LE CONCILE DELIBERE ENCORE
différend des juridictions, Procuius de Marseille et Sinaplicius de Vienne ont fait injure au siège apostolique (in apostolicae scâis injuriam,., huic sedi videretur intuîissc convtcncm). II n'y a eu injure faite au siège romain que si les prétentions de Procuius et de Siniplicius étaient contraires à une décision expresse d'un pape. Veut-on qu'une décrétale, aujourd'hui perdue, d'un prédécesseur de Zosime eût déclaré ies évêques de Vienne et de Marseille déchus de leurs pouvoirs métropolitains ? Mais Zosime, que nous avons vu si désireux de justifier sa décision par la tradition antérieure, n*eût pas manqué d'invoquer le précédent que Ton suppose. Si Procuius et Simplicius outragèrent le siège apostolique, c'est évidemment qu'ils demandèrent au concile de se prononcer en leur faveur contre les termes de la décrétale Placuit apostoltcae^ du 22 mars 417.
Il faut serrer de plus près les termes de la décrétale. Nous y trouvons la requête des deux évoques, nous n'y trouvons pas la décision du concile. Le pape s'indigne que la question des métropoles ait pu être posée ; il ne nous laisse pas voir en quel sens elle a été résolue ; si les canons de Turia s'étaient perdus, nous ne saurions pas si le concile accueillit ou repoussa la réclamation des évoques. Le mot extorquere (indecens ausus,.. extorquere) n'implique pas que Procuius et Simplicius aient réussi à arracher au concile la décision qu'ils souhaitent. Si nous voulions traduire la phrase, le mot ausus nous obligerait à écrire : Vaudacc de vouloir arracher.