‹ Le concile de TurinChapitre 27 sur 120 · I-A MINORITK RIGORISTE · texte numérisé non relu

I-A MINORITK RIGORISTE

Ce qu*il importe de reconnaître, c'est que toute la minorité (comprenant les anti-féliciens), qui s'était ainsi formée lors des événements de Trêves, si elle affectait, comme on le voit par Sulpice Sévère, d'être sans indulgence pour les erreurs doctrinales de Priscillien, et n'invoquait contre l'ensemble du corps épiscopal d'autre grief que d'avoir agi contre Thérétique par la haine et par la violence (i), était un véritable parti religieux, qui avait commencé à se former, en Gaule aussi bien qu'en Espagne, avant que le nom même de Priscillien ne fût sorti de la Lusitanie (2). Sans admettre aucune doctrine particulière, les membres de ce parti se distinguaient du grand nombre par leurs exigences rigoristes, parleur goût pour Tinstitulion monastique. La tendance ascétique dont Priscillien avait été l'un des apôtres, et véritablement le martyr, se continuait en eux.

• Cest à la minorité protestataire, suspecte d'atta-

excuser; il démontre longuement quHl ne le 6t que contraint et forcé, et qu*il en eut de grands remords ([)ial. III, 12-13) ; il assure en outre qu'après l'ordinatioa, il s'abstint de communier avec le» Itaciens, c'est-à-dire les Kéliciens. Il me paraît, par suite^ trè< probable que les deux disciples de saint Martin, Héros et Lazare, doivent être rangés parmi les anti-féiicicns.

(1) Sulpice Sévère, Chron. II, 46 à 51 ; — Dial. III, 11 â 13,

(2) Filastrius, Diversarum hereseon libert § S4 (al. lvi) : Aiii sunt in Gaiiis et Hispanis et Aquitania veluti abstinentes^ qui et Gnosticorum et Manichaeorutn particulam perniciosissitnam aeque sequuntur^ eademque non dubitant praedicare^ séparantes per suasionibus conjugia kominum et escarum ab^tinentiam promittentes. W est certain que celte notice de Pilastre concerne les € priscillianistes », car saint Augustin qui, dans son Livre des hérésies, suit d'ordinaire pas à pas le livre de Filastrc, n'a fait que la compléter pour composer sa notice sur les priscillianistes.

LA AIINORITK RIGORISTH

ihes c priscillianîstes >, qu'appartenaient Proculus de Marseille, Héros et Lazare, évêques dépossédés d'Arles et d'Aix, Ursus et Tuentius, sans doute aussi Maximus, Tévêque < manichéen 2> de Valence. Héros est appelé par la chronique de Prosper discipuîus Santi Martini. Lazare était aussi un ami de saint Martin; il avait intenté une accusation contre Bricius, l'ancien chef des adversaires de saint Martin dans sa ville épiscopale, et qui lui avait succédé sur son siège. Or, saint Martin, à Trêves, avait failli être compris parmi les hérétiques, et il fut de ceux qui tinrent la condamnation pour un crime. Il est très frappant aussi de voir que Tuentius, protégé de Proculus qui fit de lui un chorévôque, avait été, au temps du pape Innocent, reconnu coupable d'hérésie priscillianiste. (i)

Tout ce parti poursuivait la réforme morale du clergé, et prétendait veiller à ce que la règle de la continence y fût, dans les ordres majeurs, rigoureusement observée. Ils censuraient durement les évêques qui menaient une vie trop séculière ; au moindre indice d'un manquement à la continence,

s les dénonçaient aux conciles. C'est comme adultère que Lazare avait accusé Bricius de Tours, que Proculus avait fait déposer Rémigius. Les c graves accusations > que le prêtre Exupérantius

(i) Zosirae, Ep. Cum adversus, ^ 3 (Migne, t. XX, col. 664 ; Ep. Merow., p. 8) : Atque utinam inTuentio pravi tantutn mores, non etiam Priscilliana superstitio patuisset ! qua; sedis bujus dudum huroanitas et misericordia in hoc illi consulere voluit, ut cmendatior de ca:tcro permaneret. Cf. § i : quorum unus, adsldua liujus sedis medicioa curatus, ad emcndati crroris pcnrenire dod potuît

samtatem.

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