CONCLUSION
11 faut tenir compte du concile de 417 pour retrouver les vraies origines et retracer le premier développement de la province d'Arles, pour s'expliquer la constitution ecclésiastique de toute la Gaule du Sud-Est depuis le temps de Zosime jusqu'au temps de Léon le Grand. Le concile de Turin fut un épisode notable de l'histoire de TEglise des Gaules ; ce fut surtout un accident grave dans le développement de la primatie romaine. Entre les grands pontificats de Damase et de Léon V\ le règne de Zosime marque, dans le progrès de l'autorité des papes, un temps d*arrêt et même de recul. Ni la politique timide des deux premiers successeurs de Zosime à regard de la Gaule, ni les sûretés que dut prendre Léon le Grand lorsqu'il voulut y faire triompher une politique plus hardie, ne s'entendent bien que si Ton se souvient du conflit de 417, et de l'impression qu'avait produite à Rome la première manifestation du sentiment gallican.
Si nos canonistes du xvii* et du xviii* siècle avaient reconnu la date et la signification de la Lettre synodale, ils auraient rendu le concile de Turin célèbre. Tous les défenseurs des libertés gallicanes auraient autorisé leur résistance aux prétentions ultramontaines de ce précédent antique et décisif. L'assemblée de i68a se fût placée sous le patronage de l'assemblée de 417; saint Maroîe de MJlan, saint Simplice de Vienne, saint Procule de Marseille, ces saints de diocèses, auraient eu dans la France entière, et même hors de France à certaines époques, des panégyristes et peut-être des dévots. Les adversaires de Rome, surtout, n'auraient