CRAINTKS D UN NOUVEAU CONFLIT
l'autorité apostolique avait eu à vaincre pour constituer la province de Patrocle, elle allait la voir se dresser devant elle une fois de plus, et sans doute plus compacte et plus forte, à vouloir détacher d'Hilaireses églises sufifragantes. On se souvint de Proculus, et de la résistance opiniâtre que la petite province de Marseille avait opposée aux décrets de dissolution du pape Zosime ( i ). Un nouveau concile de Turin était à redouter, ou plutôt, Tinfluence milanaise ayant baissé et l'épiscopat des Gaules ayant resserré son organisation interne, un concile arlésien animé du même esprit d'indépendance.
On délibéra sur les moyens de prévenir le retour d'un pareil conflit : on n'en trouva aucun autre que de recourir à la puissance séculière (3). L'Eglise de
célébrer une ordination à la place d'Hilaire, pourraient, pour oe point yiolenter les sentiments des églises, déléguer HUaire luimême dans cet ofûcc. Il spécifia, dans sa lettre Dîvina* cuîtum^ que lorsqu'un métropolitain serait empêché de procéder en personoe à une ordination, il devrait se faire suppléer par le plus ancien de ses suffra^nts.
(I) Nous n^avons aucune donnée positive sur Pépoque de la naissance de Léon le Grand. Mais il est certain qu*en 4440, au moment de la mort de Sixte III, il jouissait dans le clergé romain d'une autorité singulière ; étant absent de Rome, en effet, il fut d'une voix unaoime désigné pour l'épiscopat. Il venait, au surplus, d'être chargé de la mission de conBance de réconcilier Aétius et Albinos. 11 ne devait guère avoir alors moins de cinquante ans. Atissi devait-il être à l'âge d'homme au temps de Zosime.
Quesnel {Dissert. î de Vita S, Leonis M.^ ap. Migne, t. LV, col. 1H6; cf. Tillemont, Mém.f t. XV. p. 415) croit le rccontiaitre dans l'acolyte Léon, qui en 418 porta de Rome à Aurélius de Carthage deux lettres du pape Zosime et du prêtre Bonifacc. (Voir S. Augustin, ep. 191, § 1, cf. 194, g i ; Œuv,^ t. Il, p. loOj et «073).
(3) J'admets ici que le recours à Valentinien III fut im^sé ^ Léon par les circonstances, et que le pape reconnut qu'il ne pouvait,