TOURS OU TURIN
a conservé les délibérations est manifestement un concile gallican. La phrase d'introdution : Cum ad pûstuîationem provt'nciarum GaîU'ac sacerdotum conveni'ssemuSy en fait foi. Ce concile eut à régler les contestations des évêques d'Arles, de Marseille et de Vienne. Il eut en outre, comme on Tapprend par une lettre du pape Zosime, à tirer au clair certaines accusations intentées contre Tévôque de Tours Bricius (i). Comment de telles affaires auraient-elles été portées devant un concile italien? La conjecture est certainement à rejeter. Jl est, sans doute, très probable que les anciennes copies de la lettre synodale qui nous en ont conservé le texte» bien qu'appartenant à huit collections canoniques différentes, procèdent d'un exemplaire unique (2). Une faute de cet exemplaire aurait naturellement été reproduite par tous les copistes ultérieurs. Mais notre concile est mentionné dans une lettre du pape Zosime de 417 (3), dans les actes du concile de Riez de 439 (4), dans les actes du concile d'Orange de 441 (5); il y est cons-
(1) Zosime, ep. Posteaquam a nobii^ § 3 (Mig^ne, t. XX, col. 656) ; ep. Cum advenus, ^ 2 (Mi^e, t. XX. col. 662 et £p. Merow.^p, 7).
(2) Maasaen, Gfuk. der QuelUn^ etc., p. 191. Voir à l'Appendice t ta NoU sur Us manuscrits. Cet exemplaire unique fut peutêtre tiré des archives de l'évêché d'Arles. Cf. Duchesne, Fasits^ t. I, p. 140 : Arirs et le droit canonique.
(3) Ep. Muita contra (Migne, t. XX, col. 665 et Ep. Mcrou\^ p. 11): in syoodo Taurinensi. Le concile de Turin est également mentionné dans la lettre Reveïatum tiotis du même /osime (Migne t, XX, col. 704, lîp. Merow , p. 90',
(4) Mansi, t. V, col. 1191 , can. III : iaurinaiis synodi,
(5) Man>i, t. VI, col. 434, can. XXIV: taurinatis synodi. Ci. encore le XII' concile de Tolède (681), can. IV (Bruns, part. I, p. 325),
tamment appelé concile tatirinate. Ces trois pièces nous sont parvenues par d'autres recueils que la lettre synodale (i). Elles sont, d'autre part, certainement antérieures à l'établissement du recueil arlésien où Terreur supposée eût été commise (2). On voit que Terreur devrait avoir été reproduite à quatre reprises distinctes. Cela revient à dire qu'il faudrait parler, non d'erreur, mais de fraude, et d*une fraude dont la raison d'être ne se laisse pas imaginer(3).
L'introduction de la lettre synodale, loin d'être favorable à Thypotbèse de Mommsen, la contredit d'une manière directe : un concile gaulois n'eût jamais fait remarquer qu'il s'était assemblé sur la prière des évêques des provinces gauloises.
Une des raisons qui décidaient Mommsen à
(0 Maassen, p. 249, p. 192, p. 193. Peut-être toutes les collections qui contiennent et ces troia pièces, et le concile de Turin, en ODtelles emprunté le texte â des recueils arlésiens. Mais au moins n'est'Ce pas à un unique recueil arlésien : la lettre de Zosime Muîta contra provient du < recueil des lettres pontiâcales adressées aux évéqucs d'Arles» (Duchcsne, Fastes, I, p. 142); les conciles de Riez et d'Orange, coname le concile de Turin, du c recueil des conciles gallicans » (ibîd).
(3) L'époque où furent constitués les recueils arlésiens est en effet celle de Tévêque Cësaire (502-543 env.). Ce n'est donc pas diaprés ce recueil que les conciles de Riez et d'Orange ont cité laj concile de Turin.
(3) M. Duchesne, qui a développé la plupart des arguments que j'expose ici, fait remarquer qu'à la fin du v* siècle, « la province de Milan, diminuée par la création de celles de Ravenne et d'Aquilée^ avait perdu beaucoup de son importance » ; l'habitude s'était perdue de consulter le siège de Milan. On ne conçoit pas qu'un rédacteur arlésien des environs de l'an si^o <iit trouvé avantage à faire d'un synode gallican un s>7iode milanais.