I.A PROVINCE DE MARSEILLE
Marseille avait alors une place à part^ et tenait de sa situation géographique et de sa grande histoire une constitution originale. C'était une véritable églisemère, qui avait colonisé la côte provençale et la zone côtière. Toute une chaîne d'églises, atteignant jusqu^à Fréjus, se reconnaissaient ses filiales (i),
(i) On a déjà vu que Tévëque de Marseille était métropolitain de la Narbonnuise seconde. Cette anomalie ne peut tenir qu'au fait que les églises de la Narbonnaise seconde avaient reçu de Marseille leurs premiers évéques. Le mot du 1" canon de Turin : Siquidem assererat easdâm éecîesias vel suas parroecias fuisse 9*1 epiicopos a se in iisdem ecclesiis ordinatos, semble faire entendre que plusieurs des évèchés de la Narbonnaise seconde avaient autrefois été des paroisses marseillaises. (Si toutefois on ne rapporte pas uniquement le vtl suas, etc., àCitharistaet Gargarius.) — Cf. Duchesne, Fastts, p, loi.
Sur les origines de l'église de Marseille, et la part qu'elle eut. aux deux premiers siècles, à la diffusion du christianisme dans le midi de la Gaule^ nous sommes quelque peu renseignés par trois monuments gravés ou figurés : i° L'inscription chrétienune bien connue de Volusîanus (Le Blant, Inscr. chr.^l. M, p. 303, n" 54B A), qui parait de la fin du i" siècle ou du commencement du 11*. Elle se trouve au musée de Marseille ; le lieu où elle a été découverte est inconnu. 2** Une inscription chrétienne postérieure de peu de temps à la précédente, trouvée à .Aubagne (Le Blant, t. II, P- 3'*» ^^ 55' ^)- Ï-* présence de l'ancre et du poisson, à cette date, semble, malgré la forme païenne de Tinscripiion, ne pas laisser de doute sur Torigine chrétienne du document. 3° Un sarcophage chrétien du 11* siècle (Le Blant, Lfs Sarcophages antiques de la Gaulcj n" 215, cf. pi. XXIX, j), trouvé à la Gayolle, % petit prieuré ayant dépendu de Saint- Victor et situé à quelques kilomètres de La Celle et de Bngnoles fVar). » Ce sarcophage a été réemployé au vi* siècle pour la tombe d'une femme nommée Syagria. — Ces trois documents attestent l'existence à Marseille et dans la région provençale de communautés chrétiennes antérieures i la lettre de l'église de Lyon (17;)^ premier texte littéraire relatif Âl'église deGaulc, V.Le Blant. Les "sarcophages antiques de ta Gaule, p, xvra : « Ce fut sur les eûtes de Provence, ce fut dans le bassin méridional du Rhône que s'accomplit cette rérolu-
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LA PROVINCK DB MARSBILLR
Ce groupe spontané avait subsisté comme un disparate dans le système régulier des divisions ecclésiastiques du pays, simplement superposées aux divisions administratives de l'empire. Marseille, cité de la Viennoise, était à la tête d'une province ecclésiastique dont presque tout le territoire était en Narbonnaise seconde, et comprenait la ville d'Aix, métropole de cette province (i). Par un trait de son gouvernement intérieur aussi, Tévêché marseillais se comportait, à ce qu'il semble, d'une manière particulière. Des églises de petites localités rurales, qui ailleurs auraient eu à leur tête un simple prêtre, y étaient gouvernées par des chorévêques, comme il y en avait en Egypte, en Syrie et dans certaines parties de T Asie-Mineure, mais comme on n'en pourrait citer ailleurs en Occident à la même époque (2). Tout était archaïsme dans
tion des â.mes. Là vécurent les Mêles d'Aubagne et de Marseille, ces derniers peut-être martyrs » (??).
(i) On a vu qu*en 408, au témoignage du chroniqueur de 453 et du pape Zosime, ce fut Proculus qui condamna Rémigius d'Aix comme adultère, et qui installa Lazare sur son siège.
(2) Ursus et Tuentius, que Proculus institua évêques â. Citharista et à Gargarius, furent-ils tout A. fait des évèques? J'en doute. Ils n'avaient que des évëchés assez petits, ne comprenant qu'un pjgus, et pourraient bien aussi n^avoir reçu que les pouvoirs et le titre de chorévéques Voici ce qui me confirmerait dans cette opinion. La lettre Aposioîici verba^ du pape Célestin I", écrite en 431 ou en 433 (Migne, t. L, col. 528 et suiv.), est adressée à six évéques, dont le premier nommé est Venerius, évéque de Marseille ; ces six évéques forment évidemment le concile de la province de Marseille. Les noms d'Ursuaet de Tuentius ne figurent pas parmi ces six noms. Or au moment où la lettre fut écrite, Tuentius vivait encore, et il était reconnu par le pape. (§ 2 : super his muîia jam dicta sunt eo têmpors^ quo ad fratris Tuentii dedimvs scripia responsum. Si