L ÉLECTION DES PAPES PAR LES CARDINAUX
L — Le X» siècle : triste époque pour l'Europe, Rome et la papauté. — Les papes Talent mieux que leur réputation. — Luttes entre Allemands et indigènes. — Couronne impériale et couronne de fer: — Compétitions sanglantes qui favorisent les projets d'Othon le Grand. — La féodalité lombarde à Rome. — Albéric, Marozie et leur fils Jean XL — Tn autre Albéric, à la fois pape et patrice, flnit par couronner Othon et renouveler le droit d'intervention impériale dans le sacre des papes.
IL — Réaction dupatriciat romain contre les Allemands. — Othon se venge: l'antipape impérial à Rome, le pape romain à Hambourg. — Plus de liberté des élections papales. — Allemands et Romains. — Impériaux et factions indigènes. — Othon III. — Le premier pape allemand. — Le premier pape français. — Gerbert et Tan mille. — Trois papes des comtes de Tusculum. — Scandales de Jean XIX. — Un pape allemand livre Télection pontificale à Tempereur.
IIL — La réforme religieuse commence avec S. Léon IX et Hildebrand. — Nicolas II et sa Bulle. — L'élection pontificale réservée aux seuls cardinaux-évôques. — Fermeté et souplesse de Grégoire VII. — Politique concordataire. — Le Sacerdoce et l'Empire : les antipapes impériaux. — Un pape'français et le concordat de Worms.
IV. — Fin de l'ingérence impériale. — Barberousse et la ligue lombarde. — Alexandre III et son décret constituant le Sacré- Collège. — L'éfection papale confiée à tous et aux seuls cardinaux.— Universalité de la papauté. — Les cardinaux.
Le moine Hiidebrand, qui exerça une action si puissante sur les destinées de TEglise, même avant son pontificat, n'est pas l'organisateur du Conclave proprement dit. Mais il Ta préparé en provoquant la transformation profonde des élections pontificales, par la composition d'un corps électoral très restreint et purement ecclésiastique. Cette réforme décisive était rendue urgente par l'état où la papauté se trouvait réduite au sortir du X* siècle.
Les hontes, les cruautés du siècle de fer sont devenues depuis longtemps un lieu commun. L'histoire des papes s'en est fort ressentie, et il est convenu qu'elle n'offre qu'une série de crimes et de bassesses Néanmoins les progrès de la critique historique finissent peu à peu par atténuer singulièrement la légende : il reste vrai, cependant, que ce fut, pour toute l'Europe, un triste temps. Mais encore faut-il éviter les exagérations. En ce qui concerne la papauté, il y a à tenir compte d'un fait de capitale importance : l'absence de sources et de documents contemporains de sérieuse valeur. Le Liber ponti/icalis, la principale
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renseignements pour l'époque précédente, a par les bibliothécaires Anastase et GuiU us les pontificats de Jean VIII et d'Etienne V partir de ce moment, les clercs romains cestregistrer leurs annales. On en a été réduit, ongtemps, à puiser quelques rcnseignemenls diatribes d'un pamphlétaire lombard, Luit- Il met au service du parti des envahisseurs s la verve passionnée, mais sans équité lans critique, de sa plume triviale et grosur ce clerc de Bérenger d'Ivrée passé au sei-hon, tous ceux qui se montrent peu enthoujur tes visées de ht politique allemande en mt des misérables ; les princes et les patriliens qui y résistent, sont des tyrans sanguieurs femmes et leurs filles des courtisanes légères ; les papes qui ne favorisent pas l'intrangfîre, des grotesques ou des débauchés, ilé el la justice ne commencent à reprendre droit qu'au moment où Muratori, vers le u dernier siècle, met en lumière l'impor- ; annales d'un autre contemporain, savante! cieux prêtre français, Flodoard de Reims, ore, à mesure que les recherches historiques )uvrirde nouveaux documents, la figure des i X' siècle se dégage mieux et plus avantant. Ce ne sont, il est vrai, ni des hommes de les saints illustres, mais la plupart apparaisses des meilleures intentions, soucieux de dcr l'idée du pontificat, victimes le plus sou- 1 décadence de leur temps et de la fatalité des nls. Trislis procul dubio tune Ecclesia fuit, redire avec S. Augustin, et les influences