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Le bulletin de vote est plus long que larve.
Des lignes parallèles, au nombre de six, Je divisent en plusieurs casiers. En haut, le cardinal écrit son nom, de cette manière: Ægo Plilippus
LE SCRUTIN. 45 Cardinalis Rusticuccius, puis il plie cette partie du bulletin, de manière qu’il puisse la cacheter à l’en— droit indiqué. Au milieu, dans la partie qui reste à découvert, est inscrit le nom du cardinal que l’on veut nommer: Éligo in Summum Pontificem Keverendissimum D. meum D. Cardinalem Franciscum Piccolnmineum. Enfin, à la partie inférieure, le cardinal inscrit un chiffre quelconque et une devise à son choix, puis rabat cette extrémité, comme il l’a fait plus haut, et la cachette en deux endroits.
Le revers du bulletin est garni de deux vignettes à l'endroit du nom et de la devise, en sorte qu’il est impossible de les lire à travers le papier. Au moyen desdeux replis, tous les deux restentégalement crchés à l'intérieur. Le sceau employé ne doit pas être celui dont se sert le cardinal habituellement, car il le ferait reconnaître ; mais il porte soit des lettres soit des signes de convention, et il est répété quatre fuis par bulletin. |
Pour l’accession, la forme du bulletin ne varie pas : seulement au lieu de ces mots Æligo in Summum Pontificem, on y lit Accedo KReverendissimo Domino meo D. Cardinal.
Le second acte de l’ante-scrutin consiste dans le tirage au sort des scrutateurs et des infirmiers. Sur la table qui est devant l’autel sont, dans unc bourse de damas violet, autant de petites boules qu’il y a de cardinaux présents au conclave avec le nom de
chacun d’eux. Après les avoir comptés à haute voix, une à une, en lisant le nom qu'elles portent, le dernier cardinal-diacre secoue la bourse et en tire successivement six boules, les trois premières désignant les cardinaux scrutateurs et les trois autres les infirmiers, qui iront dans les cellules recueillir les votes des infirmes. Si le tirage amenait les noms de quelques cardinaux malades ou empêchés, on tirerait immédiatement un nombre de boules égal aux absents pour les remplacer. Les scrutateurs et les infirmiers entrent immédiatement en fonction, mais pour cette fois seulement.
Le troisième acte de l’ante-scrutin consiste à remplir les cédules, ce que chaque cardinal fait à sa place, à moins qu’il ne préfère la quitter. En conséquence, six petites tables, munies d’écritoires et de plumes, sont disposées dans la chapelle en un lieu apparent, de manière que celui qui écrit soit toujours en vue, mais qu’on ne puisse lire son vote. Les cardinaux se succèdent selon l’ordre de préséance, à commencer par le doyen, qui prend un bulletin dans le bassin, s’assied devant une des tables, puis écrit son nom et celui de l’élu, mais en, contrefaisant autant que possible son écriture. Il ne peut mettre qu’un seul nom, car si sa voix se portait sur plusieurs à la fois, son vote serait nul.
La quatrième opération consiste à plier et cacheter les cédules. Les maîtres des cérémonies, pour plus de promptitude, les plient à l’avance
aux deux endroits désignés. Enfin, le dernier acte est celui du sceau apposé aux quatre endroits indiqués, là où les maîtres des cérémonies, pour abréger encore, ont déjà mis la cire. Il faut éviter que le sceau soit trop compliqué, à cause du relevé u doit en être fait.
L'action même du scrutin se fait en huit temps: porter la cédule, prêter serment, mettre la cédule dans le” calice, mêler tous les bulletins, les compter, publier le résultat du vote, enfler les cédules à l’aide d’une aïguille et d’un cordon de soie, puis les mettre à part. Chaque cardinal, suivant son rang d'ancienneté, après qu’il a écrit, plié et scellé son bulletin, le prend avec le pouce et l'index, et le tenant élevé, le porte à l’autel, où se trouve un grand calice d’argent, couvert de sa patène: sur le pied sont gravés un pavillon et deux clefs en sautoir, et sur la patène est figurée la colombe divine. Là il s’agenouille, fait une courte prière et prête à haute voix ce serment, écrit en gros caractères sur une tablette qu'il prend sur autel même : .« Testor Christum Dominum, qui me judicaturusest, me eligere quem,secundum Deum, judico eligi debere et quod idem in accessu præstebo ». Il met ensuite son bulletin sur la patène, et à l’aide de celle-ci le fait glisser dans la coupe du calice. Après avoir salué la croix, il retourne à sa place.
Si un cardinal présent à la chapelle ne pouvait, en raison de quelque infirmité, se rendre jusqu'à
4a CHAPITRE V..
l'autel, le dernier des trois scrutateurs lui porterait le bassiñ où sont les cédules. Après en avoir pris une et l'avoir remplie, il prêterait serment et remettrait la cédule pliée et scellée au scrutateur, qui la porterait à l'autel avec le cérémonial prescrit.
Les trois cardinaux infirmiers prennent une cassette, haute d’un pied et percée à la partie supérieure, l’ouvrent pour montrer qu'elle ne contient rien, la ferment ct déposent la clef sur l'autel. Ils vont ensuite, avec celte cassette, la formule du serment et un bassin contenant des bulletins en quan: tité suffisante, dans les cellules des malades. Chacun d'eux fait à cet écard comme il a été dit précédemment, prête serment et dépose lui-même son vote dans la cassette. Si quelque malade ne pouvait écrire, il se ferait remplacer par une autre personne de son choix, qui prêterait d’abord serment entre les mains des infirmiers de garder le secret le plus absolu, sous peine d’excommunication latæ sententic. La tournée des cellules achevée, les infirmiers rapportent la cassette à la chapelle, les scrutateurs l’ouvrent, comptent les bulletins qu’elle contient, en comparent le nombre à celui des malades, | puis les mettent un à un dans le calice en se servant de la patène.
Pour ne pas faire attendre les cardinaux, aussitôt que le doyen a voté, les infirmiers font de même, puis se rendent dans les cellules, et on les attend pour proclamer le résultat du scrutin.
LE SORUTIN. - . 49
Le calice étant recouvert de la patène, le premier scrutateur l’agite de facon à mêler les bulletins, Le dernier scrutateur est chargé de les compter: pour cela, il les prend un à un dans le calice et les remet au fur et à mesure dans un calice vide. Si le nombre des bulletins ne correspondait pas à celui des électeurs présents, on les brûlerait tous, et il faudrait recommencer la votation. Si, au contraire, les chiffres sont identiques, les trois scrutateurs assis devant la table, le dos tourné à l'autel et en vue de tout le monde, procèdent au dépouillement. Le premier scrutateur prend un bulletin dans le calice, l’ouvre sans briser les sceaux et lit au milieu le nom de l'élu, puis le passe au second scrutateur, qui le lit à son tour et le transmet au troisième. Ce dernier proclame aussitôt à haute voix le nom de l'élu. Les cardinaux présents, qui ont devant eux une feuille impriméeavecles noms de tous les cardinaux, font une marque à côté du nom désigné. L'on continue ainsi pour tous les autres bulletins qui
. sont dans le calice.
Si, en ouvrant les bulletins, les scratateurs en trou:vent deux pliés ensemble, de facon à faire présumer qu'ils n’ontété mis qu’en vue d’un seul et même sujet, Je vote ne compte que pour un; le suffrage, au contraire, serait nul si ce même bulletin contenait deux: noms différents, sans pour cela infirmer la validité du scrutin. Lorsque le dépouillement est terminé et
les votes marqués comme il a été prescrit, on fait le relevé pour chacun en particulier. Par exemple KReverendissimus cardinalis N..... N..... habuit suffragia 12 ; et au-dessous : Reverendissimus Cardinalis N. N. habuit suffragia 8, etc.
Enfin le dernier scrutateur prend les cédules, en fait un paquet, les transperce avec une aiguille au mot Æligo, réunit les deux bouts du fil de soie, puis dépose les bulletins sur la table.
4 Le post-scrutin admet trois parties : compter les cédules, reconnaître les votes et brûler les bulletins. Si l'élection n’est pas conclue, alors commence l’aceession ; on brise les sceaux dont on prend note, on examine les votes que l’on contrôle, et on brûle les bulletins. Si aucun des cardinaux r’a réuni les deux tiers plus un des suffrages, immédiatement après le scrutin on passe à l’accession. |
Les cardinaux prennent dans un autre bassin des cédules faites selon une autre formule. S'ils ne veulent pas accéder à aucun de ceux que le scrutin a fait connaître, ils écrivent au milieu Vemini, puis ils plient et eaehètent comme la première fois, cela sous peine de nullité. Îls ne peuvent voter pour celui qu'ils ont nommé dans le serutin ni pour celui qui n’aurait pas eu un seul suffrage, car l’acc:ssion a pour but précisément d'augmenter le nombre des voix pour ceux qui n’ont pas atteint le chiffre suffisant. Le serment ne se renouvelle pas,
parce qu’il a été déjà prêté avec ces paroles Et quod idem in Accessu præstabo. Les infirmiers portent aux malades les bulletins d’accession, avec une feuille imprimée sur laquelle est noté le résultat du scrutin.
Si aucun des électeurs n’arrive à réunir les deux tiers plus un des suffrages, il n’y a pas d'élection, et le scrutin est à recommencer à la séance suivante. Si, au contraire, les deux tiers des voix se sont portées sur le même candidat, on ouvre la cédule de l’élu pour voir s’il ne s’est pas donné à lui-même sa voix, car alors l'élection serait nulle, faute d’une voix. Elle serait légitime, s’il était constaté qu'il a voté pour un autre. À égalité de voix, il n’y a pas d’élu. Si, au contraire, les deux tiers obtenus, il y a une différence entre les deux candidats, celui qui a le plus de voix l'emporte.
Qu'il yait ou non élection, lesréviseurs doivent contrôler les votes: ce sont trois cardinaux-diacres, dont les noms sont tirés au sort par le dernier diacre. Pour cela ils examinent les cédules du scrutin et de l’accession, ainsi que la note des votes recueillis par les scrutateurs, afin qu on soit certain qu’ils ont rempli fidèlement leur devoir. Les réviseurs sont tirés au sort après le scrutin, s’il y a élection, ou après l'accession, quel qu’en soit le résultat,
La révision terminée, tous les bulletins sont brûlés, avec un peu de paille humide, dans un poêle placé à l’embrasure d’une fenêtre. La fu-
OTAPITRÉ V.
CA
alors les bulletins seraient brûlés dans la cha-
pelle même.
mée qui en sort avertit le public que l’élection n’est pas encore réalisée. Si le résultat était définitif,
l'absence de fumée serait un signe de l'élection, car
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