‹ Le concile de TurinChapitre 57 sur 120 · LE PARTAGE DE LA VIENNOISB · texte numérisé non relu

LE PARTAGE DE LA VIENNOISB

Le partage convenu était fort avantageux pour Arles, les évêchés étant plus nombreux dans le sud que dans le nord de la province. Après la clôture du concile, Patrocle étendit encore son avantage en se faisant attribuer, on ne ne sait par quel détour, Tévêché de Die, bien que Die fût assurément plus voisine de Vienne. L'évêque de Die Audentius assista au synode tout arlésien de Riez en 439, et aux conciles d'Orange et de Vaison, de 441 et 443 (i). 11 signa la supplique de 440 demandant au pape Léon le rétablissement de la province d'Arles. Le métropolitain de Vienne n'eut pour sufîragants que les évoques de Valence, de Grenoble, de Genève, et, si la Tarantaise formait déjà un évêché, l'évêque de Tarantaise (2). Les cités de Trois-Châteaux, d'Orange, de Vaison, d'Avignon, de Carpentras (3), de Cavaillon,

(1) Mansi, t. V» col. iigo; Duchesne, Fastes, t. I, p. 347.

(2) L'existence de l'éréché de Tarantaise est attestée pour la première fois en 450, dans la lettre Lectis diïectionis du pape Léon, dont il sera parlé plus loin. Mais elle figure à la Notifia, sous le nom de Civitas Ceutronum, comme l'une des deux cités des Alpes Grées et Pennines. La seconde est la cité du Valais, ayant son chef-lieu à Sion.

Nos textes ne nous apprennent pas quel était, au v siècle, le métropolitain de l'évêché de Sion. On verra qu'en 450 l'évêque de Tarantaise était suffrageant de Vienne. — M. Duchesne [fastes^ t, I, p. 237} croit probable que Tévêché de Tarantaise existait dés l'époque de ZosJme.

(3) Carpentras ne figure pas dans la rédaction primitive de la Notifia. Mais il est très probable qu'elle avait un évéque en 417. L'évoque de Carpentras se fit représenter au concile arléaica de Riez en 439 (Cf. Duchesne, Fastes, t. I, p. 263).

PROCtXUS EXCOMAILNU;

enfin Viviers qui devait plus tard, ainsi que Die, faire retour à la province de Vienne, étant plus rapprochées d'Arles que de Vienne, revinrent de droit à Patrocle. Arles conservait encore des droits à revendiquer sur Marseille, pour le jour où Marseille cesserait d'avoir sa province particulière.

Les représentants d*Arles, à Turin, avaient-ils jugé la conduite de Proculus trop scandaleuse pour lui proposer un accommodement, ou Proculus avait-il repoussé leurs avances? H est certain que, révêque de Vienne ayant abandonné les deux tiers de sa province et Tévêque de Narbonne sa province entière, Tévêque de Marseille ne céda rien.

Zosime se promit de tirer vengeance de cet obstiné. Proculus, cité au tribunal du pape, ne se souciait point d'y comparaître. Il est infiniment probable qu'il ne reconnaissait à la citation aucun caractère canonique. A un moment que nous ne pouvons déterminer (i), probablement au cours du mois d'octobre, le concile romain se réunit pour le juger. Patrocle, qui passait à Rome beaucoup de son temps, assistait au synode. L'évoque de Marseille fut déclaré excommunié. Une décrétale que nous n'avons plus, expédiée à de nombreux exemplaires, fit connaître sa condamnation à toutes les provinces de l'Empire (2). Zosime assurait qu'il

'i) On a TU plus haut (voir p. iS), que la date assignée par les manuscrits à la décrétale QuiJ de Proculi est certainement fausse.

(2) Ep. Quid de Proculi (Migne, t. XX, cul. 66S ; Ep. Merow,, p. 10) : Quid de Proculi damnatione censuerim, tenet conscientia tua, cum meo interesses examini ; nec te gestorum nortrum auctoriias latci vet scriptorum qu-T de ipsius damnatione pcr diversa terrarum direximus.

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