SACRE DU PAPE
Le chef de l’Eglise pouvait être choisi autrefois dans tous les rangs des fidèles, pourvu qu’ils ne fussent pas engagés dans les liens du mariage. En 1003, nous voyons un simple laïque, Jean XIX, monter sur le Saint-Siége ; cet exempleest unique. Peu de clercs mineurs, peu de sous-diacres ont été élus : dans les premiers siècles, c'était surtout entre les diacres que l’on choisissait le Souverain Pontife. Par suite de la discipline alors en vigueur, l'élection d’un prêtre était rare, celle d’un évêque plus rare encore. |
Le successeur immédiat de saint Pierre, saint Lin, avait reçu le caractère épiscopal du prince des apôtres lui-même ; mais il n’était attaché à aucune église particulière. Après lui, le premier évêque élu pape est Formose, évêque de Porto, en 891 (selon
104 CHAPITRE Xl.
quelques auteurs, Marin [*, en 882, aurait été également, avant son élection, revêtu du caractère épiscopal). Mais, depuis la fin du xirr® siècle, le pape est. ordinairement pris parmi les évêques !. De 1592 à nos jours, on ne trouve que quelques exceptions: Clément VIII, cette année-là ; Clément XI, en 1700 ; Clément XIV, en 1769; Pie VI, en 1775, et Grégoire XVI, en 1830. Dans les premiers siècles , le pape était toujours pris parmi les membres de l'Eglise Romaine. Si l’on choisissait parfois des Grecs, des Syriens, des Dalmates, des Espagnols, des Africains, c’est qu’ils se trouvaient déjà incorporés à l’église de Rome. Le sacré-collége remplaçant et représentant le clergé romain, il fournitle Souverain Pontife à l’Église. Depuislon gtemps, la loi s’est introduite de ne choisir le pape que parmi les cardinaux présents au conclave.
Quel que soit son rang dans la hiérarchie, le nouvel élu possède, immédiatement après son élection, la juridiction suprême, et voit les princes de l'Eglise
1. Quelquefois les papes ont retenu, après leur élévation au souverain pontificat, les évêchés qu'ils possédaient au moment de leur élection. On cite comme ayant agi ainsi Clément Il, en 1046, pour l'évêché de Bamberg ; Léon IX pour celui de Toul, en 1049; Victor II pour celui d'Eischtad, en 1055 ; Nicolas II, en 1058, pour celui de Florence ; Alexandre II, en 1061, pour celui de Lucques ; Alexandre IV, en 1254, pour celui d’Ostie et Velletri; Paul IV,en 1555, pour l’archevêché de Naples: Benoît XIII, en 1724, pour celui Bénévent ; Benoît XIV, en 1740, pour celui de Bologne, et Pie VII pour l'évêché d’Imola, jusqu'en 1816. ;