‹ Le concile de TurinChapitre 68 sur 120 · MORT DE PROCULUS · texte numérisé non relu

MORT DE PROCULUS

s'en séparèrent, et firent retour à la province marseillaise (i).

Proculus mourut vers 430, après environ cinquante ans d'épiscopat. Le dernier texte où il apparaisse est une lettre du pape Célestin écrite en juillet 428. « Quant à Tévêque de l'église de Marseille, dont on m*assure, — chose affreuse à dire, — qu'il s'est ouvertement réjoui du meurtre de son frère, qu'il est allé au-devant du meurtrier, couvert encore de sang, et l*a accueilli chez lui, nous vous donnons mission de le juger (a). > Il n'est pas douteux que révêque assassiné dont le pape parle ici ne soit Patrocle, et que Tévôque de Marseille qui doit avoir félicité l'assassin, ne soit Proculus. Authentique ou non, le bruit qu'a recueilli le pape Célestin atteste la violence des haines que la querelle des métropoles avait provoquées. Nous ne savons ce qui advint du procès que le pape voulait faire intenter à Proculus. Il est sûr que Proculus resta, pour ses partisans, un digne et grand évêque (3)-

(1) Voir Tintitulé de la lettre ApostoUci vtrba de Célestin I***, adressée aux év£ques de la province de Marseille (Migne, t. L, p. 519 ; cf. Duchesne, Fastes^ t. 1, p. 347}. Deux des chèques qui y sont nommés, Maximus et Léontiu» (de Fréjus, sans doute ; cf. FasUs , I, 176 ), étaient, semble-t-il, d'anciens suffragants d*Arles (cf. ep. VaUniinae nos^ de Boniface, Migne, t. XX, col. 756 et Fastes, I, 347).

(3) Ëp. Cuperemus quidem^ du 2b juil.^aS, § 10 (Migne, t. L, coi. 435) : « Massîliensis vero ecclesize sacerdotem, qui dicitur, quod dictu oefas est, in necem fratris taliter gratulatus, ut huic qui ejus sanguine cruentus advenerat, portionem cum eodem habiturus occiureret,... et vestro eum aadiendum coUegio delegamus. » Cf. Duchesne, Fastes, t. I, p. 266.

(3) Chronique de 45a, à Tannée 408 (Mommseo, Chrou. tnin.y I,

VÉNÉRIUS, lîVéQUE DE MARSEILLE

Si l'on s*en fût tenu aux termes du premier canon de Turin, le siège de la juridiction provinciale en Narbonnaise seconde devait, à la mort de Proculus, passer de Marseille à Aix. Pour des raisons qui nous sont inconnues, le transfert ne se fit pas. Vénérius, successeur de Proculus, hérita de sa juri-

p, 652) : Proculus MassiUensis episcopus clarus kabetur. Il y a peut-être quelque réserve dans cette formule.

Proculus, en 417, avait donné asile à l'ancien évèque d"* Lazare, excommunié comme lui. L'histoire de Lazare, fort agitée, eut un épisode singulier. J'adopte ici une hypothèse, extrêmement probable, de Dom Germain Morin ($. Lazare et S. Maximin. Mémoires... des Antiquaires de France, t. LVl, 1897). Lazare, mort à Marseille, y fut enseveli dans la basilique qui devint Téglise Saint-Victor. On grava sur son tombeau l'épitaphe suivante, que nous ont conservée les papiers de Pciresc : HIC JACET BO I NE MM PP LA | ZAR QVE VIXIT | IN TIMORE DI | P.

Page 1