PÈRES DU CONCILE
S. G. Mgr le Prince Charles- Amable de La Tour d'Auvergne-Lauraguais, Patriarche, Archevêque de Bourges, Primat des Aquitaines, Métropolitain Président;
S. G. Mgr Pierre-Marie Le Breton, évèque du Puy ;
S. G. Mgr Jean-Baptiste-Pierre-Léonard Ber- TEAUD, évèque de Tulle ;
S. G. Mgr Pierre-Amtoine Lamoureux de PompiGNAc, évèque de Saint-Flour;
S. 6. Mgr Alfred Duquesnay, évèque de Limoges ;
s. G. Mgr Pierre-Gervais La Carrière, ancien évêque de la Basse-Terre, chanoine du
Premier Ordre du Chapitre de Saint- Denis;
Le T.-R. Père Dosithée, Abbé du Monastère cistercien de Fontgombault;
M. Nicolas Déjardtn, prêtre de la Société de Saint-Sulpice, Supérieur du Grand-Séminaire de Glermont^ vicaire-général et Procureur de S. G. Mgr Louis-Charles Féron, évêque de Clermont, empêché et excusé.
Chanoines délégués
Du Chapitre Métropolitain de S aint-Ê tienne de
Bourges :
M< Jacques-Étienne-Théodore Moulinet, archiprêtre de TÉglise Métropolitaine ; M. François-Félix Plat.
Du Chapitre de Notre-Dame du Puy :
M. Jean-Jacques Alirol, secrétaire-général de l'Évêché ;
M. Pierre- André- Alexandre Boussoulade, archiprêtre de la BasiUque-Cathédrale.
Ùu Chapitre de Notre-Dame de Clemumt :
M. Antoine-Auguste Teiihol, vicaire-général et secrétaire-général de l'Évèché ;
M. Benoît-Aimé Rigodon, archiprêtre de la Cathédrale et vicaire-général.
Du Chapitre de Saint-Martin de Tulle :
M. Jean-Bernard Térisse.
Du Chapitre de Saint-Flour :
M . Hugues Biffé, sous-doyen du Chapitre ; M. Alexis Brocjuin, vicaire-général.
Du Chapitre de Saint-É tienne de Limoges :
M. Marie-Auguste-Joseph Thézard, vicairegénéral ; M. Jean-Baptiste Bertrand.
Théologiens et Canoéistes appelés au Concile par nn. ss. les évêques
Par Mgr V Archevêque de Bourges :
M. Jean-Baptiste Sautereau, vicaire-général ; M. Jules-Joseph Lehas^ prêtre de Saint-Sul-
pice, chanoine honoraire de Bourges et d'Arras, supérieur du Grand-Séminairo de Bourges, Docteur en Théologie ;
M. Charles-François Druon , chanoine titulaire de Bourges, chanoine honoraire de Tulle, secrétaire de Mgr l'Archevêque de Bourges, Docteur en Théologie.
Rar Mgr FÉvêçue du Puy :
M. Michel -Marie Ménard, vicaire-général;
M. Marie-Patrice Urbe, vicaire-général;
M. Gustave-Adolphe de Pélacot, chanoine honoraire, secrétaire de TÉvéché;
Le R. P. Gabriel-Ernest Desjardins, de la Compagnie de Jésus, Préfet des Études de la Maison scolastiquede Vais;
M. Benoît Thore, prêtre de Saînt-Sulpice, directeur du Grand-Séminaire du Puy ;
M. André Clergeat, prêtre de Saint-Sulpice, professeur de Philosophie, au même Séminaire ;
M. François Adoue, prêtre de Saint-Sulpice, professeur de Morale, au même Séminaire;
je —
M« Joseph Uoure, prêtre de Saint-Sulpice, professeur de Dogme, au même Séminaire ;
M. Georges-Paul-Émile Lafay, prêtre de Saint-Sulpice , professeur d'Écriture Sainte au même Séminaire.
Par Mgr FÉvêque de Tulle :
M. Etienne Lalite, vicaire général ;
Le B. P. Pierre- Joseph Nicolas, de la Congrégation des Oblats de Marie-Immaculée ;
Le R. P. Henri Ramiëre, de la Compagnie de Jésus, promoteur et Directeur Général de Tidj^^* tolat de la Prière, rédacteur du Recueil intitulé : Études religieuses et historiques.
Par Mgr ÏÈvêque de Saint-Flour :
Mgr Guillaume Bouange, Protonotaire Apostolique, vicaire-général de Saint-Flour et de Reims, archiprêtre de Saint-Géraud d'Âurillac;
M. Antoine Pereymond, de la Congrégation des Prêtres de la Mission, supérieur du Grand- Séminaire de Saint-Flour et vicaire-général.
Jffr fErtqiÊe de lÂmoges :
M. JeKï-fiipdsIe-Léopold Dîssandes de Bo-
Y^caîre s«sénl; M. PZ^srre-lbrc YaEeix, TÎcaire- général ; M. &:îiLe Ikip«:*aL prêtre de Saint-Sulpice, di- Kfimr XX ânod-éôuiuire de Limoges.
F'jr ji T.-tL Père Abbé de Fanigombault :
lit &. P. Pjerre^ r^Uidenx de son Monastère.
Omcsss n: Cai^ciLE.
pd;$te-Lèopoid Dissandes de Bog< ^ de lioio^es.
£^à<fub# Laliti^, Ticaîre-général de Tulle.
SlfT 6g, ?jgcTtie Bouu^, Protonotaire Apos-
tolîque, vîcaire-général de Saînt-Flour et de Reims, archiprfttre de Saînt-Géraud d' Aurillac.
Vice-Secrétaire,
M. Charles-François Druon, chanoine titulaire de Bourges, chanoine honoraire de Tulle, secrétaire de Mgr l'Archevêque de Bourges.
Notaires^
M. Antoine-Augustin Teilhol, chanoine titulaire de Cleroiont, vicaire-général et secrétairegénéral de l'Évèché ;
M. Pierre- André- Alexandre Boussoulade,chanoine-archiprètre de la Cathédrale du Puy ;
M. Gustave-Adolphe de Pélacot, chanoine honoraire du Puy, et secrétaire de l'Évêché.
Maîtres des Cérémonies^
M. Pierre-Marc-Aimé Valleix, vicaire-général de Limoges ;
M. Bernard Térisse, chanoine titulaire de Tulle ;
M. Benoit-Aimé Rigodon, chanoine-archi-
Par Mgr FEvêque de Limoges :
M. Jean-Baptiste-Léopold Dissandes de Bogenet, vicaire général;
M. Pierre-Marc Valleix, vicaire- général;
M. René Dupont, prêtre de Saint-Sulpice, directeur au Grand-^Séminaire de Limoges.
Par le T.-R. Père Abbé de Fontgombault :
Le R. P. Pierre, religieux de son Monastère.
Officiers du Concile.
Promoteur^
M. Jean-Baptiste-Léopold Dissandes de Bogenet, vicaire- général de Limoges.
Vice-Promoteur, M4 Etienne Lalite, vicaire-général de Tulle.
Seerétairey Mgr Guillaume Bouange, Protonotaire Âpos-
tolique, vicaire-général de Saint-Flour et de Reims, archiprAtre de Saint-Géraud d'Aurillac.
Vice-Secrétaire,
M. Charles-François Druon, chanoine titulaire de Bourges, chanoine honoraire de Tulle, secrétaire de Mgr TArchevêque de Bourges.
Notaires,
M. Antoine-Augustin Teiihol, chanoine titulaire de Clerniont, vicaire-général et secrétairegénéral de VÉvèché ;
M. Pierre-André- Alexandre BoussouIade,chanoine-archiprètre de la Cathédrale du Puy ;
M. Gustave-Adolphe de Pélacot, chanoine honoraire du Puy, et secrétaire de l'Évêché.
Maîtres des Cérémonies^
M. Pierre- Marc-Aimé Valleix, vicaire-général de Limoges ;
M. Bernard Térisse, chanoine titulaire de Tulle;
M. Benoit-Aimé Rigodon, chanoine-archi-
prêtre de la Cathédrale de Clermont, vicaire-général ;
M. Georges-Paul-Émile Lafay, directeur et professeur d'Écriture Sainte au Grand-Séminaire du Puy.
Le Poj, lundi 6 octobre.
Notre grande cérémonie d'hier matin mérite* rait, à elle seule, une ample description que ne me permettent pas d'entreprendre mes trop courts loisirs, et que ne comporterait pas, d'ailleurs, le cadre restreint de ces Notes. — Je relate simplement^ à plume courante, quelques détails essentiels empruntés, en grande partie, à Y Écho du Velay.
A huit heures et demie, les divers membres du Concile quittaient l'église du Grand-Séminaire pour se rendre processionnellement à la Basili'^ que Cathédrale, où ils firent leur entrée par le
Grand Escalier, après avoir suivi les rues Saint- Georges^ de r Ancienne-Préfecture y places du Greffée et de la Haute-Ville.
Bien que les habitants du quartier n'eussent pu être avertis qu'au dernier moment du choix définitif de cet itinéraire, leur pieux empressement leur avait fourni le temps et le moyen de dresser des arcs de triomphe, de suspendre des couronnes et des guirlandes, d'orner leurs maisons de tentures et de faire flotter à toutes leurs fenêtres les plus gracieuses banderoles.
Âu moment où le cortège se mit en marche, les cloches de la ville, dont une première volée avait salué déjà l'aurore de cette belle fête, se firent entendre toutes ensemble, mêlant leurs voix sonores à la voix grave et suppliante des prêtres qui chantaient les Litanies des Saints.
Après les ecclésiastiques, appelés à divers titres à faire partie du Concile, venait le vénérable Chapitre de Notre-Dame du Puy, précédant immédiatement le cortège épiscopal, à la tète duquel marchait, revêtu do la chape aussi bien que les Évftques, le vénérable M. Déjardin, Procureur de Mgr TÉvêque de Clermont ; après- lui, le T.-R. P. Abbé de Fontgombault, portant sa crosse de bois ; ensuite Mgr rÉvêquo de Tulle, Mgr l'Évêque du Puy, Mgr rÉvêque do Limoges, Mgr TÉvêque de Saint- Flour; enfin Mgr TArchevêque de Bourges, précédé de sa riche Croix patriarcale à double croisillon.
Chaque Evêque, revêtu de la chape rouge, portant la crosse et la mitre, s'avançait entouré de ses assistants, précédé et suivi de ses porteinsignes.
Sur le passage de cet imposant cortège, une foule édifiée et recueillie se mettait à genoux et s'inclinait avec respect et reconnaissance sous
les bénédictioDs répétées des vénérables Pontifes.
Arrivés à la Cathédrale, NN. SS. les Évêques ont pris place dans le chœur, en face du trône de Mgr le Métropolitain, le long de la grille, du côté de l'Épitre, sur des prie-Dieu et des fauteuils, ornés d'écussons auK armes de chaque Prélat.
Les Officiers du Concile se sont disposés dans le chœur suivant Tordre de leurs fonctions ; les autres membres du clergé synodal sont restés en dehors, devant la table de communion.
L'insigne Basilique de Notre-Dame-du-Puy a revêtu pour cette fête ses plus riches atours. L'antique et miraculeuse Madone apparaît sur un trône resplendissant au-dessus du maîtreautel. Les murailles et les piliers du sanctuaire disparaissent, du pavé à la voûte, sous de frai* ches tentures bleues, jaunes et blanches, cou-
vertes d'ingénieux emblèmes^ d'inscriptions touchantes, et d'invocations pieuses qui rappelaient la puissance et la bonté de Marie. A la voûte sont suspendues d'immenses oriflammes aux couleurs de la Vierge et à celles du Souverain-Pontife, se mariant dans une gracieuse symétrie. Autour de l'autel, on a disposé et étalé de magnifiques ex-voto^ dons de toute nature, cierges, lampes, cœurs d'or et d'argent, étendards et bannières, que divers pèlerinages ont récemment apportés aux pieds de la Vierge bénie. Enfin, l'autel est paré comme aux plus grands jours de fête et l'on a. déployé les plus beaux ornements.
La Cérémonie a commencé par le chant de la Messe votive de Spiritu Sancto, pendant laquelle tous les membres du Concile, à l'exception des Évèques, ont reçu la sainte communion des mains du Métropolitain, a Célébrée par Mgr V Archevêque de Bourges, cotte messe, » dit rEcho du Velat/y a recevait de la dignité du
Pontife^ de la distiûctioû des ministres, de la présence des Évêques et des menbres du Concile, de l'assistance d'un Clergé nombreux et de la foule immense qui encombrait les vastes nefs de l'édifice, une solennité extraordinaire. »
Il est juste de consigner ici un mot d'éloge bien mérité à l'adresse du Maître de Chapelle et de l'Organiste de la Basilique, qui ont rivalisé de zèle et de talent pour donner le plus grand éclat possible à cette pompe religieuse.
Ce n'est qu'après la Messe que commencent, à proprement parler, les Prières et les Cérémonies sacrées prescrites par le Pontifical pour l'ouverture des Conciles.
Après le chant de l'Évangile, Mgr l'Archevêque a entonné l'hymne Vent Creator, qui fut repris et enlevé jusqu'à la fin avec une ardeur indescriptible par le Clergé et par la multitude des assistants.
Alors, du marchepied de Tautel, Mgr de La Tour d'Auvergne adressa à la réunion conciliaire une très - remarquable allocution latine, dont le ton magistral, l'exquise délicatesse des pensées, aussi bien que l'élégance et la pureté de la forme, nous ont rappelé avec un rare bonheur l'ampleur de langage et l'autorité de doctrine du grand Archevêque de Milan lorsqu'il présidait^ lui aussi, ses assemblées synodales. Nos confrères seront heureux de retrouver ce discours dans le volume des Actes du Concile.
L'illustre Évéque de Tulle est ensuite monté en chaire ; et se faisant^ auprès des fidèles, l'interprète des sentiments qui animaient tous les Pères du Concile, il a démontré le but de leur réunion .
Avec cette élévation de pensées, cette sublimité d'aperçus qui lui sont propres, et qu'il a le don d'exprimer dans un langage original et pittoresque, qui n'appartient qu'à lui et dont il a seul le secret^ l'éloquent orateur a parlé de la
Miision du Verbe Incarné: répandre la Vérité dans le monde. C'est afin d'accomplir celte noble mission que le même Verbe Divin a fondé rÉglise et qu'il a voulu accorder rinfaillibilité à son chef, le Souverain-Pontife.
Ce point fondamental étant posé, Mgr Berteaud a établi l'autorité et l'utilité des Conciles, tant œcuméniques que provinciaux.
Le Prélat a terminé en se félicitant, au nom des Pères du Concile, de se trouver réunis dans la chrétienne ville du Puy, dans ce sanctuaire si privilégié de la Très-Sainte Vierge, et en exhortant chaleureusement tous les fidèles à adresser à Marie, Reine de la France, Patronne de la cité et du diocèse du Puy, de ferventes et constantes prières. « Dans le plan de l'Incar-^ nation, le Verbe de Dieu, Notre-Seigueur Jésus* Christ, ayant voulu tout recevoir par Marie, Celle-ci est restée, en échange, toute puissante sur le cœur de son Fils : nul doute, donc qu'Elle ne protège nos travaux et ne consente, si nous l'en prions, à implorer pour toute cette chère Province de Bourges les miséricordes
et les bénédictions du Cœur Sacré de Jésus, a La parole de Monseigneur de Tulle, écoutée avec une sainte avidité et une attention sympathique, a produit sur Tauditoire une impression profonde et douce^ dont chacun aimera à garder le souvenir.
Le sermon achevé, Mgr l'Archevêque fit lire, par les Secrétaires, une série de sept Décrets ayant pour objet :
Le premier, Y Ouverture du Concile ;
Le deuxième, la Nomination des Officiers Synodaux ;
Le troisième, le Règlement de vie pendant le Concile \
Le quatrième, Y Appel du Clergé synodal ;
Le cinquième, la Garantie des droits d'un chacun ;
Le sixième, Y Emission de la Profession de Foi;
Le septième enfin, Y Indiction de la prochaine Session pu-bliquej
Tous ces Décrets, sauf les deux premiers, ont été promulgués sur Tinstance du Promoteur, lequel s'avançait pour cela, conduit par un Maître des Cérémonies, jusqu'auprès du Métropolitain, qui était assis au fauteuil, sur le marchepied de l'autel.
V Appel nominal s'est fait suivant l'ordre indiqué dans ma dernière lettre. Chaque membre du Concile, en entendant proclamer son nom, se levait et répondait : Adsum.
En ce qui concerne la Profession de Foi^ la Formule édictée par Pie IV ayant. d'abord été lue, à haute voix, par l'un des Secrétaires, tout le monde se tenant debout, chacun des Pères s'est avancé vers le milieu du sanctuaire, et là, à genoux, la main posée sur le livre des Evangiles, a prêté serment dans les termes suivants :
oc Ego N. idem spondeo^ voveo ac jura : sic me Deus adjuvet et hmc sancta Dei EvangeHa. »
A la suite des Evègues, tous les membres du Concile, allant deux à deux, ont accompli la même cérémonie.
Je dois signaler une dernière formalité^ prescrite par les saints Canons, qui prouve de quelle prudence, de quelle prévoyance, de quelle sagesse TÉglise entoure ses délibérations. Les fidèles y trouveront un motif de plus de recevoir avec respect et déférence les décisions émanées du Concile provincial.
Donc, avant la promulgation du Décret qui clôture la Première Session et annonce la Deuxi^ime, le Secrétaire du Concile va supplier Mgr le Métropolitain Président de daigner promettre qu'il ne divulguera rien des choses qui se diront dans les Congrégations^ soit générales, soit particulières^ et ne rendra public aucun des Décrets synodaux, avant que ceux-ci n'aient été revêtus de l'approbation du Souverain- Pontife.
Mgr l'Archevêque^ après avoir donné sa parole, requiert et reçoit la même promesse de ses vé-
nérables Frères, les Évèques^ et de tous les autres membres du Concile.
De son côté, le Promoteur demande aux Notaires de rédiger le Procès-verbal de cette Première Session en triple exemplaire. Le premier de ces exemplaires est destiné au Souverain- Pontife; le second doit être conservé aux archives de l'Archevêché de Bourges, et le troisième au Secrétariat de TEvèché du Puy.
La Cérémonie étant terminée vers midi et demi, le cortège conciliaire est retourné procèssionnellement au Grand-Séminaire par la rue Saint-Georges^ en chantant le le Deum.
Le Puy, lundi soir 6 octobre.
Nous avons eu ce matin, à neuf heures, une Première Congrégation générale. Mgr l'Archevêque, dans un exposé plein de précision et de clarté, a fait connaître Tensemble des matières qui doivent être traitées dans le présent Concile provincial.
Ces diverses matières se rattachent à six titres spéciaux et ont été partagées entre Six Congrégations particulières^ dont voici )a composition, telle qu'elle a été arrêtée par les Pères, réunis, hier soir, en Congrégation privée, et telle qu'elle a été publiée aujourd'hui en Congrégation générale.
PREMIÈRE CONGRÉGATION De Fide.
Président: Mgr TÉvêque de Tulle.
Vice-Président : M. Déjardin, Procureur de Mgr rÉvèque de Glermont, vicaire général et Supérieur du Grand-Séminaire.
Secrétaire: Le R. P. Desjardins, S. J*
Théologiens : M. Plat, chanoine de Bourges*
M. Térisse, chanoine de Tulle.
Le R. P. Nicolas, oblat de Marie-Immaculée.
M. Clergeat, professeur de Philosophie au Grand-Séminaire du Puy.
Cette Première Gongrégation, ainsi que son titre l'indique, s'occupera des questions qui regardent la Foi : De rébus ad Fidempertinentibus^ , et spécialement de la Promulgation à faire conctliairement des Décrets du Concile Œcuménique du Vatican et de l'Encyclique Quakta cura avec le Stixabus ; 2^ de la Condamnation de certaines erreurs contemporaines, notamment du Solidarisme et du Laïdsme.
Elle tiendra ses réunioas chez son vénérable Président, Mgr TÉvèque de Tulle.
DEUXIÈME CONGRÉGATION De Stndiis ecclesiasticis.
Président; Mgr TÉvêque de Saint-Flour.
Vice-Président: M. Lebas, supérieur du Grand- Séminaire de Bourges.
Secrétaire : M. Dupont, directeur au Grand- Séminaire de Limoges*
Ihéologiens: M. Ménard, vicaire général du Puy.
M. Bertrand, chanoine de Limoges.
Le R. P. Ramière, S. J.
M. Thore, directeur du Séminaire du Puy.
M. Lafay, professeur d'Écriture Sainte ibid.
Rechercher ce qu'il y aurait à faire : 1" pour préparer et former les jeunes clercs; 2® pour fortifier les études ecclésiastiques dans les Sé?ninaires ; étudier, dans ce but, la question du Rétablisse-
ment des facultés de Théologie ^ des Grades canoniques et du Concours pour les cures:
telle est la tâche de cette Seconde CoDgrégation intitulée : De InstituHone clericorum et de Studiis ecclesiasticis.
Elle se réunira dans la Salle de Philosophie.
TROISIÈME CONGRÉGATION De Casibus reservatis.
Président : Mgr TÉvêque du Puy.
• Vice-Président: M. Sautereau, vicaire général de Bourges.
Secrétaire : M. Péreymond, prêtre de la Mission, vicaire général et supérieur du Grand- Séminaire de Saint-Flour.
Théologiens: M. Valleix, vicaire général de Limoges.
M. Teilhol, chanoine, secrétaire général de rÉvèché et vicaire général de Clermont.
M. Adoue, professeur de Morale au Grand- Séminaire du Puyé
M. Roure, professeur de Dogme au même Séminaire.
L'étude des Cas réservés sera l'objet spécial de cette Troisième Congrégation. Elle aura à s'occuper: 1* de la Promulgation de la Bulle ÂPOSTOLic^ Sedis, après avoir élucidé diverse points qui s'y rattachent ; 2* de l'adoption dans les six diocèses de la Province d'un Elenchus uniforme des Cas réservés aux Evêques.
Lieu de réunion : chez Mgr l'Évèque du Puy.
QUATRIÈME CONGRÉGATION De Hinisterio pastoral! .
Président : Mgr l'Évéque de Limoges.
Vice-Président: Le T. R. P. Abbé de Font gombault.
Secrétaire : M. Moulinet, archiprètre de la Métropole de Bourges.
Théologiens : M. Rigodon, chanoine-archiprêtre et vicaire général de Clermont;
M. Boussoulade, chanoine-archiprètre de Nolre-Dame-du-Puy ;
M. Broquin, chanoine de Saint-Flour et vicaire général ;
M. De Pélacot, chanoine honoraire du Puy^ secrétaire de TÉvêché ;
Le R. P. Pierre, du monastère de Fontgombault.
Le programme des matières conciliaires assigne à cette Congrégation toute une série de questions pratiques, qui regardent le ministère pastoral : la question du Catéchisme et de X Instruction des enfants; la question. des Ecoles; la question de la Prédication; la question de V Administration des Sacrements et de la Sépulture chrétienne; la question de V Administration temporelle des Paroisses; enfin la question des Œuvres Catholiques à établir ou à renouveler, à réchauffer et à entretenir.
Les réunions auront lieu dans la Sacristie,
CINQUIÈME CONGRÉGATION De Disciplina.
Président: Mgr La Carrière, ancien Évêquede la Basse-Terre, chanoine de Saint-Denis.
Vice-Président: M. Urbe, vicaire général du Puy.
Secrétaire: M. Dissandes de Bogenet, vicaire général de Limoges .
Théologiens : M. Lalite, vicaire général de Tulle ;
M. AJirol, chanoine, secrétaire général de l'Évêché du Puy;
M. Biffe, chanoine de Saint-Flour;
M. Thézard, chanoine et vicaire général de Limoges.
Les questions relatives: 1® à \ Observance et à ïa Révision du dernier Concile de Clermont ; 2* aux Honoraires de Messes; y au Rétablissement des Officialités diocésaines rentrent dans les attributions de cette Congrégation, qui tiendra ses séances dans la salle de la Bibliothèque é
SIXIEME CONGREGATION De Decretis.
Président: Mgr TArchevêque de Bourges.
Se&étaireS'Théologiens : Mgr Bouange, Protonotaire apostolique, vicaire général de Saint- Flour, archiprètre d'Aurillac^ et Secrétaire du Concile.
M. Yaileix, vicaire général de Limoges;
M. Druon, chanoine de Bourges, et Yice- Secrétaire du Concile ;
M. Boussoulade, chanoine-arcbiprêtre de Notre-Dame-du-Puy.
M. LeR. P.Ramière,S. J;
M. Le R. P. Desjardins S. J;
Cette Congrégation est chargée de la Rédaction des Décrets. *
Elle se réunira chez Mgr l'Archevêque, son Président,
Je borne là mes renseignements pour aujourd'hui. C'est, du reste, tout ce que le Règlement du Concile me permet de livrer en ce moment au public * .
^ Ces Notes ne donnant que des indieations générales et ne relatant que les circonstances purement extérieures du Concile, sans faire connaître aucune décision ni divulguer un seul mot de ce qui a été dit dans les Congrégations, soit particulières, soit générales, leur publication, on le comprendra, ne saurait constituer une infraction quelconque à la loi du silence.
Le Puy, mercredi 8 octobre.
Les trois premières journées nous ont complètement initiés à la vie intime et aux travaux du Concile. En effet, nous avons vu, dans ce laps de temps une Session solennelle ; nous avons assisté à une Congrégation générale; les Congrégations particulière^ se sont réunies plusieurs fois, ainsi que la Congrégation des Èvégues.
J^ai parlé assez longuement, dans une précé-* dente lettre, de la Session publique d'Ouverture. Aujourd'hui, je voudi'ais donner quelques notions sur les différentes Congrégations précitées. Le lecteur connaîtra ainsi l'organisation
complète et réconomie de notre Concile Provincial.
P Congrégation des Évêques. — La Congrégation des Évêques, appelée aussi Congrégation privée^ se compose des Pères du Concile, auxquels sont adjpints le T.-R. P. Dosithée, Abbé de Fontgombault, et M. Déjardin, Procureur de Mgr TEvêque de Clermont. Cette Congrégation forme, à proprement parler, tout le Concile. Elle est le centre et l'âme de tout ce qui s'y fait. Tout part de là; tout passe parla; tout revient là; tout se conclut là. C'est, en effet, la Congrégation des Évêques, qui d'a[bord introdurt^ accepte, propose et. détermine les questions conciliaires, de même que c'est elle encore qui juge en dernier ressort, adopte ou rejette les Décrets formulés et les vœux exprimés.
Les Évêques tiennent leurs réunions privées, tous les jours, à cinq heures du soir, dans l'appartement et sous la présidence de Mgr le Métropolitain. U est rare que les séances do
cette Congrégation épiscopale ne se prolongent pas jusqu'à sept heures.
Mgr Bouange assiste à la Congrégation des Évèques, en qualité de Secrétaire.
II* Congrégations Particulières. — Les Congregâtions particulières^ dont j'ai fait connaître précédement le nombre, les membres et les attributions respectives, sont chargées d'étudier avec soin les matières spéciales qui leur sont confiées par le Président du Concile; de les approfondir, de les discuter, d'élaborer des projets de Décrets.
Elles se réunissent tous les jours, chacune dans le local qui lui a été assigné ; une première fois dans la matinée, à neuf heures ; une seconde fois, à trois heures du soir, lorsqu'il n'y a pas de Congrégation générale.
IIP Congrégations Générales. — Les Con^ grégations générales se composent de tous les
membres réunis du Concile. Elles se tiennent dans la grande Salle d! oraison et sont présidées par Mgr l'Archevêque. On y donne lecture des projets de Décrets élaborés dans les Congrégations particulières, et déjà adoptés, quoique d'une manière non encore définitive, par la Congrégation des Évêques.
Les Congrégations générales s'assemblent avec une certaine solennité et un certain appareil extérieur. Les Évêques, revêtus du rochet et de la mozette, sont assis, par ordre hiérarchique, suivant leur dignité ou leur rang d'ancienneté, sur une large estrade à double gradin, appuyée contre l'un des murs latéraux de la salle, dans le sens de la longeur. Les Officiers synodaux occupent des places réservées, à droite et à gauche de la table où siègent les Prélats, tandis que les autres membres du Concile, Chanoines délégués. Théologiens et Canonistes, tous en habits de chœur, sont rangés sur les bancs, le long de la muraille qui fait face à l'estrade.
Au milieu de la salle, vis-à-vis le fauteuil du Métropolitain Président, on a dressé une sorte
de trône ou d* autel, convenablement décoré, sur lequel est exposée la précieuse châsse renfermant les reliques de saint Georges, premier Évêque du Puy, et celles des saints Agrippin et François Régis, apôtres du Yelay. A droite et à gauche du reliquaire, sur de riches coussins en velours cramoisi, Ton voit le Livre des Saints Évangiles et le volume des Canons du Concile de Trente.
Au commencement de chaque séance, tout le monde étant debout, Mgr le Président récite la prière Adsumus du Pontifical, et, à la fin, on dit le Sub tuum, à genoux.
Tout se passe ici régulièrement, selon les prescriptions des saints Canons, et conformément aux usages suivis ab antiquo dans la tenue des Conciles provinciaux. Or, chacun sait avec quelle sagesse et quelle maturité TÉglise a coutume de procéder dans les assemblées de ce genre. Toute décision synodale, avant d'être
promulguée en Session solennelle^ a dû préalablement subir une triple épreuve : un premier examen de la Congrégation privée des Évèques ; une étude approfondie et une discussion sérieuse dans Tune des Congrégations particulières ; enfin, après une nouvelle révision dans la Congrégation des Évèques, la lecture en Congrégation générale avec discussion publique, s'il y a lieu.
Lors de la lecture des projets de Décrets en Congrégation générale, chacun des assistants, sans acception de personne ou de dignité^ a le droit de présenter en toute liberté ses observations et de soumettre ses objections, et ses doutes.
Voici l'ordre qu'on observe dans ce cas :
Le théologien qui désire prendre la parole, après en avoir obtenu la permission de Mgr le Métropolitain-Président, se lève et expose en peu de mots ses doutes et ses difficultés, les additions^ suppressions ou amendements qui
lui sembleraient utiles, ayant soin de motiver toujours chacune de ses observations.
Mgr TArchevèque répond immédiatement à l'objection et résout les difficultés proposées; ou bien, quelquefois, si les propositions émises semblent réclamer un nouvel examen des Pères du Concile, il charge les Notaires d'en prendre note.
Le premier théologien ayant été entendu, un autre se lève et procède de même pour exposer son sentiment, sans que l'on voie jamais ces observations dégénérer en une discussion irritante : ce qui, non-seulement serait contraire aux saintes Règles, mais tout à-fait déplacé dans une assemblée essentiellement pacifique, dont tous les membres sont unis par les liens de la plus étroite charité.
Je termine ces Notes relatives aux diverses Congrégations, en citant une page extraite du Journal dun membre du Concile ^ et que j'aime à mettre sous les yeux de mon lecteur, parce
qu'elle caractérise de main de maître l'esprit profondément chrétien et sacerdotal qui dirige notre vénérable assemblée :
<r Dans un Concile, les Congrégations particulières ne doivent pas craindre d'exprimer des opinions d'une certaine hardiesse. Outre que, dans les Congrégations générales, il y a plus de lumières et par suite plus de mesure et de justesse, la Congrégation des Évêques et l'Esprit-Saint sont là pour tout redresser et tout décider. Un des Pères du Concile nous le disait un jour : a Vraiment ici l'on sent Dieu a et l'on admire comment, dans la Congrégation « des Évêques, l'accord se fait vite sur ce qu'il y « a de plus vrai, de plus sage, de plus oppor- « tun. » Il n'y a pas là seulement la sagesse personnelle de ceux à qui Dieu a confié les destinées des diocèses de la Proviuce; il y a la sagesse du Seigneur : il semble que l'on saisisse sur le fait l'assistance du Saint-Esprit.
(( Le Domtnus volnsctinij si souvent répété
dans les saints offices, et si souvent exaucé, même pour les affaires humaines, Test surtout quand il s'agit des choses spirituelles. Dans une assemblée conciliaire, on éprouve le besoin d'adorer, en reconnaissant la vérité de cette divine parole : a Je suis avec vom jmqu*à la consommation des siècles ' . »
* Extrait du Journal d'im membre du Concile,
Le Puy, samedi il octobre.
La semaine qui s'achève a été laborieuse et bien remplie pour tout le monde. Les nombreux et importants travaux du Concile ont été conduits et poussés avec une grande énergie et une constante activité dans les six Congrégations particulières. Malgré cela, nous sommes encore loin du but; et Ton peut augurer que la seconde semaine ne sera ni moins remplie, ni moins chargée que la première.
Outre la Conférence préparatoire, la veille de l'ouverture, et la séance de dimanche, dont il a déjà été fait mention, les Pères du Concile ont
tenu, dans le cours de cette semaine, quatre autres réunions privées ; mardi, mercredi^ jeudi, à cinq heures du soir^ et vendredi à dix heures du matin .
Les Congrégations particulières se sont assemblées : deux fois par jour les lundi, mardi, mercredi, vendredi, et une seule fois jeudi et aujourd'hui samedi : elles comptent par conséquent dix réunions pour la semaine.
L'une des six Congrégations^ celle de Studiis ecclesiasticis a déjà terminé toute sa besogne : cette Congrégation se trouvant dissoute par làmême, ses membres seront versés dans les autres Congrégations.
La sixième Congrégation, chargée de la rédaction des Décrets, de Decretis concinnandis, n'avait pu se réunir en même temps que les autres Congrégations, aucun Décret n'étant alors préparé. Le mardi, à onze heures du matin^ elle fut convoquée chez Mgr TArchevèque, son Président, qui lui donna ses instruc-
lions et ses conseils sur la meilleure méthode à suivre pour l'accomplissement de sa tâche.
De Tagrément des Pères du Concile, notre Congrégation s^est adjoint, comme écrivains ou copistes auxiliaires, trois élèves du Grand-Séminaire : MM. Jean-Baptiste Thivel, André Bauzat et Jean Gaudet, sur lesquels elle se déchargera du soin de transcrire les trois exemplaires obligés des Décrets et des Actes historiques du Concile.
Quant aux Congrégations générales^ nous en avons eu trois dans le cours de cette semaine : la première lundi, la deuxième jeudis à neuf heures du matin ; la troisième aujourd'hui samedi, à trois heures de l'après-midi.
J'ai indiqué ailleurs ce qui s'est passé dans la première de ces réunions.
Dans la seconde, M. Lebas^ Supérieur du Grand-Séminaire de Bourges, a donné lecture
d'un très-remarquable travail dont il est l'auteur : le Schéma et plusieurs Décrets concernant l'éducation des Clercs : De informandis Clericis. , Enfin, dans la troisième Congrégation générale, tenue ce soir même, après lecture faite, par M. Lebas, de la première partie du Schéma de sttidiis ecclesiasticis^ les Secrétaires ont lu, à leur tour, une série de Décrets qui doivent être publiés, demain, en Session solennelle.
Au milieu de ôes travaux incessants, et nonobstant les préoccupations si graves et si multipliées qui nous absorbent, nous vivons très-heureux au sein du Concile. Une véritable fraternité chrétienne et sacerdotale s'est établie dès le commencement et continue à régner parmi nous sans aucun nuage. Personne ne s'ennuie; nul ne songe à se plaindre de quoi que ce soit ; chacun trouve, au contraire^ que le temps s'écoule trop rapidement; et ce n'est pas sans éprouver un très-vif et très-sincère regret que nous entrevoyons déjà le jour de la séparation. II est $î
agréable, il est hi consolant d'éprouver de nouveau dans cette chère retraite la vérité de ces paroles du Psalmîsle: Eccequàm bonum et quàm jucundum habitare fratres in unum !
En fait, nous retrouvons ici la vie du Séminaire, avec tous ses charmes et ses avantages.
Une douce et sainte Règle ^ détermine l'emploi de tous nos instants et nous impose le joug et le mérite de l'obéissance ; mérite précieux et joug plein de douceur, rendus tels surtout par les
* Règlement du Concile :
5 heures J /2 : Lever; Oraison; Célébration de la Sainte Messe; Récitation du Saint-Office en particulier.
7 heures j /2 : Messe conciliaire, à laquelle doivent assister tous les membres du Concile.
9 heures : Congrégations particulières.
41 heures 3/4 : Examen de conscience ; Dîner et Récréor tion jusqu'à 1 heure 1/2, après midi.
3 heures : Congrégation générale»
1 heures : Souper suivi d'une courte Visite au Très- Saint Sacrement et de la Récréation.
8^ heures 1/2 : Prière du soir, en commun.
S. G. Mgr l'Archevêque de Bourges a officié deux fois
beaux exemples que nous offrent journellement ceux qui sont nos pères par la bonté et nos modèles par la science plus encore que nos supérieurs par la dignité et Tautorité dont ils sont revêtus.
C'est un spectacle non moins admirable que touchant de voir la fidélité scrupuleuse avec laquelle NN. SS. les Évoques observent le règlement, se soumettant au silence, à la ponctualité et aux différents exercices communs, comme de jeunes séminaristes aux jours de leur plus grande ferveur cléricale.
Les Pères nous représentent nos anciens Mai-
pontificalement : le jour de rouverture et le jour de la clôture du Concile. Aux trois autres sessions, Sa Grandeur n*a célébré qu'une Messe basse.
Les jours ordinaires la Messe synodale était dite par Tun des Pères du Conciles.
Mgr TÉvêque du Puy l'a dite le lundi 6 et le samedi il octobre;
Mgr l'Évêque de Tulle, le mardi 7, le lundi 13 et le vendredi 17;
MgrrÉvéque de St-Flour, le mardi 8 et le mercredi 14;
Mgr TÉvêque de Limoges, le jeudi 9 et le jeudi 16;
Le T. R. P. Abbé de Fontgoniault, le vendredi 10;
Mgr La Carrière souffrant n'a pu célébrer à son tour.
tres et Directeurs par leur bienveillance, leur sincère modestiô et leur ardente piété.
Les autres prêtres, nos collègues, quoiqu'ils soient presque tous vénérables pour avoir blanchi dans les labeurs du sacerdoce, nous rappellent nos condisciples d'autrefois et nous édifient par leur gravité simple, leur charité pleine de condescendance, leurs procédés toujours empreints de la plus exquise urbanité.
Mgr l'Archevêque a la sainte ambition de surpasser tout \ê monde par sa régularité comme par ses aimables empressements à l'égard de tous, évêques ou simples prêtres ; et chacun reconnaît sans peine que la palme lui appartient sous ce double rapport, comme sous tous les autres.
a Ses bons procédés, » écrit un membre de notre assemblée, « à Tégard des Pèces et des aides du Concile touchent tout le monde et dénotent en lui une foi et une piété véritablement
agissantes. L'amour de TÉglise pardi embraser son âme : il n'a rien tant à cœur que ses droits et sa liberté : » Vous êtes notre saint Charles, o lui disait un jour le vénérable Évèque de Tulle, en le comparant au grand Archevêque de Milan.
ce Monseigneur de Tulle est le plus âgé des Prélats et Mgr l'Archevêque le plus jeune. Il est touchant de voir plusieurs fois le jour, k la sortie des divers exercices, le Métropolitain donner gracieusement le bras à son sutfragant brisé par l'âge. Ce secours, offert avec empressement et accepté avec joie, c'est bien l'exemple de la charité chrétienne. « Monseigneur est si touché des attentions délicates du Président du Concile, » me disait un des Prêtres de Tulle, « qu'il ne saurait rien lui refuser. »
Ce n'est pas à moi qu'il appartient de louer Mgr l'Archevêque de Bourges; mais j'aurais mauvaise grâce à renoncer au plaisir de reproduire, dans mon petit écrit, la page éloquente
que j'ai eu la bonne fortune de trouver sous la plume élégante d'un aimable collègue... que je devine bien^ mais que je ne nommerai pas... quoique j'aie grande envie de le faire....
c Durant les repas, on nous lit les discours synodaux de saint Charles Borromée et des chapitres de son histoire, particulièrement ceux qui ont trait aux célèbres Conciles provinciaux de Milan; cette lecture éclaire et enflamme. J'y ai surtout remarqué un passage qui s'appliquait admirablement bien au Président du Concile du Puy. »
Voici le passage mentionné par notre collègue de Clermont dans son Journal :
Quand il était à l'autel ou dans son siège épiscopal, revêtu de ses habits pontificaux, il s'y tenait avec un air si majestueux, qu'il n'y a pas de paroles qui soient capables de l'exprimer. Le Père Achille Galliardi en parle en ces termes dans la déposition qu'il a faite pour sa canonisation : « Il répandait partout une odeur de sain-
c( teté, et il se comportait avec tant de modesce tie, qu'il imprimait dans les esprits un proa fond respect* Je me souviens que lorsque j'asce sistais aux synodes et aux autres cérémonies a extraordinaires, il me venait souvent dans la a pensée que quand une personne aurait été « aussi contraire au bon ordre que ce malheu- « reux prophète Balaam, elle n'aurait pu pour- « tant s'empêcher, en voyant la majesté avec « laquelle il les faisait, de s'écrier : Quant pula chra tabemaciila Jacob y et tentoria tua Israël!. . . a Ut valles nemorosœ^ ut horti juxta fluvios irri- « guiy ut tabemacula^ quœ fixit Dominas. »
Il est certain que chacun de nous emportera de ce Concile un souvenir ému et pénétré d'admiration pour le savoir et la vertu des Prélats vénérés qui nous procurent une si profonde édification.
Une indisposition^ qui, nous l'espérons, n'aura aucune suite grave, a forcé Mgr La Carrière,
Président de la cinquième Congrégatîou De Disciplina, d'interrompre, dès mercredi dernier, la part qu'il prenait aux travaux du Concile.
Une raison analogue a obligé le Vice-Président de cette même Congrégation, M. Urbe, vicaire général du Puy, de s'arrêter tout court au début de nos actions conciliaires.
M. le chanoine Thézard a dû également quitter le Concile, hier vendredi, rappelé à Limoges par un douloureux événement.
Le Puy, dimanche 12 octobre, Fête de la Maternité de la T.-S. Vierge.
La Deuxième Session du Conciio provincial a eu lieu aujourd'hui, à neuf heures du matin, dans la Basilique-Cathédrale. La cérémonie s'est accomplie dans le même ordre et n'a pas été moins imposante que la Session d'ouverture.
Après le saint Sacrifice de la Messe, célébré par Mgr l'Archevêque de Bourges, assisté de son vicaire général et de son secrétaire, Mgr Duquesnay, Évêque de Limoges, est monté en chaire et a adressé au peuple immense qui sq pressait dans l'enceinte sacrée, un grand et beau
discours sur les Destinées et les'Gloires de FEpis^ copat catholique .
J'extrais de l'intéressant •/owrwa/cTwn membre du Concile^ déjà cité, l'appréciation suivante sur Mgr Duquesnay :
a Monseigneur de Limoges a parlé à la Cathétrale, le jour de la deuxième Session publique. Il n'a épuisé dans sa vie apostolique, malgré un travail sans relâche, ni son zèle, ni ses forces. C'est toujours la même abondance, la même verve, la même chaleur, la même faculté de parler aux masses le langage qui leur convient particulièrement. Son ardeur en chaire rappelle à ceux qui l'ont connu le feu dont il brûlait dans les premières années de son sacerdoce. Sa prodigieuse activité n'a pas usé la lame ; le fourreau seul semble avoir subi un certain affaissement. A peine arrivé à Limoges, il a entrepris avec intrépidité l'achèvement de sa belle Cathédrale, sans autre assurance de succès gue son espoir en Dieu et la volonté de dépenser, pour cette
œuvre, ses deux plus grandes ressources : son zèle infatigable et sa l'obuste constitution. Il semble qu'il ait dit, comme saint Paul : ce Je donnerai très-volontiers tout ce que j'ai^ et je me donnerai surtout moi-même. »
Le puissant orateur a dit d'abord ce que sont les Évêques dans TÉglise, le rang qu'ils occupent dans la sainte hiérarchie, l'action et l'influence exercée par eux... Il a montré que les Évêques, en la personne des Apôtres, ont fondé l'Église, et que, depuis son établissement, ils en sont encore les plus fermes soutiens.
Et, en effet, comme juges de la foi, ils gardent intact le dépôt des vérités divines : les Conciles, et en particulier le dernier Concile du Vatican, en sont autant de preuves éclatantes.
D'ailleurs, par les Sacrements dont Us ont la dispensation suprême et que nul ne peut conférer sans en avoir reçu d'eux le pouvoir, ils sont le principe de la génération sainte par la-
quelle se perpétue ici-bas et se renouvelle iacessamment le corps mystique de Jésus-Christ.
Puis, Mgr Duquesnay a tracé l'histoire de leurs œuvres, de leurs travaux^ de tout ce qu'ils; ont accompli depuis les premiers siècles jusqu'à nos jours, pour le bien de l'Église et même pour la prospérité de la société civile. — Il a démontré, par des monuments d'une authenticité inconstestable, la grande part qu'ils ont prise à la formation et à la civilisation des peuples, les vertus éminentes qui ont paru en eux, leur science étendue, leur zèle ardent pour la défense de la Religion, leur fermeté d'âme, leur constance invincible; enfin, le dévouement avec lequel ils ont exposé leur vie dans les dangers pressants ou les grandes calamités pour assurer le salut, des brebis dont Jésus-Christ leur avait confié la garde.
En terminant, l'illustre Évêque a signalé comme l'un des maux de notre siècle, l'esprit d'indépendance, le mépris et l'impatience de toute autorité, et a exhorté vivement les fidèles à ne jamais se séparer de leurs pasteurs, sous
rînfluence d'un désir immodéré de liberté, mais à se tenir étroitement unis à eux et à leur rendre toujours les devoirs de respect et d'obéissance auxquels ils ont droit.
On a ensuite promulgué vingt-quatre Décrets, savoir :
Douze Décrets de Institutione clericorum et de Studiis ecclesiasticis ;
Trois Décrets de Cultu divino;
Un Décret de Visitatione parochiali 5
Quatre Décrets de Prœdicatione Verbi divini ;
Enfin quatre Décrets de Administration^ rerum temporalium ad ecclesias pertinentiiim^ et de Regis tris ecclesiasticis.
De ces décrets, les douze premiers ont été élaborés dans la deuxième Congrégation de Studiis et les douze autres dans la Congrégation de Ministerio pastorali.
Mgr La Carrière, toujours souffrant, n'a pas assisté à la cérémonie. — M. Urbe était également absent.
La troisième Session publique est fixée à mercredi prochain, 15 octobre, et sera célébrée dans la chapelle du Grand-Séminaire, Il est assez probable qu'une quatrième Session deviendra nécessaire entre la Session de mercredi prochain et la Session solennelle de clôture, laquelle doit avoir lieu le dimanche 19, jour du grand Pèlerinage national à Notre-Dame de France,
On espère, pour cette date, une affluence considérable de pèlerins. J'entends dire que partout, en ville. Ton travaille très-activement aux préparatifs de la fête.
Aurons-nous la consolation de voir le Berry représenté dans cette solennelle manifestation par une nombreuse caravane?... Mgr l'Archevêque le désire bien vivement...
Pendant la récréation de midi, Mgr de la Tour d'Auvergne et Mgr Duquesnay, accompagnés
des abbés Yalleix et Druon, ont fait l'ascension du rocher Corneille, afin de considérer de plus près la statue colossale* de Notre-Dame de France et d'admirer le splendide revêtement dont Mgr Le Breton a enrichi le piédestal du monument ^
* « On trouve dans Fœuvre de Bonnassieux grâce exquise et suprême distinction, goût parfait dans l'arrangement général, poésie délicate et sereine dans Tensemble, chaste beauté dans la céleste Mère, regard surhumain dans Tenfant Jésus, avec un front divin, qui, sans rien perdre du charme séduisant de Tenfance, porte le sceau d'une haute pensée
« Le piédestal seul a sept mètres au-dessus du rocher, la statue seize mètres au-dessus du piédestal, par conséquent la couronne de la statue est à sept cent soixante-quatre mètres au-dessus du niveau de la mer. La Vierge est debout sur une demi-sphère de cinq mètres de circonférence, écrasant la tête d'un énorme serpent de dix-sept mètres, et tenant sur son bras droit le divin enfant, qui bénit la France, Ses pieds ont un mètre quatre-vingt-douze centimètres de longueur, sa chevelure sept mètres, son avant-bras trois mètres soixante-quinze centimètres, sa main un mètre cinquante-six centimètres, et sa circonférence, au point de son plus large développement, mesure dixsept mètres. » (M. Hamon. Notre-Dame de France,)
2 Voir à la fin une Note sur la statue et son piédestal.
Le Puy, mardi 14 octobre.
x\vec la meilleure volonté du monde, je ne puis envoyer à la Semaine religieuse que des Notes à peu près informes, de maigres entrefilets, écrits à la hâte et, certainement indignes d'être décorés du nom de Chronique.
Si ces notes ont un mérite, c'est celui de ne rien avancer qui ne soit rigoureusement exact, et peut-être encore celui de ne passer sous silence aucun renseignement essentiel. Leur ensemble peut donner une connaissance suffisante du personnel du Concile, de son fonctionnement, de l'importance et de la suite de ses travaux. A ce point de vue seulement, mon tra-
vail doit offrir quelque intérêt et se recommander à la bienveillante attention du lecteur.
Ainsi que nous l'avions prévu et annoncé, la seconde semaine sera chargée, surchargée peutêtre, surtout pour NN. SS. les Évoques et pour ceux d'entre nous qui occupent un emploi au secrétariat du Concile, ou font partie de la sixième Congrégation De concinnandis Decretis.
Les travaux des Congrégations particulières s'achèvent et arrivent presque tous en même temps à la Congrégation des Évêques, qui doit les examiner et les juger. Aussi, les Révérendissimes Pères sont-ils obligés de multiplier leurs séances et de les prolonger chaque jour davantage.
Depuis la Session de dimanche dernier, les Évèques ont dû tenir quatre réunions longues et laborieuses, savoir : dimanche 12, de cinq heures à sept heures du soir; lundi, de neuf heures à ^anize heures du matin ; puis, dans la soirée, de cinq heures à sept heures ; enfin,
aujourd'hui mardi, de trois heures de Taprès* midi jusqu'à cinq heures et demie.
Nous avons eu, ce matin, à neuf heures, notre Quatrième Congrégation générale. On y a fait la lecture des Décrets qui doivent être publiés demain, IS octobre, dans la Troisième Session solennelle. M. Lebas a lu lui-même la seconde partie de son Schéma sur les Études ecclésiastiques. Le Secrétaire et le Vice-Secrétaire ont lu les Décrets relatifs aux Cas réservés^ aux Ecoles, à Y Instruction religieuse des enfants et des ado* lescents.
La seconde Congrégation deStudiis, comme je l'ai annoncé dans ma dernière lettre, a terminé son travail, dès samedi.
La troisième Congrégation de Censuris et Ca-sibus reservatis et la première de Fide ont terminé le leur, hier lundi.
La quatrième Congrégation De Ministerio pastorali est Irès-avancée.
Seule, la cinquième Congrégation /)& Disciplv-
nâ est un peu en retard. Cette situation est causée sans doute par l'abondance plus considérable des questions dévolues à cette Congrégation; mais elle s'explique surtout par le malheur qu'elle a eu d'être privée tout à la fois, dès le début, des lumières et de la savante direction de Mgr La Carrrière, son digne Président, et du concours de son Vice-Président, M. Urbe, à qui le mauvais état de sa santé n'a pas permis non plus de rester au Concile.
Tous ceux qui connaissent ce vénérable ecclésiastique le regrettent doublement, appréciant les brillantes qualités d'esprit et de cœur qu'il eût pu, sans ce contre-temps, mettre au service de sa Congrégation.
Mgr La Carrière, dont l'état de souffrance paraissait s'aggraver, cédant aux ordres des médecins, a quitté Le Puy hier matin, pour retourner dans le Cantal. Le vénérable et pieux Prélat emporte dans sa retraite les regrets vive-
-Bornent sentis des Évêques, ses collègues, et de tous les prêtres du Concile.
M. Tabbé Thézard, qu'un deuil de famille avait rappelé subitement à Limoges, nous est revenu au Puy hier matin, et a repris sa place au sein Concile.
NN. SS. les Évêques, condescendant à la prière d'un artiste de la ville, ont bien voulu consentir à poser devant un appareil photographique, et permettre & tous les Prêtres faisant partie du Concile de se grouper autour de leurs vénérables personnes * .
* L'opération n'ayant réussi que très-imparfaitement, je n'ai pas donné suite à la pensée que j'avais eue d'abord de placer la reproduction de ce groupe en tête du présent volume.
Mgr La Carrière et MM. Ménard et Urbe ne figurent point dans cette photographie. Par contre, l'on peut y remarquer le bon visage du vénérable M. Dessuches, notre providence durant le Concile, ainsi que la tête historique du brave Jean de Tulle, ce type accompli . du fidèle et dévoué serviteur.
Le Puy, mercredi 15 octobre.
Fête de Sainte Thérèse
II est dix heure» et demie ; nous sortons de la chapelle du Grand-Séminaire, où vient d'être célébrée^ selon rindiction qui en avait été faite, dimanche dernier, la Troisième Session solennelle du Concile provincial. Sans doute, cette Session ne pouvait revêtir l'éclatante majesté des deux précédentes, lesquelles, célébrées un jour de dimanche et dans la Basilique-Cathédrale, ont eu sur la dernière, outre l'avantage de ce jour et d'un concours plus nombreux de prêtres et de fidèles, celui de se tenir dans une enceinte plus spacieuse et plus splendide. Néanmoins la
cérémonie de ce matin s'est accomplie d'une manière très-digne et très-édifiante.
La chapelle, ou plutôt T église du grand-Séminaire, est un vaste édifice d'un beau style grec, décoré d'une façade monumentale surmontée de deux clochers jumeaux. Un joli portail ouvrant sur la rue livre accès au public.
La disposition intérieure de la chapelle est on ne peut plus favorable à l'exercice et au déploiement des saintes cérémonies.
Pour la circonstance, le trône du Métropolitain a été dressé dans le sanctuaire, du côté de TEpitre et les prie-Dieu des Evèques rangés dans le chœur sur une même ligne, du côté de l'Evangile. A l'entrée du sanctuaire, et vis-à-vis le milieu de l'autel^ on a placé, comme dans la Salle d oraison pour la tenue des Congrégations générales, un trône ou sorte de Thabor^ sur lequel est exposée la châsse des Saintes Reliques envi-
ronnée de lumières, avec le Livre des Evangiles et celui du Concile de Trente.
Mgr TArchevêque a célébré une messe basse, pendant laquelle le R. P. Nicolas, Oblat de Marie Immaculée, Tun des théologiens etl'ami du grand Evéque de Tulle, a exécuté sur Tharmonium, avec un remarquable talent d'improvisation, plusieurs morceaux de musique d'une suavité ravissante. Un artiste tel que le P. Nicolas, qui est en même temps une haute intelligence et un trèsnoble cœur, ne pouvait pas approcher l'incomparable chantre du Verbe incarné, celui qu'on a si justement nommé <r Le plus poète des théologiens et le plus théologien des poètes j » il ne pouvait l'approcher, dis-je, sans s'attacher passionnément à lui, et se sentir pénétré d'une admiration enthousiaste. Pontife illustre, ô Père bienaimé I vous êtes vraiment ce que dit votre nom Leonardus; nom ingénieusement composé, semble-t-il, pour peindre votre grande âme et votre fier caractère : LeOj Nardus. Oui, vous êtes in-
trépide, vous êtes fort comme un lion^ quand vous défendez la Vérité et TEglise qui est la gardienne de la Vérité; Fortis ut Léo! Mais aussi, lorsque vous chantez les infinies magnificences du Verbe divin, votre voix a la suavité du parfum qui embaume; elle est une douce harmonie qui ravit, touche et subjugue les cœurs ; Suavis ut Nardus I
tt Les conversations de Tillustre Prélat durant les récréations du Concile sont bien cela :
Théologie et Poésie. Elles sont d'un attrait incomparable. Aussi les recherche- tron avec avidité. A chaque récréation, on fait foule autour de Mgr Berteaud. Sa prodigieuse érudition, sa mémoire extraordinaire, son imagination féconde, l'originalité, la hardiesse, la magnificence du langage, tout ce qui ravit dans ses discours et dans ses œuvres, fait aussi le charme de ses entretiens. Dans les matières oti la foi n'est pas intéressée, sur certaines inventions et pratiques modernes en particulier, il a des vues et
— godes thèses qui choquent Topinion commune.
Ils les développe avec une sorte d'audace, beaucoup de sel et beaucoup d'éloquence. Alors le groupe qui l'entoure ne se range pas toujours à ses idées, mais il est sous le charme de l'esprit* de l'éminent causeur \ d
Après la récitation des prières marquées dans le Pontifical^ sur l'instance de M. le Promoteur du Concile, Mgr l'Archevêque fit promulguer successivement :
1® Un Décret d'une importance majeure concernant les Études ecclésiastiques. En voici le titre exact : De mediis fovendi studiorum amorem in presbyteris et prœsertim de Concursu ;
2** Quatre Décrets De cura scholis à pastoribus prœstandâ ;
3° Cinq Décrets De catechizandis pueris et adolescentibus;
Extrait du Journal d'un membre du Concile.
4* Enfin un Décret unique De Censuris et Casibus réservâtes.
Ce dernier Décret a été élaboré dans la troisième Congrégation, De Castbus reservatis; le premier appartient à la deuxième Congrégation^ De Studiis et les neuf autres sont l'œuvre de la quatrième Congrégation, De Ministerio pastoralt.
Le Puy, vendredi 17 octobre.
Le Concile touche à son terme. Demain, aura lieu dans la chapelle du Grand-Séminaire la Quatrième Session solennelle; ce sera la dernière avant la Session de clôture.
La Congrégation des Évèques et le bureau des Secrétaires et Notaires se trouvent fort encombrés, dans ces derniers jours. Mais nos Évoques sont de plus en plus admirables dans le zèle assidu, les soins courageux, et le parfait esprit d'union et de charité avec lesquels ils poursuivent la sainte œuvre du Concile, sous le regard maternel de Marie, auprès de Notre-Dame du Puy et de Notre-Dame de France.
Depuis la Session de mercredi, la Congrégation des Évêques s'est réunie trois fois chez Mgr l'Archevêque. La séance de mercredi soir a duré trois heures entières, de quatre heures à sept heures ; jeudi et aujourd'hui vendredi^ la réunion a eu lieu de cinq heures à sept heures.
Jeudi, à trois heures du soir, le Concile a tenu sa Cinquième Congrégation générale. On y a lu des travaux, et des projets de Décrets provenant des Première, Troisième, Quatrième et Cinquième Congrégations particulières.
Le R. P. Ramière a commencé par lire un Décret sur la l^oi, divisé en six chapitres, savoir :