LA QUBRBLLE NE FINIT PAS
siège était voisin de Nîmes, ne s'y rendit pas. Le concile déclara bien s*être réuni < pour mettre fin aux scandales et pour faire cesser le schisme, et dans une intention de paix (i)>; mais bien qu'à ce moment la querelle fût dans une période moins aiguë qu'après Tinstallation de Patrocle, Thostilité contre le parti adverse se manifeste dans la plupart des canons qu'il arrêta (2).
La querelle s'éternisait. Ambroise de Milan avait vainement essayé de s'entremettre pour réconcilier les deux partis, et réunir dans sa communion féliciens et anti-féliciens. Le pape Sirice y avait également échoué (3). En Espagne, le pape Inno-
^▼éques, déjà en fonction en 396, le fussent encore en 417. Mais le iranon III'' de Turin nMmpîique pas absolument que les quatre ëvéques qui y sont nomnnîs fussent encore vivants. Seul entre les quatre Kemigius fî^^ure parmi les destinataires de la lettre Valentinae nos de 419.
(1) Début de la lettre synodale de Nîmes : Cum ad Nemauscosera ecclesîam ad toUeuda ecclesiarum scandala discessionecnque ^anandam pacis studio venissemua...
(a) Canon I, contre les clercs étragcrs et moines girovagues. — Can. n, contre l'usage où certaines églises auraient éié d'admettre les femmes in nescio qutm îoeum îeviticum, c'est-à-dire d'instituer des diaconesses. Hefete a certainement raison de dire ici : Ce canon vise les priscillianistes. — Le can. III renouvelle aux évoques Tinlerdiction d'admettre k leur communion un clerc ou laïque condamné par un autre évéque. — Can. IV : que nul évéque ne prétende juger de sa propre autorité un clerc d'un autre diocèse. — Can. V : contre les prétendus pèlerins vivant de mendicité, et en faveur desquels certaines églises levaient sur les fidèles de véritables contributions.
[3] Concile de Turin, can. VI : j'uxta Utttras vtncrabilis memoriae Amtrosii gpiscopi vtl Romanae ecclesiat sacerdotii dudum latas. Le pape ici désigné ne peut guère être que Sirice (384-399), car son intervention doit être contemporaine de celle d'Ambroise
LA QUERELLE NE FrKlT PAS
cent I" était parvenu en 400 à faire rentrer dans la communion générale les évêques priscillianistes (1) ; en Gaule, où le difTérend était moins bien défini et le groupe de sécessionnaires plus difficile à dénommer, la paix ne pouvait se faire. La minorité avait gagné quelques forces pendant le règne de l'usurpateur Constantin ; soit qu'il leur fût favorable, soit simplement quMl ne prêtât pas son appui à leurs adversaires. La division des évêques avait pour effet, en certains cas, de rendre impossibles les ordinations régulières. Un évêché de la Narbonnaise seconde étant devenu vacant, le métropolitain Proculus différa longtemps de procéder à l'ordination. Quatre évêques de la majorité, Rémigius, Triférius, Octavius et Ursio, se rendirent dans la ville et lui ordonnèrent un évoque (a).
de Milan, qui mourut en 397. Nous sarons au reste par ailleurs qu'Ambroise et Siricc, après un concile de Saragosse (lequel n'est pas celui de 380, mais doit sVtre tenu en 395-39Ô), s'efforcèrent de mettre fin au schisme espag^nol qu'avaient déterminé les événements de Trêves (Cf. concile de Tolède de 400, Sentence définitive, ap. Mansi, t. IIl^ p- 1005); c'est sans doute à la même époque qu'ils cherchèrent à clore en Gaule le schisme antifélicien.
(i)Ceux du moins qui avaient consenti A désavouer Priscitlien, même de la manière la plus atténuée. Ceux qui refusèrent absolument de le condamner, et affirmèrent jusqu'au bout qu'il était demeuré catholique, furent déposés. Voir le concile de Tolède de 400 (Migne, t. III, p. 1004 et suiv.), et la lettre Sûepe me du pape innocent l*' (Migne, t. XX, col. 48b),
(a) Concile de Turin, can. Itl.