CEUÏDONIUS FAIT APPEL A ROME
sur son siège. Un concile, réuni par ses soins, et dont il eut la présidence, examina Tafifaire (i). Sur les témoignages que Ton entendit, les deux griefs furent reconnus fondés. Le concile prononça que Célidonius devait, « de sa volonté propre >, se démettre de l'épiscopat (2).
Célidonius n'accepta pas la sentence. Il fit recours à la juridiction du siège romain, et s*en alla, avec ses témoins à décharge (3), soutenir sa cause
(1) Concile placé généralement A. Besançon (Sirmond, t. 1, Addenda et corrig, ; Labbe, t. 1, p. 1461 ; Mansi, t. VI, p. 461; Hefele, t. Il, 2° édit., p. 303. Ltroing, t. III, p. 479, etc.), par une hypothèse sans vraisemblance. Je connais plusieurs exemples d'évèques jugés en concile hors de leur ville; aucun, dajii sa ville.
(2) Vita Hilarité 21. Conveniunt ex aîiis locis probatissimisacerdotes. Rex omni ratione prudentiaque discutitur, Accusatio t^stimoniis conjïrmatur. Adhibeturvera simphxqtu de^nitso, ut qusm Scripturarum reguîae removebant, voîuntate propria se removerr dtberet, — Léon dit pourtant que Célidonius fut déposé (Ep. Z>i"rfnae cuîtum^ c. m : redditus itaque est eccîesiae luae, et huic^ qmam amittere non debuit fdignitati). Peut-être, Célidonius refusant de «c démettre, prODOoça-t-on sa déposition. Il y a même quelque apparence qu'on lui ait donné un successeur : Sur le catalogue n* i de Holdcr-Egger, figure, après Célidonius, un « Importunus ; spemdoepii^opus (sic) receptus^ sed turpiter efectus. ? Peut-être cet Importunus fut-il établi par Hilaire. (Cf. Hauréau, hc. laud.). PourtaJit je serais surpris que le pape n'eût rien dit de cette ordination, qui aggravait singulièrement le cas d'Hilaire. (Le concile de Sardica, can. VII, dispose que si un évéque condamne en concile provincial se pourvoit en cassation auprès de Tévèque de Rome, les provinciaux, pour lui ordonner un sucesseur, devront attendre La décision du siège romain ; mais le concile de Sardica est-il aothcntiquc ?)
(3) Ep. Divinae £uitum, c. m (Migne, t. LIV, col. 631). Absolutus est Célidonius episcopus, quoniam se injuste sacerdotio fuisse dejectum, manifesta testium rcsponsione, ipso ctiam przse&te^ monatraverat.
UILAIRB DARLKS A HOMB
«levant le pape. Hilaire, alarmé, le suivit à Rome. Dès qu'il eut fait ses dévotions aux apôtres et aux martyrs, il alla rendre sa visite au pape Léon. Il le trouva fort prévenu contre lui. De l'entretien qui eut lieu entre Tévêque d^Arles et le pape» nous ne savons rien que par le biographe d'Hilaire. L*évêque d'Arles aurait supplié le pape de n'intervenir dans Tafifaire qu'à titre officieux, et par voie d*avis secret. Bien que la protestation deCélidonius lui parût peu justifiée, il aurait déclaré qu'il ne se refusait point à une reprise de Taffaire en Gaule (i). Mais on ne voit pas bien comment le jugement d*un grand concile gaulois eût pu être réformé par un autre concile gaulois. — La seule chose qui paraisse claire, c'est que Léon entendait juger l'affaire en son concile et par la procédure accusatoire, l'évoque d'Arles se présentant comme accusateur (2). Hilaire ne voulut point accepter ce rôle. Il déclarait n'être Venu à Rome que pour rendre compte de l'affaire au
(1) V. Hilarit^ 22. Apostoîorum ac mariyrum occursu ptracio^ heatù Léoni papaé illico s* praesentat, tt cum humilitaté dtpo* xctm ut Ecclesiarum statum mon soliio ordinaret.,. Rogat atqut cùnsiringit ut si suggcstionem suam Ubenter exc^pit, secrète 9ubeat emcndare.,, — Le more sohto est ici ua aoachroaismef (comme le prouve bien la lettre Divinae cultum, can. IIJ, et se rapporte plutôt à ua état de chose établi vers 490. Oa voit bien «jue le biographe d'Hllaire ne cherche ici qu'à disculper son héros, et le fait plus déférent envers le pape qu'il ne put l*étre.
(j) Ibid. — emendare^ et se ad officia^ non ad eausam tenisse ; protâStanJi ordinem (Ballerini : ordine), non accusandiy quae suni ûcta suggerere, Porro autem si aliud velit, se non Juturum esse molestum. — J^entends la phrsLsc: protestandi,,, suggertre en ce sens, qu*HUaire veut bien comparaître au procès comme témoin, mais ooQ )* jouer le r6Ie d'accusateur. Il semble bien en effet, dans la lettre de Léon (can. III), qu'on ail voulu lui assigner ce rôle.