CHAPITRE IV
3se grave que la convocation d'un iana la basilique du pape. On n'y eût y a trois siècles, parce qu'on savait e proximité du saint-Biége enlevait mce aux évêques. Trente paraissait roche de la vUIe papale. « Le Sainttous les jours, disait rambassadenr D la valise qui porte les promesses )ns épiscopales. » Nous n'accusons actuelle de se servir de cette monaaia ilnous sera facile de montrer que ur la liberté morale du concile par 1 directe, constante et même paspasaé toute mesure. Ce qui nous fâcheux pour le concile, c'est l'atine, c'est l'influence malfaisante du malaria morale chargée de langueur que l'on yrespire, c'est ce romanisme
insensé qui enlace Tâme et l'esprit d'un réseau subtil. On peut voir par les lettres de M. Louis Veuillot sur rassemblée du Vatican quelle part il fait dans les succèâ de Tultramontanisme à Tinfluence de Rome. Je crois qu'il a raison ; je voudrais le prouver en présentant non pas un tableau mais une esquisse de la ville sainte de la papauté surtout au point de vue «ocial et religieux, telle qu'elle était avant les événements de 1870. C'est le meilleur commentaire à l'histoire du concile du Vatican; c'est aussi une révélation précieuse et la plus sincère que nous connaissions de la vraie pensée de l'ultranjontanisme sur l'organisation des sociétés humaines.
Je ne dirai qu'un mot du caractère extérieur de cette ville étrange où tout est combiné pour plonger l'âme dans une langueur indéfinissable, où le temps a je ne sais quelle démarche sénile qui empêche qu'on s'aperçoive de sa fuite. Il marche à pas comptés comme un vieux cardinal sur cette voie de tombeaux qui a vu disparaître tant de grandeurs. Le présent se confond avec le passé, on dirait la durée immobile. Ce qui saisit l'esprit et l'imagination, ce qui empêche l'émotion de s'alanguir, c'est le perpétuel contraste qui réunit au même instant sous les yeux les choses les plus disparates, sans les opposer pourtant d'une manière choquante. Cette ville singulière a un pouvoir d'adoucissement auquel rien
ne résiste ; elle est comme ces personnes d'une amabilité doucereuse qui par leur présence seule empêchent les opinions divergentes d'entrer en lutte ouverte et qui mettent des sourdines & toutes les voix. Ce pouvoir d'adoucissement tient surtout à la grande poésie du lieu ; le point de vue esthétique se substitue insensiblement au point de vue moral qui seul dicte les jugements absolus. C'^st ainsi que les angles s'adoucissent, que ce qui ailleurs exciterait Tindignation ou la pitié glisse facilement sur Tesprii charmé, et que les objets les plus divers se fondent et se mêlent dans cette lumière pourprée qui est la gloire et la parure de ce pays,
A Borne, la ville la plus somptueuse confine au désert. Sans transition vous passez du Corso brillant, tumultueux, avec ses palais dont chacun est une œuvre d'art exquis, ses églises dorées^ ses riches magasins, à la tristesse sévère du Forum qui vous introduit d'emblée dans la plaine morne et stérile. Ainsi se rapprochent et se touchent la civilisation et la désolation, le présent et le passé. Cette plaine sans limites fait l'effet d'une mer dont le flot destructeur avance toujours et qui laisse cependant surnager quelques grands débris de tout ce qu'elle a englouti. Mais c'est une mer sans voix, sans murmure, qui détruit silencieusement ce qu'elle étreint ; c'est la mer Morte de TOccident. — Ne la calomnions