‹ Le concile de TurinChapitre 76 sur 120 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LEON LE GRAND ET HILAIRE D ARLES. — DISSOLUTION DE LA PROVINCE ARLÉSIENNE (445).

I. L'affaire de Célidonius. Hilajre elle devant le concile romain et arrêté. Il sVvade. — II. Le pape, poar dissoadrc la province d'Arles, doit demander maio'forte i l'empereur. Lettre Quaii ptrtinacia. Aétîus. — III. La lettre Ditinat eultum et ta :oDStitntioQ Ctrtum est. — IV. Du concile de Turin à la constitution Ctrtum rst.

Au cours de Tannée 443 ou 444, comme Hilaire était à Auxerre chez saint Germain, des personnes du diocèse de Besançon (1), qui se trouvèrent pré- Ci) Nos deux documents sur cette affaire, qui sont la lettre Divinae eultum, c. III et la Vîta Hilarité ^ 21-22 (Migne, t. LIV, col. 630; t. L, col. 1236), ne disent pas de quelle cité Célidonius était évêque. L'auteur de la Vita S, Romani jurensis, écrivant au début du IX' siècle, le fait évéquc de Besançon (§ 5 ; v. Mon. Germ.^ Script, ter. Mtrow.^ t. III ; p. 134 ; cf. pour Tépoque de la composition la préface de Krusch). Isolée, cette attestation tardive serait tréa insuffisante, comme Quesnel Ta bien remarqué. (Dissert. V; Apologia pro S, Hilario Aret., cap. u; ap. Migne, t. LV, col. 435); il est manifeste que l'auteur de la Vie de S. Romain écrivit son passage sur Célidonius en ayant la lettre Divinae eultum sous tes yeux : il pourrait aussi bien en avoir tiré jusqu'au nom de cet évéque oublié. Mais Célidonius figure au catalogue épiscopal de Besançon. Nous n'avons de ce catalogue, il est vrai, que des copies du xi* siècle (Delisle, Hist. litt. de la Fr., t. XXIX, p. 393;

LAFFAIRB DE CELIDONIUS

sentes, lui firent à rencontre de leur évêque, nommé Célidonius, des rapports fort graves. Célidonius, avant son entrée dans les ordres, avait occupé une charge dans l'administration, et il lui était arrivé, siégeant comme juge, de prononcer des condamnations à mort. De plus, toujours au temps de sa vie laïque, il avait pris pour femme une veuve. L*une et l'autre circonstance le rendaient, aux termes des canons, inapte à Tépiscopat (i).

Hilaire estima qu'un évêque si manifestement indigne ne pouvait, sans scandale, être maintenu

texte édité par Holder-Egger, ap. Mon, Gtrm.^ Script., t. XIII, p. 371); et de plus, la série des évéques de Besançon y est augmeDtée, notamment en tête, de plusieurs noms de saints étrangers. Pourtant il paraît inâniment probable que le fond du catalogue est d'origine ancienne. Et TégUse de Besançon, comme le demande Tillemont, « se sera-t-elle persuadée sans fondement qu'un de ses Evesquea a esté déposé par TEglise de France et par S. Hilaire ? » {Mèm,, t. xv, p. 844,)

Sirmond {Conc. ant, GalL^t. I, addenda et corrig.) assure avoir vu sur une « vêtus sckeda > l'intitulé de la lettre Divitiae cultum SOQS la forme : DiUctissimis univcrsis episcopis per provincias iJ^aximam Sequanorum et Viennensiutn constitutis. Quesnel a léjà remarqué que cet intitulé est barbare, et que la lettre n>st t'-videmment destinée qu'à une province. De plus les mss. de la lettre (cités parMaassen, p. 258) ne portent mention que des évéques de Viennoise.

L*attributîon \ Célidonius du siège de Besançon, admise par TîUemont, par les Ballerini (Migne, t. LV, p. 538), par Gams {Séries episcopor.. p. 514), par Hauréau {Galî. Christ. ^t.W\ p, 9) par Holder-Egger (p. 371, n. i;, par Duchesne {Fastes^ t. I, p. 113), me paraît très probable. Ce qui est certain, c'est que Célidonius avait son siège dans le nord de la Gaule (Vita Hilarii^ ai) et non, comme le veut Quesnel (p. 443), en Viennoise. C'est ici la seule chose qui importe.

(i) Vita Hilarii^ § 23. — 11 n'est question, dani la lettre Divinaê cultum, que du second de ces deux griefs.

15fi

Page 1