‹ Le concile de TurinChapitre 51 sur 120 · MARSEILLE ET VIENNE RECOURENT A MILAN · texte numérisé non relu

MARSEILLE ET VIENNE RECOURENT A MILAN

cette église, tout y rappelait, au milieu de l'organisation artificielle de TEglise impériale, le souvenir de Tancien développement spontané du christianisme.

Simpliciusde Vienne n'eut pas, pendant les mois qui suivirent le décret de Zosirae, l'occasion notoire d'une ordination à célébrer pour contrevenir d'une manière publique aux volontés pontificales. Mais il ne se résigna nullement à abandonner sa juridiction.

ni

Proculus et Simplicius convinrent de soumettre les prétentions de Patrocle, et da même coup les décisions de Zosime, au concile de la province mila-

Tueotius était mort depuis, Cétestin eût ajouté à fratris Tuentii une épithcce telle que Jtfuncti, ûu sanctae memoriae. L'identité de ce Tuentius avec celui que Proculus ordonna en 417, admise par Coustani, tbid^ col. 530, note e^ et d(:jà par Sirmond, note posthume citée par Manei, t. IV, p. 362, etpar Tillemont.ilnnay^j, t. X, p, 695, me parait ne pas faire de doute]. Il faut conclure que Tuentius, qui faisait partie de la province de Marseille, n*était pas regardé cotnrac membre de plein tlroit du collège sacerdotal delà province. Or le canon III du concile de Riez d»^ 439 (Bruns, II, p. I18), rég-lant le sort d'Arm^ntarias, qui sVtait fait ordonner abusivement évoque d'Embrun, ordonne d'abord que l'on permettra à tel évéque qui s'y sentira disposé, de céder à Armentarius une de ses paroisses, riï qua aut ckorepiscopi nomim, ut idem canon îoquitur {C^n.WW deNicée), aut peregrina ut aiunt communione foveatur ; et ensuite, spécifiant les conditions imposée < au coupable, que des prérogatives de révéque, Armentarius ne conservera que le droit de con- &rmer les néophytes et de célébrer la messe avant les prêtres {ante prcibyteros offfrrê). Le chorévéque, s'il y en avait alors en Provence, ne prenait part ni aux ordinations, ni aux réunions conciliaires. Telle pourrait bien avoir été la condition ecclésiastique ded deux évéques de Citharista et dcGargarius,

XAROLUS, ÉVÉQL'B DB MILAN

naise. Le siège de Milan était alors occupé par un personnage dont nous ne savons à peu près rien, le Syrien Marolus (i). Etant à la tête d'une grande province ecclésiastique^ l'évêque de Milan devait être alarmé lui-même de l'étrange attitude que révoque de Rome avait prise à l'égard des métropolitains de Vienne et de Marseille; et l'influence que son siège exerçait sur les églises gauloises ne pouvait qu'être diminuée par la création de la vaste province d'Arles, et par la délégation que Zosîme avait faite à Patrocle d'un pouvoir primatial dans toutes les Gaules. 11 consentit donc à se faire le défenseur de Proculus et de Simplicius, et à consulter sur la querelle le corps de ses suffragants. 11 convoqua son concile à Turin, pour les premiers jours de l'automne. On eut soin, tant du côté des appelants gaulois que du côté milanais, de taire l'article le plus grave que l'on comptât inscrire au programme des délibérations. Zosime sut que le concile serait réuni; il n'eut pas connaissance de la requête des deux métropolitains de Gaule(2]. Il fut, au reste,

(i) Marolus fut évêque de Milan de 409 4^24 {UgheUi, Italia sacra^ tome IV, p. 48. Cf. Acta sanctorum^ Apr. III, p. 173, 9 Kal. Maii). Le peu qu*oa sait de lui se tire d^une obscure épigramnae d'Ennodius {Carm. II, 80 ; éd. von Hartel, p. 5851, qui vivait au commencement du vr siècle. Encodius nous apprend que Marolus était né sur les bords du Tigre inférieur. Il le loue ensuite pour ses abstinences singulières et pour la douceur de ses mœurs : Pervjgil, intentus, jejunus, providu», ardens,

Quod morem tenuit sat fuit officio.

Os tcnerum quotiens gustus contigit honesti ? Transit ad affectum quod fuit impcrii.

" (a) Zosime, Ep. MuUa contra, Attamen iUa pra.*sumptio nos adroodum movit, quod in s^oodo tauiiaensi, cum iongf aîiud

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