‹ Le concile de TurinChapitre 82 sur 120 · GRTCFS DE ROME CONTRE ARLES · texte numérisé non relu

GRTCFS DE ROME CONTRE ARLES

du pape est empreinte. Hilaire avait entrepris d'ébranler Tautorité du siège apostolique. Les églises où s'exerçait son gouvernement despotique, il avait prétendu les séparer de ce corps de TEglise universelle, dont le chef, institué par le Seigneur, était le bienheureux Pierre, c Jadis, écrivait Léon « aux suffragants d'Arles, les évêques de votre pro- « vince, respectueux de l'autorité qui appartient en c propre au siège apostolique, réclamaient de lui, « en une infinité d'occasions, des consultations de « droit; et la coutume ancienne voulait que les

< jugements de toute nature prononcés par eux « fussent déférés en appel à notre tribunal, pour y « t^tre ou réformés, ou confirmés. Nous conservions « Tunitê de Tesprit dans le lien de la paix. Les lettres « couraient de vous à nous; et ces saints échanges « entretenaient entre vous et nous une perpétuelle 4f charité. Notre siège, en effet, ne poursuivait que <• les intérêts du Christ, et non ses intérêts propres, « et ni les églises ni les évêques ne nous ont vu « attenter à leurs droits et dignités. Ces traditions

< léguées par nos pères, toujours observées et « sainement maintenues, ces liens mutuels des « évêques, Hilaire d'Arles a pris à tâche de les « rompre ; ses prétentions toutes nouvelles xenver- « seraient la constitution de TEglise. 11 veut faire de « vous ses subordonnés, et lui-môme, par contre, « se soustraire à l'autorité du bienheureux apôtre « Pierre. 11 revendique pour son siège le droit « d'ordonner des évoques dans toutes les églises de « la Gaule; il entend dépouiller tous les métropo-

< litains gaulois de leurs privilèges, au profit du

GRTBFS ne HOMK CONTRE ARLES

« seul siège d'Arles. Ses déclarations arrogantes ne c respectent même pas le bienheureux Pierre, qui r possède avant tout autre le droit de lier et de « délier, et qui a reçu du Seigneur la mission spé- € ciale de paître ses brebis. Prétendre dénier à « l'apôtre son titre et ses pouvoirs de prince de « TEglise, ce n'est point porter atteinte à sa dignité, « car ceci serait impossible; mais c'est, enflé d'un « esprit de superbe, se jeter soi-même dans le « gouffre de Tenfer (r). >

Il est impossible de méconnaître que tous les griefs du pape contre Hilaire se réduisent, au fond, à un seul, et qu'il frappe en lui le successeur d'Honorat et de Patrocle, l'adversaire, en Gaule, de la politique romaine. Mais il s'est appliqué à ne point laisser paraître aux Gallicans que les intérêts de son siège fussent en jeu, et qu'il y eût, entre Arles et Rome, un conflit d'influence ou d'autorité. Il passe

(i) Cap. u, col. 6^9. Nobiscum itaque fratemitas veatra recognoscat apostolicam sedem pro sui reverentia a vrstra; etiam provincla: sacerdotibus innumerîs relatiooibus esse consultam, et per diversarum, quemadaaodum vêtus coosuetudo poscebat, appeUatiooem causarum, aut retractata, aut coDÛrmata fuisse judicia: adeo ut servata unitate spiritus ia vmculo pacis, commcantîbus hînc iade lilteris, quod sancte ag^ebatur, peqietucc proficerel charitati : quoniam soUicitudo nostra, non sua quTU'ens, sed qua^ sunt Christî, dignitatem diriaitus datam nec ecclesiis, oec ecclesiarum saccrdo* tibus abrogabat Sed hune tramitem cempex ioter majores Qostros et bene tentum, et salubrité custoditum, Hilarius Ecclesiarum statum et coDcordiam sacerdotum novis pra^sumptionibus turbaturus exce»«t : ita sua^ tos cupiens subdere potestati, ut se beato apostolo Petro non patiatur esse subjcctum... ~~ On voit que Léon croit savoir qu'immédiatement avant lui, la papauté a perdu du terrain en Gaule ; il est certain qall a raison, et que le recul de rinfluence romaine en Gaule date de Tépoque de Zosîme.

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