, écrites toutes deux aux évoques de Viennoise pour leur notifier la déchéance d'Hilaire, auraient-«Iles été publiées à six mois d'intervalle ?
Il y a deux réponses à faire à cette objection. La première est que les deux lettres n'ont pas les mêmes destinataires. II y avait alors deux Viennoises. La lettre Qtiaîi pcrtinacta, qui ne prévoit aucune opposition à la mesure édictée contre Hilaire, et qui se donne même comme un privilège accordé à réglise de Vienne, est manifestement destinée aux évêques de la Viennoise de Vienne. Au contraire, on n*a qu*à parcourir la lettre Divinae cultum pour s assurer que les universi (i) episcopi pcr Vienncnsem provinciam constituti auxquels elle était adressée comprennent ceux de la Viennoise arlésienne. Le pape y prend de grandes précautions pour faire accepter la sentence de ses correspondants, comme d'éviter de nommer Vienne, dont il sait que les anciens sufTragantsd*Arles ne subiront la juridiction que de mauvais cœur; comme d'interdire aux nouveaux métropolitains (les évêques de Marseille et d'Embrun) de déléguer Hilaire pour procéder à leur place aux ordinations. Par surcroît, il a soin de leur faire imposer par l'empereur le respect de la décision rendue.
D'autre part, les deux lettres Quali pertinacia et
(i) Noter la différeoce. La lettre Quali pertinacia est adressée DiUctisfratrihusptr Viennensem provinciam eptscopis constitutts: la lettre Divinae cuîtum : Diiectistimis fratribus UfiflVERSIS episcûpis per Viennensem provinciam consUtutis.
LA LETTRE DE LEON
Dîvinae cultum n*ont pas le même caractère. La première, si elle est plusqu*un avis officieux, n'est pourtant (ou si Ton préfère, ne veut être) qu'un avis provisoire, envoyé de Rome à Vienne dès le moment de la fuite d'Hilaire, pour atteindre Hilaire en Gaule aussitôt après son retour à Arles. On n'y trouve ni la teneur complète de la sentence, ni Texposé des motifs qui la justifient. La déchéance d'Hilaire déjà rendue publique par ce billet, une lettre plus développée, et toile que la lettre Divinae cultum, devait encore nécessairement être écrite. On comprend sans peine que le pape ne Tait expédiée qu'au bout de six mois : en effet on craignit à Rome, à tort ou à raison \i), qu'Hilaire n'eût organisé, dans sa province, la résistance à la décision pontificale, c Nous ne prétendons nullement exercer nous-mêmes le droit d'ordination dans vos provinces», écrit Léon 1", vers la fin de sa deuxième lettre, aux évêques de la Viennoise arlésienne : « N'en croyez point les faussetés que doit répandre sur ce point ce menteur d'Hilaire, pour séduire vos saintetés...» On crut donc qu'Hilaire fomentait dans les églises sufTragantes de son siège une agitation anti-romaine. Plus avisé que Zosime, et instruit par son exemple, Léon ne voulut notifier à la province d'Arles le décret de dissolution qu'il avait arrêté de rendre que lorsqu'il put avoir l'assu-
(i) A tort, suivant le biographe d'Hilaire, Io£. Imud, (2) Ep. Divinae cultum, cap. ix. Mignc, t MV, col, 636. Non enitn Dobia ordinatiooes vestrarum provinciarum defendimus, quod potest forsitan ad depravandos vestrx sanctitatis animos Hilarius pro «uo more mentiri,
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raace que le décret serait exécuté. C'est pourquoi il en réserva la publication jusqu'au moment où il eut obtenu du gouvernement impérial la constitution Certum est. Le long intervalle qui sépare les deux lettres de Léon n'a plus rien qui doive surprendre.
On voit en résumé qu'en dehors de la date consulaire inexacte, il ne subsiste, contre Tauthenticité de la lettre Quali periinacia. aucun indice sérieux, et que Tindicc tiré de la date consulaire est par luimême insuffisant. On a en revanche des raisons très fortes de croire la lettre authentique.
1* On a observé plus haut que le faussaire viennois n'exerçait pas son industrie pour son plaisir. Tous ses faux documents ont été rédigés en vue d'une fin déterminée : justifier les prétentions des évoques de Vienne au vicariat apostolique dans les sept provinces, les présenter comme les correspondants principaux des papes pour toute la Gaule, étendre leur juridiction aux diocèses contestés des Alpes ou de la vallée du Rhône, authentiquer des reliques viennoises. L'église de Vienne n'avait rien à gagner à la fabrication de la lettre Quait pertt'nacia, qui ne lui accordait rien de plus que la lettre Divinae cultum ; or cette dernière lettre, au xii* siècle, c'est-à-dire à l'époque où furent rédigés les faux viennois, figurait dans plusieurs collections gauloises, et pouvait difficilement être ignorée de l'archevêque de Vienne. L'évêque d*Arles se trouvait même, dans cette dernière
LA LETTRE DB LEON
pièce (i)^ beaucoup plus maltraité que dans le prétendu faux viennois. Léon I", dans la lettre Divinac cuîtnm^ déclare Hilaire Vienncnsis provinciae^ quam maie usurpaverat^ potestate privatum (2); la lettre Qîiali pcrtinacia prononce seulement « la restitution intégrale à Tévéque de Vienne des antiques droits et privilèges que la bienveillance apostolique avait partiellement attribués à la cité d'Arles. >
2* Le procédé ordinaire du rédacteur viennois, quand il fabrique un privilège, est d'en emprunter presque tous les termes à des documents authentiques. Ses grands faux, notamment ses pièces n" 6 et 33, ne sont que des extraits de documents authentiques, insérés, avec les changements nécessaires, dans sa collection. Il n'y a^ dans la lettre Quaîi pcrtinacia^ de rencontre verbale ni avec la lettre Divinae cultum, ni avec la Vsta Hilaris, ni avec aucun autre document connu de nous.
3* Le faussaire viennois était très loin de posséder l'habileté consommée que supposerait la fabrication de notre lettre. Les Ballerini eux-mêmes conviennent qu'il s*y trouve mira quaedam cum rébus gestis huj'us temporis convenientia, et sim-
\i) Voir en particulier les chap. v, vi, vii. Migne, t. LIV, col. 633-635.
(2) Cap. Tni, col. 634 : Qui non taatum norerit «c* ab alieno jure depulsum^ scd etiam Vienneasis, etc. — Usurpar* pouvait avoir deux sens : celui à'exercer le pouvoir en question, et celui à'u$urptr. Le sens le plus indiqué par rensemble de la phrase est le premier ; mais il se peut que Lëon, qui dans toute sa lettre ne fait aucune aUusion aux décrets de Zosime, ait employé d dessein une expression ambigxio ; et il est â peu prés sûr qu'un Viennois du xn* siècle eût entendu que Tévéquc d'Arles était qualifié d'usurpateur.
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plicissimus aniiquitatis cafidor [\), Le style en est simple et net ; à part le mot archicpiscopus mis à la place à'cpiscopus^ on n'y trouve ni une expression, ni un tour qui soit propre au latin du moyenâge. On a déjà remarqué qu'il était particulièrement conforme aux habitudes d'esprit de Léon le Grand de présenter ses jugements comme des jugements de saint Pierre ; que c'était bien parler en pape, à ce moment, que de donner la division de la Viennoise en deux provinces comme Toeuvre du seul Zosime, sans faire allusion au concile de Turin (a), — Ces arguments tirés du style et de la convenance des expressions prennent une force décisive quand on a pris soin de se rendre compte, par l'examen des piècessûrementapocryphes de la collection, du degré d'ingéniosité du collecteur faussaire. Son éditeur. M. Gundlach, a pensé de lui beaucoup trop de bien, 4* Enfin il y a, dans la décrétale Leciis dilectionis, par laquelle Léon le Grand en 450 rétablit au profit de Ravennius la juridiction arlésienne, une allusion certaine à notre lettre, c Nous ne pouvons vous accorder, écrit le pape aux anciens suffragants d'Hilaire, que Vienne soit dépouillée entièrement de sa juridiction ecclésiastique. Nous le pouvons d'autant moins, que ses prétentions s'autorisent d'un privilège que nous lui avons nous-môme accordé, et par lequel nous crûmes devoir remettre à l'évoque de Vienne le pouvoir que nous retirions
(i) Mignc, t. LIV, p. 1237-1238, § 4.
(2) Il était d'autant plus indiqué de parler du concile de TurtTi, que la lettre Reveïatum nobis^ qui précède dans la collection la lettre Quaïi pertinacia, faisait mention de ce concile.