‹ Le concile de TurinChapitre 94 sur 120 · LE PAPE A BESOIN DES GALLICANS · texte numérisé non relu

LE PAPE A BESOIN DES GALLICANS

probablement peu après l'année 450 que le pape, sur la requête de Tévêque Véranus deVence, ordonna la réunion en un seul diocèse des deux évôchés trop voisins de Nice et de Cimiez(i)-

La supplique parvint à Tévêché romain au commencement de Tannée 450 (3), Le pape avait alors des raisons politiques pressantes de donner satisfaction aux désirs des évêques provençaux. Un schisme semblait sur le point de se produire entre les églises d'Orient et d'Occident. A la suite du concile, ou, comme on dit quelquefois, du conciliabule d'Ephèse, tenu au mois d'août de Tannée précédente, Léon se trouvait en conflit déclaré avec la majorité de Tépiscopat d'Orient, qui avec son chef Dioscore d'Alexandrie avait pris parti pour la doctrine d'Eutychès. Aux décisions d'un concile réputé œcuménique, acceptées par la plupart des églises grecques, sanctionnées par une constitution impériale, Léon avait opposé l'autorité du siège apostolique. En octobre, un synode romain avait cassé toutes les délibérations d'Ephèse. Le pape, soutenu par Valentinien 111, négociait depuis lors avec Théodose 11 pour obtenir la réunion dans une ville d'Italie d'un concile véritablement œcuménique, chargé de rétablir la paix de l'Eglise. Mais Théodose, livré à Tinfluence de Dioscore, avait

(1) Hilaire, ep. XII, Movemur ratione^ ap. Thiel, p. 153. Sur ce«e lettre, voir à l'App. V.

(2) Dans sa lettre â Ravennius, datée du 5 mai 450, Léon dît avoir longtemps retenu à Rome les deux porteurs de la supplique, le prêtre Pétronius et le diacre Kégulus (Migne, t. LIV, col. 884 et 836).

RESERVES DU PAPB

jusqu'alors résisté à ses prières (i]. Il était nécessaire qu*en un tel moment, en face de Téglise grecque divisée, l'église latine affirmât hautement son unité, et son unanime déférence à l'autorité doctrinale de révêque de Rome. La supplique offrait à Léon une occasion favorable d'effacer les souvenirs amers du conflit de 445, et de s'assurer la reconnaissance et le dévouement des évêques provençaux.

Le pape projetait de communiquer à tous les évêques de TOccident le manifeste théologique qu'il avait publié Tannée précédente contre Thérésie d'Eutychès, afin d'obtenir l'adhésion de chacun d*eux aux formules doctrinales qu'il avait arrêtées (a)- Le rétablissement du vicariat arlésien pouvait servir utilement ce dessein. Il eût été difficile ou même impossible au pape de se mettre, de Rome, en relations directes avec tous les évêques des cités gauloises. Nul n'était mieux placé que l'évêque d'Arles pour transmettre le message pontifical à ces frères éloignés, et pour recueillir leurs réponses.

Malgré son amitié pour Ravennius, et malgré le besoin qu'il avait alors de ses services, le pape jugea la requête des évêques provençaux beaucoup trop ambitieuse, et ne consentit pas à reprendre en Gaule la politique de Zosime. L'expérience avait assez fait voir qu'il y avait péril, pour le Saint-Siège, à donner à l'évêque de la ville préfectorale une autorité ou

(i)Tillemont, Mémoires^ t. XV, p. 486-602. Duchesne, fosf/s, t. I, p. 123.

(i^ V. la lettre Diu fiîîos^ â Ravcnnius, du 5 mai 450 (Migne, t. LIV, p. B86, Ep. mcrotCj p. aa), et la lettre à Flavien {ib$ti col. 755), datée du n juin 440.

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