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les matières qui seraient traitées dans le futur Concile ^ •
Afin de procéder, dans ces études préliminaires, avec ordre et unité, Ton convint que les diverses commissions diocésaines transmettraient leur travail à la Commission Métropolitaine de Bourges^ laquelle, sous la présidence de Mgr TArcbevèque, avait pour mission spéciale de centraliser tous les travaux préparatoires, et d'en faire la distribution et le classement suivant leur objet et leur catégorie.
Restait à résoudre la question du lieu où se
Une Ordonnance archiépiscopale, en date du i 1 mars 1873, a institué comme il suit la Commission Métropolitaine préparatoire : Mgr rArchevôque, Président; MM. Appé, vicaire général, vice-président ; Sautereau, vicaire général ; Caby, vicaire général ; Pélicat, doyen du Chapitre; Marandon, chanoine ; Moulinet, chanoinearchiprêtre; Plat, chanoine; Lebas, supérieur du Grand- Séminaire ; Fontugne, professeur de morale ; Labbe de Ghampgrand, prêtre de Saini-Sulpice; lesRR.PP. Rabussier, de la Compagnie de Jésus; Louis-Joseph, gardien du Couvent des Franciscains.
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réunirait le Concile? Et certeS| aucune cité n'eût osé disputer à Bourges un honneur qui lui revenait de droit en sa qualité de ville Métropolitaine ; mais Taffreùx incendie du 25 juillet 1871, en dévorant son magnifique Palais archiépiscopal, n'avait-il pas ôté du même coup à Mgr TArcbevèque la possibilité d'offrir sous son toit une hospitalité convenable à ses dignes et vénérables frères dans l'épiscopat?... Ah ! ce qu'a coûté de sacrifices l'horrible catastrophe que je viens de rappeler, nul, si ce n'est Dieu et celui qui en a été la victime, ne le sait, et ne le saura jamais I Toutefois, il est bien permis de supposer que, parmi tous ces sacrifices, l'un des plus amers au cœur de Monseigneur de Bourges dut être précisément le regret de ne pouvoir, à l'occasion de son cher Concile, rassembler autour de lui, dans sa propre maison, ses bien-aimés suffragants.
Dans une telle conjoncture, Mgr l'Archevêque
tourna avec consolation ses regards vers le Puy. Justement renommée pour sa foi inviolable et ses vertus hospitalières, la cité du Mont-Ânis méritait, à plus d'un titre, d'être choisie de préférence à toute autre. Outre le prestige d'un passé glorieux et de destinées exceptionnellement illustres, Le Puy offrait le séduisant avantage de son site, dans un pays charmant et pittoresque, encadré de splendides horizons et de mille ravissantes beautés naturelles; Le Puy offrait surtout le puissant et religieux attrait de son antique Madone^ dont le culte, quinze fois séculaire, n'a cessé d'être l'honneur, la joie et la vie de sa population si chrétienne^ Pour les solennelles assises du Concile, Le Puy offrait l'enceinte de son admirable église de Notre-Dame, l'un des plus anciens et des plus célèbres sanctuaires dédiés à Marie sur le sol de notre France; temple vraiment auguste, que la piété des siècles a décoré de la qualification d'Angélique, en souvenir
de la touchante tradition de sa mystérieuse origine et de sa consécration par la main des Anges ; sainte et royale demeure, que les Souverains Pontifes ont enrichie de nombreux privilèges et faveurs spirituelles, et que l'immortel Pie IX a daigné élever à la dignité de Basilique \ Enfin, comme dernier et précieux appât, Le Puy offrait à notre légitime curiosité la merveille artistique de notre époque, dans la colossale et trës-gracieuse statue de Notre-Dame de France, qui couronne si magnifiquement le vieux rocher Corneille.
Fier de l'honneur dévolu à sa ville bien-aimée, Mgr Le Breton s'empressa d'écrire à son Métro-
* L'érection de la Cathédrale du Puy en Basilique mineure ne date que de l'amiée 1860. C'est à roccasion de rinauguration de la statue monumentale du rocher Corneille que Pie IX a octroyé cette nouvelle dignité à VÈglise Angélique, laquelle a commencé à jouir des faveurs et prérogatives attachées aux Basiliques de Rome, au moiùent de la bénédiction solennelle de Notre-Dame de France, le 12 septembre 1860.
politain pour le remercier et loi dire qu'il mettait de grand cœur à la disposition du futur Can-cile provincial et son Palais, et sa Cathédrale, et son Grand -Séminaire, et sa personne ellemême tout entière.
La Lettre à'Indietion de Mgr^'Archevèque de Bourges porte la date du 25 avril 1873, et fixe au dimanche 5 octobre de la même année, en la fête du Très-Saint Rosaire, l'ouverture solennelle du Concile provincial, dans l'insigne BasiUqu^ Cathédrale du Puy * .
Le 31 août suivant. Monseigneur publiait un Mandement, annonçant à ses ouailles le grand événement qui se préparait, et ordonnant des prières, pour attirer les bénédictions d'En-Haut sur la sainte Assemblée.
^ Cette lettre (fifuitctum a été communiquée au Cl6]i^ diocésain et adressée spécialement à tous ceux auxquels le Droit, Tusage ou le choix du Métropolitain et des Évèques suffi'agants confèrent le privilège d'intervenir dans une Assemblée conciliaire.
De leur côté, les Évoques suffragants exhortaient instamment leurs diocésains à faire, dans le même but, des prières publiques.
Ainsi pressés par la voix de leurs Pontifes, tous les fidèles de la Province ecclésiastique s'unirent pour faire monter vers le ciel leurs supplications ardentes, coopérant de cette manière, pour leur part, à la grande œuvre du Concile, et en assurant en quelque sorte, par avance, le succès et les fruits.
Cédant à d'amicales instances, je réunis, dans cet opuscule, les quelques notes que j'envoyais \k Bourges, pendant la tenue du Concile, et qui furent publiées dans la Semaine religieuse sous la trop pompeuse rubrique de Chronique du Concile.
Ces brèves et Simples Notes rédigées à la hâte, à bâtons rompus y et le plus souvent jetées à la poste sans avoir été relues, se ressentent néces-
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sairement de la précipitation avec laquelle elles ont été écrites. Aussi se présentent-elles sans aucune prétention littéraire, dans toute leur aridité et tout leur décousu. — Je prie donc mes chers lecteurs de n'avoir égard, après ma bonne volonté, qu'au seul petit mérite qui recommande cet humble travail, je veux dire sa complète et très-consciencieuse exactitude.
Cet opuscule reproduit mes lettres à la Semaine religieuse^ à peu près telles qu'elles ont paru à l'époque du Concile. J'ai seulement tâché d'en faire disparaître les incorrections et les fautes typographiques, dont la première édition était par trop richement émaillée. — J'y ai ajouté aussi divers détails qui m'ont semblé pouvoir offrir quelque intérêt, ou compléter utilement certaines parties plus abrégées do mon récit.
L'on trouvera dans un Appendice les documents ci-après énoncés :
l*" Le texte de l'Acte de Consécration de la
Province de Bourges à Notre-Dame de France^ en latin et en français ;
2^ Les Acclamations solennelles qui ont été chantées à la fin de la Session de clôture, également en latin et en français ;
3* La lettre collective des Pères du Concile k Notre Saint-Père le Pape Pie IX ;
4" La réponse du Souverain Pontife ;
5" La lettre des Pères aux Évoques d'Allemagne suivie de la réponse de Mgr Ledochowski, archevêque de Gnesen et Posen ;
&^ La lettre des mêmes aux Évéques de Suisse ;
7*» Enfin, pensant qu'il pourrait être intéressant pour plusieurs de connaître, autrement que par leurs noms, les Pères et les autres membres du Concile, je donne sur chacun d'eux une notice biographique très-succincte, dont les éléments m'ont été fournis avec une complaisance parfaite par d'obligeants confrères, auxquels il m'est doux d'exprimer ici toute ma gratitude.
Je dépose ces pages aux pieds des Révérendissimes Pères du Concile, avec l'humble hommage de ma profonde vénération. Je les offre aussi aux pieux et savants prêtres qui ont pris part à la réunion conciliaire, en témoignage de ma respectueuse et cordiale déférence. Mon but sera atteint et je m'estimerai aussi honoré que satisfait, &i NN. SS. les Évèques daignent me bénir et si mes vénérés collègues veulent bien agréer ce modeste Souvenir des jours bénis, que la divine Providence nous a accordé de passer au Grand-Séminaire du Puy , vivant de la même vie, appliqués aux mêmes féconds et pacifiques la^ beurs, ne formant tous ensemble, sous le regard tutélaire de Notre-Dame de France qu'un seul cœur et une seule âme : Cor unum et anima %ma l
Salve Regina I
Bourges, 15 août 1875.
Fête de l'Assomption de la Très- Sainte-Vierge.
Le Puy, samedi 4 octobre 1873.
J'ai promis d'envoyer quelques Notes à la Semaine religieuse du Berry : je tiens, dès le premier jour, à faire preuve de bonne volonté, et je m'exécute en toute simplicité.
Partis de Bourges jeudi, à onze heures du soir, nous sommes heureusement arrivés au Puy, hier vendredi, à midi précis, après un trajet de treize heures, en chemin de fer, effectué sans fatigue ni encombre, à travers les agréables campagfie^i du Bourbonnais^ la fertile plains
de Roanne, le riche bassin houiller de Saint- Éiienne et les montagnes rocheuses du Yelay.
Le vénérable Évêque du Puy, S. G. Mgr Le Breton, accompagné de deux prêtres de Saint- Sulpice, directeurs dans son Grand-Séminaire, attendait à la gare Mgr l'Archevêque de Bourges.
Pendant que la voiture épiscopale gravissait les pentes escarpées et tortueuses de la vieille cité d'Anis, toutes les cloches de la ville, mises eu branle, saluaient de leurs plus joyeuses volées rentrée du Prélat Métropolitain.
Aussitôt qu'il eut mis pied à terre, et avant de prendre possession des appartements qui lui étaient préparés au Palais épiscopal, S. G. Mgr le Prince de La Tour d'Auvergne voulut s'agenouiller dans la Basilique-Cathédrale, pour y adorer le Très-Saint Sacrement, et offrir à Notre- Dame du Puy un premier hommage et une première prière.
Ce pieux devoir accompli, non sans une émotion facile & comprendre, nous parcourûmes & la hâte, guidés par Mgr Le Breton, le noble et imposant édifice^ auquel la légende de sa miraculeuse origine et de sa consécration par le ministère des Anges a fait donner, à si juste titre, la glorieuse appellation de sanctuaire angélique * .
^ Voici ce que racontent, sur la fondation de TÉglise du Puy, des légendes d'une haute antiquité.
Une pieuse veuve, née près de Vélaime, la première capitale du Velay, et convertie par saint Martial, souffrant depuis longtemps d'une fièvre dont aucun remède ne pouvait la délivrer, ^adressa à la Sainte Vierge, qui lui ât entendre que la santé lui serait rendue sur le Mont'-Anis. Lamsdade se fait aussitôt porter au lieu indiqué, se repose et s'endort sur une pierre carrée en forme d'autel, qu'elle y trouve. Dans son sommeil, elle voit une troupe d'anges, et, au milieu d'eux, une dame vêtue d'li£d)its royaux^ rayonnante de clarté. « Voilà, lui dit un des Esprits célestes, la Mère du Sauveur ; elle s'est choisi ce Meu pour son sanctuaire et, afin que vous ne preniez pas ce que je vous dis pour un songe, vous êtes guérie. » A ces mots^ la vision disparait, et la malade se réveille pleine de santé.
Saint Georges gouvernait alors l'Église du Velay. Informé du prodige, il gravit le Mont-Anis, aperçoit une partie du plateau couvert de neige, quoiqu'on fut alors au 1 i Juillet, époque des plus fortes chaleurs, et, au milieu de cette neige un cerf qui, prenant sa
Nous nous bornâmes, dans cette première visite, à un rapide coup d'ceil d'ensemble, nous promettant d'y revenir bientôt, pour revoir le monument à loisir et l'étudier dans tous ses détails.
course, à son approche, trace par l'impression de ses pas Venceinte d'une église. Le saint Évêque entoure d'une haie d'épines l'enceinte marquée ; et saint Martial, qui évsmgéhsait les contrées voisines, étant venu visiter à son tour le Mont-Anis, que la renommée signalait dès lors à l'attention publique, désigne la place de l'autel, et laisse pour rehque à la future éghse un soulier de la Sainte Vierge, qu'il avait apporté de Rome.
Cependant l'éghse demeura à l'état de projet jusqu'à l'épiscopat de saint Vosy. Alors une dame paralytique, du village de Ceyssac, s'étant fait porter sur la même pierre que la veuve de Vélaune, et y ayant eu la même vision, entendu les mêmes paroles et obtenu une guérison semblable, s'empressa d'en prévenir saint Vosy. Celui-ci, après trois jours de jeûne et de prières, monte sur le rocher suivi de tout le peuple, et trouve l'enceinte formée par la haie encore couverte d'une neige épaisse. A cette vue, saisi d'un saint transport, il s'écrie: « C'est ici la Maison de Dieu et la Porte du ciel, » et il prend la résolution d'y transporter le siège épiscopal, qui était alors à Saint-Pauhen. Il fallait pour cela le consentement du Pape ; il se rend à Rome, obtient l'autorisation nécessaire et ramène aVec lui Scrutaire, jeune romain de race sénatoriale, aussi habile dans l'architecture que pieux et modeste. On met aussitôt la main à l'œuvre : riches et pauvres, tous y prêtent leur concours. Aussi, dans l'espace de sept ans, on termina
La Cathédrale du Puy mérite, en effets à tous les points de vue, une spéciale attention et une sérieuse étude. Au point de vue archéologique et architectural, cette curieuse
Tabside et la première coupole, c'est-à-dire le rond-point qu'occupent aujourd'hui les stalles du Chapitre et ce qu'on appelle la Chambre Angélique,
Cet édifice achevé, TÉvêque et le jeune Scrutaire jugèrent âf propos d'aller en rendre compte au Pape et de lui demander la permission d'en faire la consécration solennelle. A peine avaient-ils fait un quart de lieue, que deux vieillards vôtus de blanc, portant chacun une cassette d'or, se présentent à eux, leur remettent des reliques qu'ils disent venues de Rome, les invitent à retourner, pieds nus, les porter à l'église du Mont-Anis, « dont la consécration, ajoutent-ils, se fait en ce moment par le ministère des anges. » Et aussitôt ils disparaissent. Le Prélat et son compagnon, saisis de respect, ôtent leurs chaussures, reviennent avec les précieuses cassettes, et disent à ceux qu'ils rencontrent ce qui vient d'arriver. La nouvelle s'en répand partout avec la rapidité de l'éclair. Le peuple accourt, se joint à l'Évoque, et une procession se forme, qui bientôt arrive au haut du Mont-Anis. Là, les portes de la Basilique s'ouvrent d'elles-mêmes ; le sanctuaire apparaît éclairé d'une multitude de torches, et l'autel arrosé d'une huile dont le parfum embaume l'église entière. L'Évêque, dans son ravissement, entonne le cantique d'actions de grâces ; les assistants le poursuivent avec allégresse. La prière finie, on recueille plus de trois cents torches, dont deux se conservent encore dans le
église, portée par des voûtes aériennes et suspendue, pour ainsi dire, sur des abîmes, est d*un effet saisissant, et peut être classée parmi les plus intéressants spécimens de Tart romanobysantin aux ix*, x' et xi' siècles * . Comme lieu
trésor de TÉglise ; et, à dater de ce jour, la cathédrale du Puy est connue sous le beau nom d^Église angélique, que lui ont conservé tous les siècles, {Notre-Dame de France ou Histoire du culte de la Sainte Vierge en France, par M. Hamon, curé de Saint-Sulpice.)
* L'architecture de la Cathédrale du Puy présente diverses nuances de style, qui se confondent dans un ensemble vraiment harmonieux et saisiss£mt. Néanmoins, c'est le caractère byzantin qui se trouve le plus nettement accusé, principalement dans la voûte à coupoles.
On ne connaît pas d'ime manière certaine l'époque de la construction de la chapelle primitive, par saint Yosy. Il y a des savants qui la reculent jusque vers l'an 220 ; d'autres la placent en l'an 560. — Ce qui ne parait point douteux c'est que, dès le yw et le vm* siècle, de nombreux pèlerins visitèrent le sanctuaire miraculeux du mont Anis. Au ix° siècle on bâtit le clocher AngéUque, façonné en lanterne, au-dessus du chœur des chanoines, avec la partie des transepts et des deux premières travées, couronnées seulement alors par une voûte en plein cintre. — Au x« siècle, on éleva les deux travées suivantes avec la partie supérieure des transepts et les coupoles des deux travées précédentes. — Au ii^ on fit les deux dernières travées
de dévotion et de pèlerinage, chacun sait que ce béni sanctuaire de la Reine du Ciel se distingue entre les plus favorisés et les plus illustres par ses innombrables et extraordinaires privilèges %
avec la façade du grand portail; enfin, au xii«, on construisit le porche du Fort avec les étages supérieurs
du grand clocher
Cette belle égUse se compose de trois nefs, dont la principale, divisée en six travées, couvertes chacune d'une coupole, va d'abord aboutir au dôme qui siurmonte les quatre piliers où s'opère la jonction des transepts avec la nef, et finir ensuite à cette abside carrée que bâtit saint Vosy, et qui se prolonge au-delà des bas-côtés que terminent deux chapelles. On j monte par un large escalier de cent trente-quatre marches, à mi-hauteur duquel se dessinent les trois nefs de la BasiUque. On a alors devant soi, à droite et à gauche, sous les deux bas-côtés de Téglise, deux chapelles cryptales, dont les portes, artistement sculptées, mais rongées par le temps, datent du xu^' ou du xni* siècle. Entre ces deux chapelles est la porte principale de TégUse, appelée la Porte dorée^ à raison des dorures qui la décorent; c'était par là que les évéques faisaient leur entrée, le jour de leur intronisation, tandis que les rois entraient par la porte du transept, du côté de l'Evangile, et les Papes par la porte opposée, du côté de TËpître. (M. Hamon, Histoire du Culte de la sainte Vierge en France.)
^ Les Souverains Pontifes ont encouragé puissamment les pèlerinages à Notre-Dame du Puy par les indulgences dont ils ont enrichi l'ÉgUse angélique. « Pie VI
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excite les profonds regrets de Mgr rArchevèque lui-même, qui, ayant vu autrefois à l'œuvré M. Ghaussinand, au Grand-Séminaire de Bourges, a pu l'apprécier et reconnaître tout ce que son cœur et son intelligence possèdent de ressources précieuses et de qualités éminentes. Malgré la maladie qui trahit ses forces, sans affaiblir son courage ni altérer en rien son aimable ca-
Anglais furent chassés, Charles VII revint une dernière fois faire hommage de ses triomphes à la patronne du Velay. Louis XI fit trois fois le pèlerinage du Puy, la première lorsqu'il était jeune et en compagnie de son père; la seconde le 8 mai 1475; la troisième en 1476, Sa femme, Charlotte de Savoie, y était venue en 1470, accompagnée de la duchesse Jeanne de Bourbon, de la comtesse de Montpensier Gabrielle de La Tour-d'Auvergne, et de la comtesse de Vendôme. Isabelle de Beauvais remercia Notre-Dame du Puy de la naissance de Charles VIII. Enfin Charles VIII et François I" vinrent au Puy acquitter des vœux qu'ils avaient faits à la Vierge du mont Anis. François I®' avait avec lui la reine Eléonore, François le daui)hin, Henri, duc d'Orléans, et Charles, duc d'Angoulème, ses trois fils, le cardinal de Lorraine, le nonce du Pape et plusieurs ambassadeurs, cinq évéques et grand nombre de seigneurs et hauts personnages.
Parmi les Princes étrangers, Rayipond, comte de Toulouse, et Alphonse IV, roi d'Aragon, en 1482; Louis III, roi de Naples, en 1418; René, frère du pré-
ractère, le bon M. Chaassin&nd est tel que nous l'avoQS connu jadis, doux, affable, bienveillant, rempli d'attentions et de prévenances affectueuses pour tous ceux qui l'approchent. Du fond de sa chambre, où le retiennent malgré loi les ordres du médecin, il s'occupe, avec une touchante sollicitude, des vénérables hôtes qui arrivent au
cèdent, successivement roi de Naples et d'Aiagon, en 1451, 1456 et 1460.
Mentionnons encore, parmi les illustres visiteurs de Notre-Dame du Puy, Raymond IV, comte de Toulouse» le duc de Guienne, Jean Stuart, duc d'Albany et régent ^ d'Ecosse, le marquis de Montlaur, les deux comtesses d'Armagnae, Bernard, comte de Bigorre, Hiunbert l*% dauphin du Viennois, Louis II, duc de Bourbon-Vendôme, Charles-Emmanuel, duc de Savoie, les Montmorency, les Joyeuse, les Noailles, les Bertrand-Duguesclin, dont le tombeau est au pied du mont Anis, dans Fancienne église des Dominicains.
V Église angélique a été visitée aussi par un grand nombre de saints personnages. Outre saint Louis, nous y voyons venir saint Mayol, saint Odon et Pierre le Vénérable, abbés de Cluny; saint Robert, fondateur de la Chaise-Dieu ; saint Etienne, fondateur de TOrdre de Grammont; saint Eudes, abbé du Monastier; saint Hugues de Grenoble, saint Dominique, saint Antoine de Padoue, sainte Colette, saint Vincent Ferrier, saint François Régis, la vénérable Mère Agnès, et enfin M. Olier, fondateur de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice.
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Séminaire. Uexcellent Supérieur est, d'ailleurs, secondé et admirablement suppléé par ses con* frères, MM. les Directeurs. Ceux-ci nous entourent de tous leurs empressements et de ces soins dévoués que la charité chrétienne inspire si délicatement, surtout aux âmes sacerdotales.
Puisque la reconnaissance m'a amené à dire un mot de Messieurs de Saint-Sulpice, nul ne trouvera hors de propos qu'après avoir fait l'éloge des fils, je recueille, pour l'enchâsser dans mes humbles Notes^ une page touchante^ toute à la gloire du père. Or, voici en quels termes édifiants Thistorien bien connu du livre intitulé : Notre-Dame de France ou Histoire du Culte de la Sainte-Vierge en France, M. Hamon, fils lui-même de M. Olier, parle de la dévotion du pieux fondateur de la Compagnie de Saint-Sulpîce envers l'église de Notre-Dame du Puy :
« M. Olier, cet homme de Dieu qui a fondé la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpico, avait la plus tendre dévotion pour ce sanctuaire de Marie* En
i6S2, il voulut passer par Le Puy pour se rendre à Viviers, où son devoir l'appelait ; et aussitôt arrivé, il monta ^ la cathédrale, et y resta longtemps en oraison, s'offrant à Notre-Seigneur et à sa sainte Mère. En 16S5, sentant sa fin approcher, il fit une seconde fois le pèleri* nage du Puy, et voici comment il en rend compte lui-même : a Je suis dans un lieu, a écrivait-il, où je finirais ma vie avec joie, aux a pieds de Notre-Dame du Puy, à laquelle je « suis redevable de toutes sortes de grâces. » Ne pouvant demeurer toujours présent de corps dans cette église, il laisse près de l'image de Marie une statue d'argent, où il s'était fait représenter dans la posture d'un suppliant, incliné devant elle, avec une médaille d'or où était gravé , le Séminaire de Saint-Sulpice qu'il lui présentait, en la conjurant de le prendre sous sa protection \]>
Le Grand-Séminaire du Puy, où nous sommes
* Notre-Dame de France ou Histoire du culte de la Sainte Vierge en France, par M. le Curé de Saint-Sulpice.
installés, est un vaste et vieux b&timent, dont la construction remonte à Tépoque de la fondation des Sulpiciens et est l'œuvre de M. de Lantages, l'un des premiers compagnons de M. OlierS Situé dans une position agréable et pittoresque, dans la partie supérieure de l'ancienne ville, au pied du Mont-Gomeille et k quelques pas de la. Cathédrale et de l'Évèché, cet établissement, dont
* Mgr de Maupas, évoque du Puy, appela en 1652, pour remettre entre leurs mains réducation de ses jeunes clercs, les Sulpiciens qui venaient d'être institués par le vénérable M. Olier. Le premier supérieur fut l'abbé de Lantages, ce saint prêtre qui a laissé d'impérissables souvenirs dans plusieurs diocèses de France et surtout au Puy. La communauté naissante fut d'abord établie provisoirement au haut de la rue des Tables. La maison n'avait pas de chapelle, il fallait aller chercher la messe et les offices au dehors. Les Chanoines de Saint-Georges prêtèrent d'abord leur collégiale, dont ils ne se servaient presque plus, et les vieux bâtiments qui étaient contigus et qu'eux-mêmes n'habitaient point. Enfin, ce Chapitre ayant été supprimé* la collégiale et les bâtiments furent donnés aux prêtres de Saint-Sulpice, lesquels, en restant ainsi seuls possesseurs, y ouvrirent le Séminaire diocésain le 24 mars 1658. Deux ans après, Louis XIV approuva la donation et tous les arrangements qui l'avaient accompagnée, par des lettres patentes, dans lesquelles il confirmait l'établissement du séminaire du Puy, et permettait aux prêtres qui en avaient la direction d'acheter, de bâtir
la physionomie doucement austère commande d'elle-même le recueillement et le silence^ possède, dans ses jardins et son enclos, la plus belle promenade qu'il soit possible d'imaginer. Des ailées, larges et spacieuses, bordées et ombragées par de grands arbres, laissent la vue s'échapper de tous côtés sur l'immense étendue qu'elles dominent. Ces allées, disposées en terrasses, contouiiient au Nord, à l'Est et au Sud, la majestueuse roche basaltique, qui sert de .piédestal
et d'acquérir, comme faisaient les autres communautés du royaume.
On se contenta d'abord de consolider et de rétablir les b&timents anciens. Mais bientôt il fallut abattre tout ce qui existait. Sur les ruines, on jeta les fondements du séminaire actuel, en septembre 1686. Six ans après on conmiençait k l'habiter.
Les Sulpiciens régirent la paroisse de Saint-Georges et le séminaire jusqu'en il9i. Alors ils refusèrent tous le serment à la constitution civile du clergé et l'Évoque eut ordre de les congédier. Les classes du séminaire furent fermées le 21 janvier 1791, et à la fin du mois de mars, l'abbé Leflô, supérieur de la maison, la quitta pour aller mourir, en 1798, sur la terre d'exil, àOrense, en Espagne. Quand des jours meilleurs se levèrent, on rendit le séminaire à l'Évêque de Saint-Flour, sous la houlette duquel avait été placé le diocèse du Puy, et l'Évêque de Saint-FIour se hâta d'y rappeler les Sul-
à la statue de Notre-Dame de France^ et semble avoir été jetée là tout exprès par la main de Dieu pour embellir et, en même temps, protéger le séjour des élèves du sanctuaire. On ne peut lever les yeux, dans ce cher Grand-Séminaire du Puy, sans apercevoir aussitôt le sublime chefd'œuvre de Bonnassieux. Ah I comme on s'arrête volontiers et comme on s'extasie pieusement devant cette grande et belle image de Marie, toute resplendissante de la triple auréole de Vierge^ de Mère et de Reine! Ne dirait-on pas que Notre- Dame DE Frâmce incline tendrement son regard maternel vers l'asile béni assis à ses pieds, et se complaît à rappeler sans cesse aux habitants de cet asile qu'elle a été établie leur Patronne et leur Gardienne ; Posuerunt me custodem^ •
Comment peindre^ à présent, le merveilleux
diciens en 1810. {Histoire de V Église de Notre-Dame du Put/ et des Établissements religieux qui V entourent^ par le chanoine J. J. MONTLEZUN.)
^ Voir plus loin, lettre VII, en note, la description de a statue de Notre-Dame de France.
panorama que l'œil embrasse da haut de ces allées et de ces terrasses? L'on y jouit comme d'une vision magique, tant la nature semble avoir pris plaisir à étaler avec coquetterie, dans un tableau superbe, ses beautés et ses magnificences les plus variées. En vérité, rien ne manque à la splendeur enchanteresse du pay* sage : rien, pas même la séduction que l'art et l'industrieux génie de l'homme ajoutent quelquefois aux créations du Bon Dieu.
Tout près de nous, vers le Nord-Ouest, se dresse svelte et fier, au milieu du bourg d'Aiguilhe, le rocher pyramidal de Saint-Michel, couronné comme d'un royal diadème par son élégante chapelle aérienne. A nos pieds, arrosant une charmante vallée et des prairies verdoyantes, la Borne et le Dolaison promènent en serpentant le cours de leurs limpides eaux, et semblent n'aller qu'à regret se jeter dans le grand fleuve.
Dans le même cadre et du même coup d'œii, nous voyons le chemin de fer avec son mou-
Vement, ses nombreux travaux d'art, ses ponts et ses viaducs aux arches hardies, et les routes accidentées de Clermont, de Lyon et de Toulouse; unpeuplus loin, descoUinestapisséesde verdure, de riants et gracieux coteaux, parsemés de jolies villas entourées de vignes et de jardins ; de vieilles et mélancoliques ruines, d'antiques manoirs féodaux, Espally et Polignac ; plus de vingt villages ou hameaux avec leurs clochers, leurs domaines et leurs chaumières; au fond de la vallée, du côté du Levant, la Loire, dans son lit sablonneux, et sur ses rives les bâtiments du Petit Séminaire de la Chartreuse; enfin, à l'horizon lointain, des plateaux arides, des forêts épaisses et ombreuses; les montagnes du Forez, la chaîne des Cévennes, avec ses cimes blanchies par la neige et ses pics aigus qui menacent le ciel; le Pertuis, le Mezenc et le cratère de. Bar; en un mot, tous les spectacles se déroulent à l'envi sous le regard émerveillé du promeneur qui s'arrête à contempler, du haut de notre prestigieux observatoire, cette grandiose et ravissante féerie de la nature !
C'est dans ce délicieux séjour, vrai paradis terrestre, que Mgr TÊvéque du Puy nous a préparé une très-douce, très-noble et très-cordiale hospitalité. On dit que les cellules ne sont pas grandes et que leur ameublement est plus que modeste.... Mais que nous importent ces détails secondaires? Quand les occupations du Concile nous laisseront quelquefois le loisir de quitter nos cellules, nous n'en trouverons l'air que plus pur, et nous n'en savourerons que mieux les charmes de la belle et prodigue nature I
NN. SS. les Évèques de Saint-Flour et de Limoges sont rendus depuis hier soir. Mgr l'Évèque de Tulle, le T.-R. P. Dosithée, Abbé delà Trappe de Fontgombault et M. Déjardin, vicaire général et Procureur délégué de Mgr l'Évêque de Clermont, sont arrivés aujourd'hui dans la matinée. On annonce pour demain la venue de Mgr La Carrière, ancien Evêque de la Basse- Terre, actuellement chanoine de Saint-Denis,
résidant dans le diocèse de Saint-Flour, et invité, à ce litre, à faire partie du Concile provincial.
Quant aux délégués des divers Chapitres de la Province, et aux prêtres convoqués spécialement en qualité de Théologiens ou de Canonistes, ils sont tous à leur poste et installés au Grand-Séminaire.
Ce soir, à quatre heures, Mgr le Métropolitain a reçu, au palais de l'Évèché, la visite officielle des Autorités civiles et militaires et des principaux fonctionnaires de la ville du Puy et du Département de la Haute-Loire.
Le vénérable Chapitre de la Cathédrale et le Clergé paroissial s'étaient empressés de venir offrir leurs hommages à Sa Grandeur, peu d'instants après son arrivée.
A l'heure où j'écris ces lignes. Nosseigneurs les Évèques sont réunis chez Mgr Le Breton.
Dans cette première réunion préparatoire, les
Révérendissimes Pèros du Concile doivent régler tout ce qui concerne la Session soUfmelle dOuv^r^ tnrej vérifier lee titres de MM. les délégués des Chapitres, présenter et agréer les Théologiens que chacun d'eux a voulu s'adjoindre ; enfin, ils ont à choisir et à nommer les Officiers du Concile.
Une sonnerie générale de toutes les cloches de la ville va, dans quelques instants, annoncer la Première Session, fixée à demain dimanche, à neuf heures du matin. Tout le Concile se rendra proces§ionnellement à l'insigne Basilique-Cathé* drale, oti doit avoir lieu la cérémonie.
Je ne veux pas terminer cette première série de mes Notes sans vous dire que Mgr l'Archevêque est dans toute la joie de son âme. Il est ravi de tout ce qu*il a vu et voit ici depuis le moment de son arrivée ; il est ravi surtout de l'accueil fraternel de Mgr Le Breton, qui a eu la bonté de s'occuper personnellement de tout; de tout prévoir et de
tout préparer. Impossible de se montrer plus empressé, plus attentif, plus gracieusement hospitalier que ce généreux et saint Évèque du Puy, Toujours Breton^ Bretoun bepred.
Le Puy, dimanche 5 octobre, Fête du Très-Saint Rosaire.
Nous voici en plein Concile. JJ Ouverture ou Première Session a été célébrée solennellement, ce matin, à neuf heures^ dans l'Église Angélique. Je n'ai pas le temps de donner de longs détails; mais je désire qu'une plume plus exercée que la mienne se charge bientôt de décrire cette touchante et pompeuse cérémonie. Que ce mot vous dise seulement la sainte jubilation de Mgr T Archevêque, en présence des heureux auspices sous lesquels commence son Concile provincial, et la part intime que prennent à cette joie les
Pères et les autres membres de notre vénérable Assemblée.
Tous les Évèques de la Province sont présents,
sauf l'Évêque de Clermont, Mgr Péron, que son grand âge et ses infirmités ont retenu dans sa ville épiscopale. Il a délégué^ pour le remplacer au sein du Concile, l'un de ses vicaires généraux, le vénérable M. Déjardin, de la Compagnie de Saint- Sulpice, Supérieur de son Grand -Seminaire.
Mgr La Carrière, ayant été obligé de se reposer en route, à cause de sa mauvaise santé, n'a pu se rendre à temps pour la Première Session. Le digne prélat n'est arrivé parmi nous qu'aujourd'hui, vers midi.
Il est cinq heures du soir : NN. SS. les Èvêques, réunis en Congrégation chez Mgr le Métropolitain, s'occupent de la formation des Congrégations particulières : ils répartissent entre ces Congrégations les diverses matières qui doivent être traitées conciliairement.
J'indiquerai^ dans une prochaine lettre, le Titre et la Composition de chaque Congrégation particulière.
En attendant, voici deux documents qui feront connaître d'un seul coup d'œil le personnel du Concile au grand complet : 1" la liste générale des Pères et des Théologiens du Concile. — Tous les noms sont inscrits dans l'ordre où ils ont été proclamés à V Appel public fait, ce matin, pendant la Session solennelle d'ouverture; 2° la liste des Officiers Synodaux .