‹ Le concile de TurinChapitre 32 sur 120 · PATROCLE RECOURT AU PAPIÎ · texte numérisé non relu

PATROCLE RECOURT AU PAPIÎ

latins, avec une déférence unanime, avaient reconnu en lui depuis Tépoque de Damase leur commun législateur. Il est vrai que ni la haute autorité canonique et la primauté d^honneur que les églises avaient jusqu'alors reconnue au pape, ni les droits positifs de juridiction que les empereurs lui avaient conférés, ne l'autorisaient à accomplir -l'acte de souveraineté que Patrocle souhaitait de lui ; Tusurpation arlésienne ne pouvait aboutir que par l'usurpation romaine. Mais le pape aurait-il plus que révêque d'Arles le respect des règles canoniques et des droits invétérés des églises provinciales ? On savait sans doute, à la fin de 416, que le pape Innocent I", qui occupait son siège depuis quinze années, n'avait plus longtemps à vivre(i). Il suffirait que le nouveau titulaire du siège romain eût quelque chose du caractère de Patrocle, pour que l'on pût tout espérer de lui.

Il est important de remarquer que le concile romain n'était pas le seul tribunal d*appel reconnu par le décret de Gratien (et sans nul doute déjà par le décret de Valentinien). Le texte de Gratien dit en effet ; Quod si vel metropolitani episcopi vtl cujuscumque sacerdotis iniquitas est inspecta aut gratta : ad Romanum episcopumvel ad concilium quindecimepiscoporum finiiimorum accer- $itum iieeat provocaré. C'est sans doute en vertu de cette dernière I disposition que Lazare porta au premier concile de Turin ses ' accusations contre Bricius, après qu'un concile gaulois Teût dcbouté de sa plainte.

( I ] Quand on voit que la requête de Patrocle A Zosime, probablement accompagnée d'une ou plusieurs lettres d'évëques gaulois, I fut présentée à Zosime dés le moment de son élection, on peut & peine douter qu'il ne se soit d*abord adressé au pape Innocent, qui { aura refusé de seconder ses desseins. On peut supposer encore avec I vraisemblance qu'il avait fait une tentative auprès de Tempereur I Honorius.

L6 PACTE D ARLBS BT DE ROMB

Au mois de mars de Tannée 417, Patrocle se trouvait en séjour à Rome. Innocent I" mourut le la mars. Bientôt, après six jours d'interrègne, on élisait pape Zosime (1), et Patrocle lui soumettait ses desseins.

Zosime était-il personnellement un adversaire résolu des rigoristes? Ce qui est évident, c'est que les divisions du clergé de Gaule offraient à sa politique autoritaire une occasion d'intervention sans pareille. Reconnu pour chef par le grand nombre des évoques des trois provinces (2), Patrocle le sollicitait d'intervenir dans les affaires de TEglisede Gaule d'une manière souveraine : que le pape déclarât que les trois provinces ecclésiastiques de Vienne, de Narbonnne et de Marseille avaient cessé d'exister, et qu'il les réunissait en une province nouvelle. Qu'il fît cet acte inouï de domination : accompli au profit de leur cause et du siège d'Arles, Patrocle et tous ses partisans Tacceptaient. Et si des difficultés venaient à se produire, on pouvait compter sur le patrice.

(i) Duchesnf, liber Pontificalis, t. ï«', p. ccxi : La date du 12 mars 417 pour la mort d'Innocent est certaine; Zosime fut bien nécessairement ordonné le 18 mars, « seul dimanche qui se présente entre le 13 et le 2 i de ce mois. » Le 22 est en effet la date de la décrétale Piacuit aposiolicat,

(3) On verra qu*une partie des ëvèques de la province d*Aix, après le concile Turin, préférèrent son autorité à celle de Proculut. Il est probable aussi que Simplicius de Vienne et Hilaire de Narbonne n'auraient pas cédé à Patrocle tout ou partie de leur juridiction s*il9 ne s'étaient vus menacés d'être abandonnés par leurs sufFragants. Enfin beaucoup d'évéques de la région (voir ci-aprés) adressèrent 4 Zosime une déclaration collective attestant les droits de juridiction du siège d'Arles sur leurs évèchés.

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