‹ Le concile de TurinChapitre 73 sur 120 · MORT D HONORAT · texte numérisé non relu

MORT D HONORAT

saires prirent aussitôt leurs dispositions pour porter un des leurs à Tépiscopat, et délivrer leur église de la faction des saints.

Uc biographe d'Hilaire d'Arles, écrivant vers 480-490, nous apprend qu'il suivit d'abord Honorât, élu évoque d'Arles, dans sa nouvelle résidence, puis retourna au désert, c'est-à-dire à Lérins ( Vita HiJa" rit, S 8, Mi^e, t. L, col. 1226-1237; le statim deffnt'erit relinquendum est, comme on le voit par le texte d'Eucher, De îaude eremi^ I, même tome, col, 701, un peu exagéré). Après cela, il passa deux années entières à Lérins {cmenso biennio^ ap. Vita Hiiariit § 9), puis retourna à Arles pour revoir Honorât mourant, L'épiscopat d*Honorat a donc duré un peu plus de deux ans. Or Pairocle, son prédécesseur (texte cité de la Chronique de Prosper, qui résidait en Gaule en 42S-429), périt assasïiiné en 426. II suit de là que la mort d'Honorat doit bien être mise au 16 janvier 42g. — Si Ton doutait de l'exactitude du mot du biographe, emenso hitnnio^ pourrait-on reculer la mort d'Honorat dune année, et la mettre en 42a'? Je ne le crois pas. La lettre Cuperemus quidem, du 25 juillet 428, n'est qu'une censure des mœurs monastiques que l'école de Lérins avait introduites dans la province d'Arles. Il faut nécessairement supposer qu'au moment où elle fut écrite, Tévéque d'Arles en fonctions avait fait au moins deux ou trois ordinations, et qu'on avait eu le temps de se plaindre à Rome de ses choix. Ce ne peut donc être un évéque élu en fin janvier de la même année. Au surplus, si la lettre Cuperemus quidem eût été écrite six mois seulement après la mort d'Honorat, il serait fort singulier qu'on o'y trouvât pas un mot respectueux à son adresse. — D'autre part, la mort d'Honorat et l'ordination d'Hilaire ne peuvent être mises en 430. Car nous avons une lettre de Prosper d'Aquitaine à S. Augustin (S. Augustin, Œuvres^ éd. Didot, t. II, p. 1244, ep. uz<f)^ lui soumettant certains difficultés sur la grâce et la prédestination de la part du « saint évêque d'Arles, Hitaîre ». Et S. Augustin, qui mourut le 28 août 430, eut le temps de répondre A cette lettre par ses deux livres De praedestinaiione sanctorum, qui ne sont pas son dernier ouvrage sur le problème de la grÂce (cf. Bardenhewer, p. 429). Tillcmont, Mémoires, tome X, p. 680, tiéHÎte, pour la date obituaire d'Honorat, entre les années 42I et 419. La date de 429 est admise d'une manière positive par il. Duchesne» Faites, loc, laud.

Le groupe lérinien parut d'abord désemparé. Il lui fallait céder la place, abandonner l'œuvre commencée par Honorât (i). Le chef du parti paraissait être désormais le moine de Lérins Hilaire. L'évéque défunt, quand il s'était senti mourir, avait mandé auprès de lui ce disciple préféré, qui de noble et riche s'était fait humble et pauvre, et qui avait acquis, en quelques années passées au cloître, un renom de sainteté consommée ; il l'avait, à son derniermoment^ désigné pour être son successeur (3).

(1) llilaixe, Vita S. Honoratiy i 33 : cum omnes dos utique întcr peregrina desereret... (Migne, t. L, col. 1268.)

(a) Vita 5. Hilarii, 9 (ibid., col. 1227) : Cumque ad tantum viruxn crebra sublimium vtrorum agmina benedictionis accipienda; gratis adventarcnt, cœperunt de succcBsore beati Honorati flagitare responsum. Excitati dcsuper animi de electione pontificis ad judicium peirecturi testimonium postulabant ; supremo halitu summum meritis singularibuB digitu demoDstravit antistitem. Cf. Vita Honoratiy 32 (col. u6&): Confluentibus autem ad se potestatibiis, prxfecto et praîfectorii» viris...

La Vita Iliiarii est une biographie sérieuse Je la regaxxle, malgré les objections produites (Ballcrini, ap. Migne, t. L, coL 1219; Ebert, tr., 1, p. 480; dîscusïsion dans Tillemont, t. XV, p. 8*15), comme l'œuvre d'Honorat de MaraeiUe, disciple d'Hilajre. L'affirmation du continuateur de Geanadïus {Dt Vir. inL^ c, icix), qui écrivait aux dernières années du v' siècle, me paraît ici péremptoire. — Honorât de Marseille écrit aux dernières a&aées du V* siècle (§ 31, toi annorum spatHs evoîutis,>. Il semble bien, eo effet» qu'il aoit déjà évoque {i ^^^ sacerdotis; Tillemont s'est trompé sur le sens de piae sodalitatis); or il le fut au temps du pape Gélase {492-496), avec lequel il correspondit. Enfin Gennadlius, autre Marseillais» dans la derolère rédaction de son livre, datant de 480 ou 485 (Diekamp), ne mentionne pas ses écrits. Comme d'autre part l'auteur avait Tâge d'homme à la mort d'Hilaire ^449), on ne se trompe guère en supposant que ta Vita f/iUrii fut écrite vers 490. — Honorât de Marseille, s'il a composé son livre un peu tard» Ta composé avec une conscience extrême, un peu dans l'esprit où

HILAIRE DEVIENT iH'ÉQUE d'aRLES

Mais Hilaire n'espérait pas que le vœu de son maître pût être réalisé. Aussitôt après les funérailles, il quittait la ville et reprenait la route du « désert >. Honorât avait eu, parmi les hauts officiers impériaux résidant à Arles, des amis dévoués ; peut-être leur avait-il recommandé la candidature d'Hilaire. Ces dignitaires laïques se décidèrent à intervenir dans Télection. Cassius, maître de la milice, à la tête d'un détachement de soldats et d*un groupe de personnes sûres de Téglise, poursuivit Hilaire. On le ramena dans la ville, et Cassius le fit élire et consacrer (î). La province d'Arles et le vicariat restèrent ainsi dans la possession du parti que le pape avait voulu évincer.

Hilaire était, comme Honorât, un évêque-moine. Il habitait une cellule de son monastère, vivant dans la pauvreté, le jeûne, les austérités de toute sorte, en cilice et les pieds nus ; il travailla toujours de ses mains à faire du filet ; il faisait à pied beaucoup de ses tournées dans le diocèse et la province, parfois

Hilaire lui-même avait écrit la Vita Honoratî. De plus, il a travaillé sur pièces, ayant en mains, outre un grand nombre de livres utiles, une partie de la correspondance d'Hilaire; il cite beaucoup, il indique souvent ses sources.

(i) Vita i. Hilariiy 9-10 : Sed illa divinitatis potentia... illustris Cassii, qui tune prxerat militibus, animum repente succedit, ut ignotura, ut longe positum, ut denlque ad eremum properantem ardenter expeteret, fortiter rctineret, violenter attraheret. Electum civium numerum cum non parva manu dirigit militantum. Féliciter pervenitur... (Ici, difficultés que fait Hilaire ; une colombe ▼ieot s*? poser sur son épaule pour lui manifester la volonté divine.) I-^liores ad Arelatensem pervcniunt civitatem, occurritur, festinatur,.. Consecratur in sacerdotio jamdiu virtutum meritis consecratus.

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