‹ Le concile de TurinChapitre 52 sur 120 · L AUTORITE DE MILAN · texte numérisé non relu

L AUTORITE DE MILAN

d'autant moins surpris de la convocation, que la tenue d'un concile provincial en automne était conforme aux usages généraux de TEglise (i).

L*autorité du synode qui allait se réunir devait être à la fois celle d*un concile et celle dumétropolitain de Milan, qui passait presque à cette époque pour un deuxième primat d'Occident. Milan, résidence de Tempereur au iv* siècle, était la véritable capitale politique du monde latin. Et pendant un

agereiur... Et plus loin : Indecens ausus, et in ipso vestîbulo resecandus, hoc ab episcopis ob certits causas conciîium agitantibus cxtorquere... L'accent de la surprise est manifeste dans toute la lettre. Le fait que le concile délibéra avant tout autre objet aur Taffaire des métropoles, me parait prouver suffisamment quM y Avait eu entente préalable entre les deux év&ques gaulois et Maroluf .

(i) Le concile de Nicéc, can. V (Bruns, I, p. 15) préconise la tenue de deux conciles provinciaux annuels, l'un avant le carême, l'autre en automne. Le concile d'Antiochc (341), can. XX, (Bruns, 1, p. 85), &xe comme date de la première rOunion la quatrième semaine après Pftques, et de la seconde le jour des ides d'octobre (15 oc- Cot>rc). Le X* canon du concile .trlésien de Riez (439; Bruns, II, p. 121), n>st, à très peu près, qu'une traduction du XX" canon d'Antioche. Voir encore Boniface I", ep, Vaitntinae uos (419) 1^2 iMîgne, t. XX, col. 758) : ... et eongregari synodum anté diem KmUmdarum novembrium. Les deux conciles gaulois les plus rapprocb^a du concile de Turin dont nous ayons la date exacte, sont le conc:Ie de Nîmes, du i" oct. 396 (Hefele, t. Il, 2." éd., p. Oi), et le concile d'Angers du i" oct. 453 (Bruns, II, p. 137). Le canon de Riez nous donne la raison de cet usage : les vendanges occupaient alors beaucoup de fidèles, et permettaient au clergé de prendre des vacances.

11 reste que la date du concile de Turin est un peu en av.incc sur l'époque ordinaire des réunions conciliaires. Il semble qu'on ait été trèa preste de le tenir, et qu'on l'ait mis à dessein le premier jour de l'automne. L'automne commençait en effet (Digeste, 43, 20, i, i 31) à la seconde équiooxc, c'est-à-dire au 22 septembre.

L AT TOniTt DE MILAN

peu plus de vingt ans, de 374 à 397, elle eut pour évoque saint Ambroise, le prt'lat le plus vénéré de toutes les églises occidentales. En Espagne, en Afrique, en Gaule, en Illyiie, même dans les provinces d'Asie, quand il se présentait des affaires disciplinaires graves, et dont la solution paraissait requérir une autorité plus haute et moins susceptible de partialité que celle des synodes provinciaux, l'habitude s*était établie pendant le dernier quart du IV* siècle de recourir au siège milanais (i). Pour ne parler que de la Gaule, lorsqu'après la condamnation de Priscillien Tépiscopat s'y fut divisé en deux partis, dont Tun acceptait et Tautre rejetait la communion de Félix de Trêves, le différend fut porté, sans doute par la minorité anti-félicienne^ à saint Ambroise en même temps qu'au pape Sirice (a). En

(1) La série des exemples connus de ces recours à Milan, a été réunie par M. Duchesne, Origines du culte chrétien^ p. ^2 et suiv. (Voir aussi p. 84-89, où M. Uuchesne émet l'hypothèse vraisemblable que la liturgie gallicane vint à la Gaule de Milan, dans la seconde moitié du iv« siècle). Cf. Fastes, t. I, p. 90, — Au sujet des requêtes adressées à saint Ambroise et à ses successeurs par les évoques d'Espagne, il y a, je crois, une confusion, dans l'exposé de M. Ducheane. Recoururent à Milan enmémetemps qu'à Rome : I * Priscillien et ses confrères en 38 1 environ ; 2° Symposius d'Astorga et ses suffragants après un second concile de Saragosse, tenu en 395 environ; 3<>les mêmes personnages, sauf ceux qui avaient refusé de désavouer Priscillien, après le concile de Tolède de 400 et en exécution des décrets de ce concile.

(3) Concile de Turin, can. VI. On suppose (voir p. ex. Duchcsne, Origines du culte^ p. ^^, et Rauschen, p. 329) que c'est A. Taffaire des anti-fèliciens que se rapporte l'arrivée à Milan en 390 de deux ou plusieurs évoques gaulois. Cf. S. Ambroise, ep. LI, 6 (Migne, t. XVI, col. i\t}\),Quando primum aw</(7wm »/[î, e. deca:deThessulonicensij, propter aJventum Gaîîorum episcoporum synodus convéuerat. Saint Ambroise était d'ailleurs las de ces consultations

CONCILES DE TITRIN ET n'AQUILï:E

408, raccusation intentée par Lazare contre Bricius de Tours, après avoir passé devant un concile gaulois, vint au concile milanais. II régnait en somme dans l'Eglise latine une c tendance universelle à considérer Tévêque de Milan comme une autorité de premier ordre, à l'associer au pape dans les fonctions de magistrat ecclésiastique suprême, de juge des causes majeures et d'interprète des lois disciplinaires générales (i)>. Les conciles de 40s et de 417 prouvent que cette tendance fut plus persistante qu'on ne Tarait supposé jusqu'ici. On verra parle concile de 417 que Ton n'entendit pas seulement « associer » mais aussi < opposer », en matière de juridiction, le siège milanais au siège romain.

Il n*est pas indifférent d'observer que deux réunions connues du synode milanais se tinrent à Turin ; ce ne furent peut-être pas les seules. Ces deux sessions s'occupèrent d'affaires gauloises. Ainsi le synode milanais se transportait volontiers jusqu*à la descente des Alpes Occidentales pour recevoir les évéques de Gaule ou leurs délégués, comme à une époque un peu antérieure il allait siéger à Aquilée pour épargner quelques journées de route aux évêques d'illyrie ou d*Orient. Il se portait au-devant de la clientèle, ajoutant par ces déplacements à l'avantage que lui donnait naturellement,

gauloises à propos du schisme aati-félicien. Il raconte que Valenijnien II le manda en Gaule en 392, et le pressa d'arriver vite : AdJitur, âo ut properarem ociuSf me arbitrarer causmm itineris met iynodum Galiorum esse^ propter quorum fréquentai disséHsionei crehro me excusaveram; sed ut ipse bapii\aretur, \\) Duchesne, Origines du culte, p, i$.

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