UILAIRB ET GERMAIN D AUXERRE
évêques de la Viennoise du Nord, le métropolitain de Lyon, un évêque de Gallécie (i).
Le séminaire de Lérins et d'Arles fournissait des vêquesà diverses villesdeTextérieurj comme Lyon, Genève, Troyes (2). Bientôt les ennemis d*Hilaire prétendront qu'il s'arrogeait le droit d'ordonner des évêques dans toutes les Gaules, se substituant aux métropolitains légitimes (3). Il est sûr qu'il s'attribuait un droit de surveillance générale sur les églises des provinces environnantes. Il lui arriva peut-être de présider des conciles hors de sa province (4). Il se rendait souvent à Auxerre auprès de saint Germain, et s'entretenait avec lui des évêques de la Gaule et de leur clergé, examinant pour chacun d'eux sa vie privée et sa vie pastorale, tâchant de se rendre compte de ses progrès et de ce qui pouvait lui manquer encore (5),
En même temps, les relations de la province
(I) Conventus synodales^ dit Léon des conciles arlésîena, en p«nsant aux conventus politiques de la Gaule ou des Sept-Provinces. Voir les suscriptions des conciles d'Orange et de Vaison, ap. Maasscn, p. 951, et Ducheane, Fastes^ I, p. 347; et les suscriptions de Riez, ap. Mansi, t. V, p. iigo et suiv.
( j) S. Eucher (était évftque en 441); Salonius (en 440); S. Loup
(436-478 CDV.).
(3) Léon, ep. Divinae cultum^ ch. 11, col. 630 (cité cî-dessus).
(4) Concile dit de Besançon, qui jugea Célidonius. Le texte de la Vita Hiiarii, "^ 21 (Migne, t. L, col. 1236), n'interdit pas de croire
que le concile se soit réuni à Arles ou dans la province d'Hilaîre.
(5) Vita Hiiarii , ^ ar. In cxcursibus autem quis, ut dignum est, explicabit quantum ejus prassentia profectum contulerit civitatibus GalUcanis, sanctum Germanum sa^pius expetendo, cum quo sacerdotum mînistrorumque curam et vitam, nec nonprofectus excessusqae tractabat.
PRIMATIE GALLICANE AUTONOMB
artésienne avec le Saint-Siège devenaient rares, ou cessaient même absolument. On ne voyait point de clercs des diocèses suflfragants d'Honorat et d'Hilaire (ni en général de clercs gaulois) faire appel à Rome de jugements prononcés contre eux dans leur province ; les synodes artésiens, sur les questions disciplinaires douteuses qu'ils avaient à résoudre, ne consultaient plus le siège romain (i). Des seize années où s'exerça la juridiction métropolitaine d'Hilaire, nous avons bien une lettre du pape adressée à la province de Marseille, qui avait été celle de Proculus (2), mais aucune à la province d*Artes, qui avait été celle de Patrocle. La métropole que le pape avait naguère créée pour en faire comme une agence générale du Saint-Siège en Gaule, était parvenue à s'ériger en primatie gallicane autonome.
Les papes Célestin I" (432-432) et Sixte III (432- 440), Léon le Grand lui-même pendant les premiers temps de son règne, souffrirent sans protester que révêque d'Arles substituât ainsi son influence à celle du Saint-Siège ; ils hésitaient à entrer en lutte avec un adversaire aussi redoutable, n*ignorant point
(i) Léon I*", ep. Dîvinae cuîtum, II, col. 62g. Non nova instîtuentes, «led vetera rénovantes... Nobiscum itaque vestra fraternitas recognoscat apostolicam sedem, pro su{ rererentia, a vestras rtiam prorincix sacerdotibus innumcris relationibus C9se consultam, et per diversanim, quemadmodum vêtus consuetudo poscebat, appellationem causarum, aut retractata, aut confirmata fuisse judicia. — Léon parle aux GaUicaos de la correspondance de leurs églises avec le Saint-Siège (commeantibus kinc inde h'tferis), comme d'une tradition interrompue, presque oubliée.
(2) Lettre Aposioltci verba, citée plus haut.