CONCLUSION SUR LB RÈGNE DB ZOSIMÇ
alors avoir été regardée comme une annexe de la deuxième Narbonnaise ou de la Viennoise,
Faut-iî croire pourtant que Zosimc soit mort satisfait du tour qu'avait pris Taffaire? Patrocle avait remporté de grands avantages. Quant au pape, un succès incomplet devait lui paraître, et était en effet, pour sa politique, un échec grave. Sans doute, Zosime n'avait pas eu tort de compter sur rattachement profond des églises provinciales au siège de Pierre. Sur une simple manifestation de ses volontés, évidemment partiales et tyranniques, les évêques de Vienne et de Narbonne avaient consenti à Thumiliation de leurs sièges; plutôt que de se voir séparés de la communion de Rome, ils avaient abandonné des privilèges consacrés par la tradition et par le droit. L'expérience avait ainsi
d^Arles, et que les treize évéques cités nommément sont treize suffragants de Patrocle.
Je dois, par suite, admettre (malgré ropinton de lA. Duchesne, et avec Lœning, t. ï, p, 471 ; mais Lccniog avait tort de croire que Boniface attribuAt à Patrocle la totalité des trois provinces), que Boniface commença par reconnaître l'existence de la province arlésiennc telle qu'elle s'était constituée au temps de Zosime. Boniface comptait bien, en 419, Tévéque de Narbonne parmi les suffragants d'Arles. — 11 y eut donc un changement brusque (422) dans Tattitude de Zosime envers Patrocle. Lœning attribue ce changement à la mort du patrice Constantius. L'hypothèse est très vraisemblable, sans qu'on puisse rien dire de plus.
La seule chose qui me surprenne, dans Tintitulé de la lettre VaUntinat nos^ c*est qu'on n'y voie nommés que treize sufiraganta de Patrocle. Il faut qu'il en manque plusieurs. Au temps de Tévéque HiLaire, on verra réunis A Riez treize suffragants d*Arlrs. Or il est peu probable que Le collège sacerdotal de la province y fut au complet, et la province arlésienne, entre temps, avait été diminuée de toute la Narbonoaise première.
MORT DE ZOSIMB
montré que TEglise gallicane s'acheminait vers l'acceptation de la monarchie ecclésiastique romaine. Mais l'offense qui avait été faite au pape à Turin, le refus du concile de reconnaître l'autorité romaine, la nécessité où Arles et Rome s'étaient trouvées de transiger avec Vienne, la résistance des sufïragants de Marseille qui étaient restés fidèles à leur métropole, toutes ces déconvenues ne pouvaient être efifacées par l'élévation du protégé de Zosime. C'était, surtout à ses yeux, un scandale intolérable que Proculus, après qu'il Pavait excommunié et déclaré déchu de l'épiscopat, après qu'il s'était engagé à le chasser de son siège, demeurât tranquillement dans sa ville , y faisant son office d'évéque. En mettant à l'essai l'autorité que la papauté avait acquise par une politique patiente, sûre et toujours heureuse depuisle règne deDamase, Zosime avait aussi fait connaître ses faiblesses. La leçon ne sera pas perdue pour celui de ses successeurs qui reprendra sa politique dominatrice, Léon le Grand.
Zosime mourutle 26 décembre 418(1). Les églises provinciales en éprouvèrent un soulagement. Les évéques d'Afrique, auxquels il avait tenté d'imposer la communion des hérétiques Célestius et Pelage, et qu'il avait voulu contraindre d'accepter pour authentiques de faux canons de Nicée, écrivirent à son successeur Boniface : c Maintenant que Voire < Sainteté gouverne l'Eglise romaine, nous espérons « bien, la miséricorde du Seigneur aidant, ne plus
(i) Duchesne, Liber Pontificaîis^ t. I, p. ccu.