‹ Le concile du Vatican: son histoire et ses conséquences politiques etChapitre 5 sur 11 · QA · texte numérisé non relu

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glise catholique. Cet accord lui devînt tout -à fidt impossible après que le pape eut rompu en visière à la société moderne avec une audace et une franchise qui dépassaient tout ce qu'on avait vu en ce genre. Malheureusement M. Huet se laissa emporter par le mouvement de réaction auquel il s'abandonna au delà du christianisme lui-même, et il prit rang parmi les adversaires de la révélation, comme on peut s'en convaincre par le livre d'un si poignant intérêt où il raconte l'histoire des évolutions de sa pensée, sous ce titre : la dévolution religieuse au disHteu^ièfne siècle :

€ Notre âge n'a connu qu'un catholique qu'on puisse appeler libéral, au même sens qu'on donne ce titre aux modernes réformateurs du protestantisme et du judaïsme. Ce catholique est Bordas. Celui-là sut résister en face aux successeurs de Pierre ; il conçut le dessein hardi , sur la ruine de tous les abus, de restaurer pour les différents ordres de TEglise, y compris les laïques, la primitive liberté chrétienne. Mais, l'événement ne l'a que trop prouvé, Bordas n'était pas de son temps, il eût dû naître au seizième siècle. II est mort catholique de nom : en réalité, il fut peut-être le protestant le plus vrai, le plus complet de son époque.

< Trois événements d'une gravité,d'une portée immense, ont signalé le règne de Pie I& et livré pouir

jamais le catholicisme à la domination nltramontaine. Ce sont : la définition du nouveau dogme de rimmaculée Conception en 1854 , le concordat autrichien de 1855 et rencycUque de 1864. Ces actes enferment le cathohcisme dans un cercle d'où il lui sera impossible de sortir.

« Nous ne traitons pas ici de théologie, nous faisons l'histoire d'un mouvement religieux. A cet égard, la proclamation de l'Immaculée Conception nous paraît le fait le plus considérable que présentent les annales du catholicisme depuis plus d'un siècle. Il faut toute rindiflEérence du résultat ou toute la sécurité du succès chez nos contemporains, pour que Tévénement ait passé presque» inaperçu. Retenons pourtant cette date du 8 décembre 1854 : efle a marqué l'avènement d'un catholicisme nouveau, ce qu'on nous permettra d'appeler un catholicisme à outrance, avec lequel l'esprit moderne, la société moderne ne peuvent espérer ni trêve ni merci.

« Pour la manière de procéder, on eut soin que le pouvoir rival de la papauté^ Tépiscopat, se trouvât non-seulement annulé, mais avili, ce qui est la fonne de destruction la plus irréparable. On y avisa en faisant venir à Rome deux cents évêques ; on leur interdit toute délibération, et ils assistèrent, muets et complaisants, à l'acte le plus sciennel de la vie

voyées par les préjugés de Thabitude et de Téducation, quelques métaphysiciens du. passé pourront s'abriter encore à Tombre du vieux sanctuaire ; pour les masses, la vraie -vie intellectuelle et morale est tarie de ce côté. Le règne de Pie IX aura marqué la date fatale de la suprême décadence (1). »

Tel est l'effet de l'encyclique sur un homme droit et sérieux. Il y a là un grave enseignement. M. Huet vient d'être enlevé à ses nombreux amis, emportant leur plus affectueux respect, car il suffisait de le comiaître pour admirer son ferme amour de la justice et de la hberté.

Il semble que l'esprit de vertige qui a poussé la papauté à cet acte imprudent se soit un moment communiqué à toute l'Eglise catholique de Franco. Elle a fait dans Tannée 1868 la plus déplorable campagne, la plus propre à multiplier les défections telles que celle de M. Huet. L'occasion de ces nouvelles attaques contre l'enseignement universitaire a été une innovation bien innocente du ministre de l'instruction publique qui, pour favoriser l'instruction des jeunes filles, a mis à leur portée dans les principales villes de France des cours fort bien donnés par les professeurs de nos lycées. Vraiment

(1) La Révolution religiettse au dia-neuviéme sUgU^ p. ]380-

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