CHAPITRE V
L -^ Dispositions organiques et cérémonieiles. — Les sources du droit coutumier des conclaves. — Le cérémonial de Grégoire XV .
— Les mémoires des cérémonial res.
II. — Grégoire XV et la loi des Novemdiali. — Maladie du pape : les derniers sacrements. — Les premiers actes du camerlingue : prise de possession et constatation de la mort du pontife. — L'anneau du Pécheur. — Les premières notifications, questions de costume et signes de deuil.
in. — Les soins du cadavre, -r- L'embaumement ; les prœcordia ; rexposition dans Tappartement mortuaire et à la chapelle Six- Une. — Le transport à la Basilique ; l'exposition dans la chapelle du S. Sacrement. — Les variantes de 1878.
IV. — Les offices des NovemdioUi. — La tumulation provisoire.
— Les restes de Pie IX et le gouvernement italien. — Les offices cardinalices à la chapelle Sixtine. — Plus grande simplicité religieuse dans l'appareil des obsèques.
Dans les pages qui précèdent, nous avons cherché à mettre en relief, d'une façon plus spéciale, les dispositions organiques et constitutives du conclave, celles qui ont une importance substantielle touchant la validité même de Télection. En étudiant de plus près les diverses phases de cette savante et ingénieuse procédure, il faut tenir compte de tout un ensemble de prescriptions rituelles qui se succèdent, depuis le moment où le pape expire jusqu'à celui où son successeur est intronisé sur la chaire de S. Pierre et ceint la tiare aux trois couronnes.
Un certaijl nombre de ces prescriptions se trouvent déjà formulées par les bulles organiques que nous avons analysées : elles sont presque toutes groupes dans le a Cérémonial » sanctionné par la seconde Bulle de Grégoire XV (1). C'est donc ce document que nous avons à prendre pour base de notre étude ultérieure. La Constitution antérieure à laquelle cette Bulle cérémonielle fait suite (2), et celle
(1) Gonstit. Decet Romanum Pontificem du 12 mars 1622»
(2) Gonstit. ^temi Patris du 15 novembre 1621.
ienne de Pie IV (1), fourniront d'utiles raplents. Les deux actes de Clément XII (2) en ont d'ailleurs les dispositions, en réglant les lies qui doivent se dérouler pendant les dix alerrègne séparant la mort du pape de l'enîonclave.
hors de ce droitécritdans les documents oftiexiste, sur la matière, une sorte de droit cou- ■ont les éléments se trouvent surtout dans les t les mémoires des maîtres de cérémonies. Les tiaires pontificaux jouent ici un rôle considé-, epuis Pie 11(1459), ils forment un corps orgait les attributions sont assez étendues. Ainsi, ihai^ésde rédiger une sorte de journal, Di'ar/o, i les cérémonies auxquels ils assistent, et l'enie ces Diarii, déposé dans des archives spén palais apostolique, forme «ne collection ind intérêt historique. (3). Naturellement le» îs occupent là une place importante.
Jlit. In elùjendU du 1" octobre 1062.
3(it. Apoitolatus officium du 4 octobre 1733 et Bèglemenlihe du i% décembre 17ffî.
■emier des cérémonial ras qui ail écrit un diario est Agos- -.zi Pùxolomini sous Siïle IV (1483), Innocent VIII (1481). VI (U92). Le Diario du célèbre Burchard de Strasbourg «nt VlIIaux débuts de Jules Illiafô). Pendant longtemps, >Di)u que par des extraits publiés par Leibnilz et conte- [ues détails piquants sur la Cour d'Alexandre VI et les
complet de ce journal, récemment publié (Paris, E. Leëdil. Thuame) présente son auteur sous un jour nouveau, rémoniaire extrêmement méticuleux pour tout ce qui conlarge spéciale qu'il prend très au sérieux el qui se fAche ne quelque cardinal, ou le pape lui-même, s'ècaric de ses : ou do son Coulumier, mais qui, poi(r le reste, est un osilgaire, aimant, à la mode germanique, la bonne chère TÎn ; ramassant sans aucune critique les on-dit qui cirijours en abondance à travers la Curie, très précis en ce I son métier de cérémouiaire, mais sans portée ni valeur
Quelques-uns de ces Diarii ont été publiés (1), mais ceux du XVIII* et du XIX* siècles sont encore inédits (2). Un règlement du majordome, le cardinal Patrizzi, en 1833, a réorganisé et déterminé le service de VArchivio conflé à deux cérémoniaires qui remplissent les fonctions d'archivistes (3). Toutes les notes, tous les mémoires des cérémoniaires, marqués d'un timbre spécial, doivent être déposées aux archives ; aucune pièce ne doit être emportée au dehors du local. En temps de conclave seulement, le préfet peut, contre reçu et pour une période de huit jours, en extraire des volumes pour le service des cardinaux.
Depuis le commencement du XVIP siècle, on publiait périodiquement à Rome, un bulletin de nouvelles sur le modèle de la Gazette de Hollande ou de la Gazette de France de l'époque. La collection de ce Diario di Roma vulgairement appelé Cracas du nom de son éditeiu', et pour lequel les cérémoniaires rédigeaient officieusement la partie concernant « la
poar ce qui sort de cette sphère. Son successeur Paris de Grassis^ mort sous Léon X, en parle en termes plus que dédaigneux (Armellini : Diario di Paride di Grossis, Rome, 1885) .
Suivent ensuite, jusqu'en 1544, les diarii de Marcello et de Martinelli, celui que Michel Ange a c pourtraicturé )> avec des oreilles d*àne dans son Jugement dernier. Les deux Firmano poursuivent leur diario jusqu'aux débuts de Grégoire XIII en 1574 ; Mucanzio et son adjoint Alaleona tracent leur journal de 1573 à 1687. Febei, les deux Servanzio et Pietro Bona se succèdent à travers le XVII» siècle.
(1) Une grande partie de ces anciens Diarii a été publiée dans la collection de /. B. Gattigo, Acta Cœremonialia, Rome, 1753, dont le !•' volume seul parut. .
(2) Les principaux auteurs de Diarii au XVIII» siècle sont Carlo Carcasiy et Chiapponi, puis Cassido sous Clément XI, Gamberucci sous Benoit XIII, Reali sous Benoit XIV, Dini qui accompagna Pie VI dans son voyage à Vienne.
(3) Reçois e dispoiizioni délia custodia e conservazione delVarchvviodei mae$tri di cérémonie pontifide, Tipografia délia R, Caméra Apoêtolica,
Cour et la Vin» «^ «et souvent fort utile à consulter, j'on n'en saurait dtr* autant du recueil des diverses elations des conclavtstes, valets de chambre ou seirëtaires. Ce ramassis de profM d'antichambre sans ^ande valeur critique, ne peut g«èi« donner quedes ndications de dates, de noms, de procédure ou de céémonial. Par contre, les relations dif^onatiques, à nesure qu'elles sortent des archives des chtncelleîes, fournissent des éléments incomparables à Vhigoire politique des élections pontificales et offrit Lussi de précieuses données en matière rituelle et cé- ■émonielle.
IjC Cérémonial lie Grégoire XV s'occupe tout d'a- »ord des funérailles du pape défunt.
« Le pontife romain ayant rendu son âme à Dieu, es cardinaux, apriïs avoir, dans une première con- ■régation, prêté serment d'observer la Bulle de Grégoire XV sur la réforme de conclave, ainsi que les aures constitutions pontificales maintenues en vigueur, levront vaquer pendant neuf jours aux obsèques du ionlife défunt. Si l'une des fêtes principales de l'aulée tombe dans l'intervalle de ces obsèques et qu'il laraisse aux cardinaux que la solennité soit de nature i empêcher toute cérémonio funèbre, les obsèques eront suspendues, mais le jour de cette solennité l'en comptera pas moins dans le total des neuf jours [ui s'écoulent entre la mort du pape et l'entrée des ardinaux en conclave ».
H La somme économisée par cette suspension l'obsèques sera distribuée aux pauvres suivant les
prescriptions de la constitution de Pie lY, qui ordonne d'ailleurs de réduire les dépenses devenues excessives à Toccasion des funérailles du souverain pontife. Ces frais (sans compter cependant les largesses d'usage faites au peuple romain), ne pourront en aucun cas, dépasser la somme de dix mille ducats. Sera observée aussi la clause de la môme bulle ordonnant que trois des plus anciens cardinaux, choisis au cours de la première congrégation cardinalice dans chacun des trois ordres, auront à présider, en compagnie du camerlingue, à l'emploi régulier de ces sommes ».
Le Cérémonial de Grégoire XV ne fait ici aucune mention de ce qui doit être observé dans Fintervallc qui s'écoule, forcément, entre le moment de la mort du pape et la réunion de la première congrégation cardinalice; mais quelques-unes des prescriptions des bulles et règlements d'Innocent XII (1690-92) et de Clément XII (1732), les usages qui se sont introduits peu à peu, les coutumiers des cérémoniaires, les précédents, les principes généraux du droit qui règlent l'administration intérimaire du S. -Siège, comblent cette lacune. Plus d'une fois, néanmoins, le désarroi et la confusion provoqués, dans Tintérieur du palais apostolique, par l'agonie et la mort d'un souverain sans famille personnelle et sans héritier immédiat de son autorité, ont donné lieu à des scènes de désordre de la part d'un entourage égoïste ou d'une valetaille pillarde ; toutefois ces désordres ne pourraient se produire si chacun de ceux auxquels est dévolue une parcelle quelconque de Pautorité centrale de l'Eglise faisait son devoir. A ce point de vue, les dispositions les plus minimes ont leur importance.
Tant que le pape vit, Texercice de l'autorité appar-
tient aux ministres auxquels il a confié les divers ressorts de la vaste administration pontificale. A sa mort, cette autorité passe, dans les limites tracées par le droit, aux mains du Sacré-Collège et surtout du chef de la Caméra Apostolica, le cardinal camerlingue.
Dès que la maladie du pontife a pris un caractère grave, son secrétaire d'État en avise : 1** le cardinal doyen, pour qu'il ait à se rendre ainsi que ses collègues du Sacré-Collège au palais apostolique, et 2® le cardinal vicaire, chef du diocèse de Rome, pour qu'il ordonne des prières dans toutes les églises. D'ordinaire, le secrétaire d'Etat prévient aussi le Corps diplomatique . L'administration et la police intérieure du palais relève du préfet des palais apostoliques, charge confiée parfois au prélat majordome ou plus convenablement exercée par le secrétaire d'État lui-même.
Lorsque le pape n'est pas surpris par la mort, il appelle près de lui ses prélats domestiques et les dignitaires de sa famille pontificale. Les cardinaux se réunissent autour de son lit : le cardinal grand-pénitencier assiste le pontife mourant de concert avec son confesseur (1) ; l'évêque-sacriste (2) lui porte le saint Viatique et lui donne le sacrement de TExtrême-
(1) Le confesseur du pape Tentend déboutât Tabsout en omettant, dans la formule d'absolution, le passage qui indique la rémission des peines et censures canoniques.
(2) Le iSacrûfedupape est toujours un moine de Tordre de St-Âugustin. Toujours vêtu de noir.il ne porte d'autre signe distinctif que l'anneau, la croix pectorale et le cordon vert à son chapeau. Il est presque toujours évéque titulaire de Porphyre. Sa principale fonction est de veiller sur la sacristie pontificale et son trésor de reliques, d'assister le pape aux messes basses dites avec une certaine solennité et de l'accompagner aux chapelles et fonctions publiques. — Il a sous sa direction le sous^xacristê, du môme ordre, qui remplit les fonctions de curé pour le personnel qui habite le palaiB pontifical.
Onction ; après quoi le grand-pénitentier lui fait réciter la profession de foi formulée par les conciles de Trente et du Vatican, puis il prononce sur lui la grande absolution suprême et la formule de l'indulgence in articulo morlis. Les généraux des grands Ordres religieux sont là, avec les cardinaux, afin de donner au mourant la communication des indulgences spéciales qu'ils ont le privilège de conférer. Le sacriste récite les émouvantes prières de la recommandation deTâme : Proficiscere, anima christiana.., et une partie du récit évangélique de la Passion du Sauveur. Les prélats domestiques et les cubiculaires ne quittent pas le lit du mourant (1).
Au moment de l'agonie, onprévient les pénitenciers de la Basilique de St-Pierre qui, avec les gardes-nobles, auront à veiller le cadavre et à lui donner les premiers soins de la piété ecclésiastique. En attendant, ils psalmodient les psaumes de la pénitence (2),
(1^ Si son état le permet, le pontife s'adresse une dernière fois à ses frères, les cardinaux réunis autour de son lit, leur recommande rÉglise et l'élection de son successeur; au besoin, leur dit son testament et désigne le lieu de sa sépulture, leur donnant sa dernière bénédiction apostolique. Rien d'émouvant comme ces allocutions suprêmes du père de la chrétienté : l'histoire a conservé^ entre autres, celles particulièrement touchantes de Nicolas V et de Pie II.
Mais la mort est quelquefois plus prompte et ne laisse pas au chef de l'Église cette dernière consolation. Grégoire XVI ne l'eut point. Pie IX avait reçu les derniers sacrements dès le matin. Le cardinal Bilio^ grand-pénitencier, récita la recommandation de Tâme et lui suggérait des pensées pieuses. Avant l'agonie, vers 3 heures, il le pria de bénir le-Sacré-Collège ; le pape fit, d'une main faible, le signe de croix. Six cardinaux se trouvaient présents au moment suprême, ainsi que les médecins et les prélats de l'entourage habi* taèl. Dans un salon voisin, se tenaient bon nohibre de membres du patriciat romain et du corps diplomatique.
(2) Les pénitenciers attachés au service- de la Basilique vaticane, sont, depuis Clément XIV, les moines cordeliers franciscains de l'Ordre des mineurs conventuels. Au nombre d'une douzaine environ, ils entendent les confessions des fidèles dans les principales
Aussitôt que le pontife a exhalé son dernier soupir, le secrétaire d'État, en sa qualité de préfet du palais apostolique, prévient le cardinal camerlingue soit directement, soit par l'intermédiaire du majordome ou du préfet des cérémonies. Le camerlingue convoquant à son tour ses subordonnés immédiats, les prélats de la chambre apostolique, se rend au palais pontifical pour en prendre possession et aviser aux premières nécessités de Tadministration qui lui incombe durant l'interrègne (1).
Son premier acte est une mesure d'administration conservatrice. Un des prélats de la Caméra ou, au besoin, quelque autre dignitaire, est immédiatement chargé par lui de la garde de l'appartement pontifical avec ordre d'en dresser l'inventaire. Au moment de la mort de Pie IX le 7 février 1878, vers 6 heures du soir, le premier ordre donné par le cardinal camerlingue Pecci, fut celui de faire évacuer le Vatican par la foule des visiteurs et des curieux qui avaient pénétré jusque dans la chambre mortuaire.
langues de rSurope, comme l'indiquent les étiquettes apposées à leurs confessionnaux. Ils se tiennent à leur poste, à Theure des offices de la Basilique. Leur supérieur est le cardinal grand-pénitencier. Ils jouissent, au for intérieur de la conscience, des facultés les plus étendues. Le signe de leur juridiction est, conformément au symbolisme biblique.un bâton ou longue baguette {Virga polentiœ), dont ils frappent la tête de ceux qui s'agenouillent devant eux : acte d'humilité auquel est attachée une indulgence de vingt jours (Rescrit de Clément XIV du 5 août 1774). Ils habitent, non loin du Vatican, un couvent que Jules II a bâti pour eux. Il y a des pénitenciers attachés aux autres Basiliques patriarcales : des dominicains à Ste-Marie Majeure, des franciscains observants à St-Jean de Latran, des bénédictins à St-Paul hors les murs.
(1) Le cardinal camerlingue Pecci, le 7 février 1878, s'étant installé au Vatican, dans la journée même, dès que Pie IX eût reçu les derniers sacrements, se trouvait ainsi à môme de pourvoir, immédiatement, à toutes les mesures que les circonstances exceptionnelles pouvaient exiger.
Le second acte officiel du camerlingue, acte que le cardinal Pecci accomplit le soir même, est Texercice des fonctions d'officier d'état civil. Vêtu de violet, en signe de deuil, ayant même déposé le collet rouge, portant le rochet sous la mantelette de pavonazzOy le camerlingue, accompagné des prélats de la Caméra^ dont le surplis ou rochet sans dentelle est recouvert d'une mantelette noire, en présence du majordome, du maître de chambre, des camériers secrets participants du pontife, est introduit dans la chambre mortuaire près du lit funèbre où le corps du défunt est encore étendu et qu'aucune main n'a touché. Le visage du cadavre est couvert d'un voile blanc ; à l'entour du lit sont rangés les pénitenciers de St-Pierre récitant les psaumes de la Pénitence et l'office des morts. Le camerlingue, s'agenouillant sur un coussin violet, fait une prière silencieuse, et pendant que les valets de chambre découvrent le visage du pontife, le camerlingue s'approche du lit, pour constater le décès.
Dans son symbolisme hiératique et sa simplicité antique, la scène est émouvante et grandiose.. Avec un marteau d'argent, il frappe trois coups sur le front du défunt en l'appelant trois fois de son nom de baptême. Jean ! Jean !! Jean !!! répète, d'une voix émue et ferme le cardinal camerlingue Pecci, dans la soirée du 7 février 1878, vers huit heures. Puis se tournant vers les assistants, le pape est vraiment mort^ leur déclare-t-il. Tous s'agenouillent et le cardinal récite le De profundis avec l'oraison de l'absoute et fait Taspersion de l'eau bénite.
A c'e moment, le maître de chambre lui remet Vanneau du Pêcheur pris au doigt du défunt. C'est le si-
de même de remettre le nouvel anneau du pêcheur au pape futur quand il s'agenouillera devant lui, sur les marches de l'autel où le dernier et décisif scrutin aura été dépouillé. £n attendant, la juridiction papale, symbolisée par cet anneau, demeure suspendue. Séance tenante, à genoux, aux pieds du lit funèbre, un protonotaire donne lecture de Pacte qu'il vient de dresser, attestant à la fois la constatation du décès, la reconnaissance du cadavre et la consignation de Panneau symbolique entre les mains du camerlingue.
Ces formalités terminées, le camerlingue se retirant dans une des salles voisines de Tappartement pontifical, fait les notifications officielles du deuil de rÉglise. Jadis il devait en aviser, en premier lieu, le sénateur, chef de la municipalité qui l'annonçait au peuple par le son de la grande cloche du Capitole. Et alors sur l'ordre du cardinal-vicaire avisé de son côté, les cloches de toutes les églises de la ville répondaient en chœur (i). Puis il donnait des ordres pour
du siège, aucun document n'est expédié par la chancellerie apostolique. Au surplus, ce sceau, de môme que celui de Tanneau du p<3cheur, sera brisé à la première congrégation plénière du Sacré Collège.
Le troisième sceau est un cachet aux armes familiales du pontife qui s'en sert pour cacheter ses lettres personnelles. Pour ce motif il n'est pas brisé comme les deux précédents sceaux officiels.
Depuis quelques années Léon XIII a introduit l'usage d'un quatrième sceau, qui remplace la « bulle » do plomb, pour les bulles de moindre importance ou « de grâce mineure ». Il a décidé que pour plus de simplicité et de rapidité dans les expéditions, ces documents ne seraient plus écrits en caractères gothiques ou archaïques. En conséquence, au lieu d*y attacher la « bulle » de plomb, on y imprime à l'encre rouge, comme sur les brefs, un sceau portant Timage des deux apôtres avec le nom du pontife. Il est probable qu'à l'avenir ce nouveau sceau bullaire devra être brisé comme les autres.
(1) Autrefois, le Sénateur assemblait aussitôt les milices du Capitole. Un détachement commandé par le chef des présidents de quartiei-s (priore dei Caporioni) se rendait aux Carceri nuovCy au
que des courriers partissent dans tontes les directions notifier aux cardinaux absents la mort du pape et afin de les convoquer au conclave... Aujourd'hui, cet avis leur est donné par des télégrammes expédiés sur l'ordre du camerlingue et par des lettres chargées remises immédiatement à la poste, lesquelles contiennent les instructions supplémentaires qu'il ne convient pas de confier au télégraphe.
En 1878, la notification fut faite au peuple par un avis du cardinal-vicaire affiché à la porte des églises dans la nuit même (1). Aux cardinaux résidant
bruit du tambour, délivrer \ea prisonniers condamnés pour dêUts peu graves. Ceux qui étaient condamnés pour crimes étaient détenus au château S t- Ange et ne participaient pas à cette grâce ; mais ceux qui devaient ainsi leur liberté au pape défunt étaient censés prier pour le repos de son àme.
Des mesures provisoires étaient prises pour garantir la tranquillité de la ville. Partout les postes étaient doublés, les troupes étaient consignées et des ordres semblables étaient envoyés aux gouverneurs des États pontificaux.
Aujourd'hui ces mesures d'ordre public sont prises par le gouvernement italien dont la police guette avec une inquiétude fiévreuse les alarmes que peut faire naître la santé du pape. En 1878, le ministère du roi Humbert ne cessait d'affirmer aux gouvernements étrangers qu'il avait pris les dispositions les plus rigoureuses pour le maintien de Tordre et de la liberté du conclave, et M. Grispi, alors ministre de Tintériour, s*est souvent vanté depuis d'avoir assuré alors la parfaite liberté extérieure du conclave. Vu la brièveté exceptionnelle du conclave et aussi la situation générale de TEurope, à ce moment, le mérite du ministre italien semble assez modeste. M. Nicotera, son successeur, parut récemment s'inspirer des mêmes préoccupations. On lui prête ce mot : « Moi aussi, j'aurai mon conclave » I Le fait est que, lorsqu'on janvier 1892, les faux bruits d'une maladie de Léon XIII s'accréditèrent, des régiments avaient été appelés de Pérouse et de Gaserte à Rome. C'est que le gouvernement italien, toujours hanté par le chimérique espoir qu'un pape de caractère accommodant pourra finir par ratifier le fait de Rome capitale d'Italie, veut éviter à tout prix la célébration du conclave hors de Rome ; il a peur de voir élire un pape étranger. On a8sui*e que le ministère Giolitti a, de même, pris toutes les dispositions et assigné d'avance, aux divers régiments de la garnison, les postes qu'ils devront occuper.
(1) Gette notification prescrivait une sonnerie de cloches, pendant
dans les villes d'Italie ou de l'étranger, le camerlingue, cardinal Pecci, fit expédier des télégrammes. Le corps diplomatique fut avisé par une lettre du secrétaire d'Etat, cardinal Siméoni, qui cessait, par làmême, ses fonctions (1). Celles-ci passent de droit au prélat secrétaire du Sacré Collège, qui, pendant toute la durée de Tinterrègne et du conclave, remplira l'office de pro-secrétaire d'Etat du Sacré Collège^ Le substitut de la secrétairerie d'État, par disposition du camerlingue, reste d'ordinaire en fonctions, conservant la garde de ses bureaux, mais toujours aux ordres du Sacré Collège et de son secrétaire.
Demeurant ainsi provisoirement le chef de Tadministration pontificale et, à ce titre, prenant en mains l'expédition intérimaire des affaires courantes, le camerlingue constitue dans la soirée le pouvoir exé-
Tespace d'une heare dans toutes les églises, ordonnait des prières et offices funèbres et annonçait la célébration de la cérémonie des {uTkéralUes dans la basilique vaticane. Au Capitole, après d'assez longues hésitations, le syndic Pianciani fit sonner la grande clocbo une heure après les autres.
(1) Voici en quels termes le secrétaire d'État notifia au corps di^ plomatique la mort de Pie IX :
€ Du Vatican, le 7 février 1878. — Le soussigné cardinal Slméoni, avec un sentiment de deuil plus profond qu'il ne saurait l'exprimer, annonce à V.E. la mort du Souverain Pontife, Pie IX, décédé anjourd'hui à 5 heures 35 de l'après-midi, en suite d'une paralysie pulmonaire soudaine, à laquelle il a succombé en peu de temps.
c En remplissant ce douloureux devoir que lui imposaient les fonctions qu'il a remplies jusqu'à ce jour, le soussigné prie V. E. de faire connaître à son gouvernement la cruelle perte que fait l'Église dans la personne d*un tel pontife. En même temps, il ne peut se dispenser d'exprimer à V. Ë. ses remerciements les plus sincères pour la courtoisie et la bienveillance que vous avez bien voulu lui témoigner dans les relations diplomatiques et dont il conservera le plus agréable souvenir.
c Pendant la vacance du Siège apostolique, V. E. devra, pour la correspondance nécessitée par les affaires, s'adresser à Mgr Lasagni, secrétaire du Consistoire et du Sacré Collège. — Signé Je^LU^. Gard. Siméoni >.
ciitif, par radjonction de ses collègues, les trois Chefs d'ordre. Il assistera le surlendemain à la première séance plénière du Sacré Collège. En attendant cette séance, il réunit dans une salle du palais les prélats de la Chambre apostolique, et, dans cette première conférence, leur distribue les charges les plus urgentes : consigne de Tappartement pontifical ; surveillance des domestiques et de tout le personnel de service (lu palais apostolique ; intendance des jardins, musées, écuries, et dépendances ; garde de la Daterie-, des diverses secrétaire ries, de la chancellerie, de la bibliothèque, des archives, des sceaux pontificaux, etc. Jadis s'y joignait la garde du château St-Ange, des prisons, des arsenaux, du ministère des armes, le soin de l'administration du trésor public et de la police (1) . Le camerlingue, à partir du moment où il quille la chambre mortuaire, est accompagné delagarde suisse qui se met à ses ordres et, jusqu'à son entrée en conclave, ne cesse de lui rendre les honneurs, comme au maître de la maison (2). En 1878, le cardinal Pecci
(1) En 1878, le cardinal camerlingue Pecci ne tint compte qu'en partie Je l'usage de réserver aux seuls Chierici di caméra^ les diverses charges de l'administration provisoire, et de conserver en général le personnel en fonctions. Néanmoins ces prélats assistèrent le camerlingue dans l'acte de la reconnaissance du cadavre et se réunirent près de lui pour la congrégation d'usage, ce dont mention fut faite dans l'acte mortuaire rédigé et lu, séance tenante, par le doyen dos protonotaires.
(8) Les gardes-suisses forment l'escorte militaire du Souverain Pontife. Ils sont recrutés exclusivement dans les cantons catholiques de la Confédération. Leur casernement est installé au pied du palais apostolique du côté de la Porta angelica^ près de l'ancienne petite église française de St-Pellerin, auprès de laquelle il y avait, dès le IX» siècle, un hospice pour les pèlerins, desservi par des moines français soumis à la juridiction de Fulrade, le célèbre abbé de St-Denis, ami de Gharlemagne. Près de là, passait la rue qui, au moyen-âge, était appelée la rue française, Ruga Frandgena. Les gardes-suisses ont conservé le chapeau de Henri IV et le cos-
s'était installé d'avance au Vatican, dans une partie de l'appartement du secrétaire d'État. Au moment de la mort du pape, il donna ordre de fermer immédiatement tous les meubles et tiroirs et en prit les clefs. 11 se montrait d'ailleurs partout, précédé des Suisses, donnant ses ordres avec une énergie et même une rigueur qui causèrent un étonnement général et salutaire (1).
Un détail de toilette qui mérite d'ôtrc noté.
En quittant la chambre mortuaire, le camerlingue se retire un instant dans rantichambre secrète pour déposer sa mantelleita et « découvrir son rochet ». Devant le pape, tous les dignitaires de PEglise ont le Tochet ou surplis recouvert de la mantelktta, signe que leur pouvoir de juridiction est suspendu. Laisser voir le rochet, pendant la vacance du Siège, et porter la simple mozeite OMpHerijie est donc, pour les cardinaux, le signe de l'autorité en quelque sorte souveraine, à laquelle chacun participe dans une mesure égale.
Les usages anciens avaient cependant établi une distinction qui se manifestait par divers détails extérieurs entre les cardinaux créés par le pontife défunt et les « créatures » des pontificats antérieurs. Le deuil de ceux-là était plus grand. Ils portaient comme les autres le rochet découvert, mais sans dentelles ; leur soutane violette n'était pas en soie, maisen laine ;
lume pittoresque du XVl* siècle ; ils montent la garde, la hallebarde à la main.
(1) Le rôle du cardinal camerlingue, dans ces circonstances, a été déterminé d'une façon plus précise et plus complète par le nouveau règlement du coHclave, sanctionné par Pie IX, quatre semaines seulement avant sa mort, et que nous reproduisons plus loin, comme le document essentiel de la nouvelle législation du conclave.
elle ne portait ni boutons ni parements rouges ; leurs bas étaient violets ; leurs cellules au conclave, et les meubles à leur usage étaient recouverts d'une étoffe delà môme couleur, tandis que la couleur verte était assignée aux autres. Eux seuls étaient convoqués à la cérémonie de la sépulture du pontife et concouraient aux frais du monument funèbre qui lui était érigé. Ces différences tendent à disparaître : le 13 février 1878, tous les cardinaux assistèrent à la translation de Pie IX et les prescriptions relatives au costume furent simplifiées. Une première disposition du préfet des cérémonies maintenait la plupart des détails traditionnels du vestiaire; mais une seconde communication, faite dès le 10 février, établissait qu'aucune distinction ne devrait être admise. L'habit serait le même pour tous : soutane violette de drap, rochet sans dentelles, mozette et manteau de soie violette, chape de laine de même couleur, souliers noirs, chapeau noir avec cordon rouge sans or : en somme, le vêtement de deuil des cérémonies de l'A vent, du Carême et du Vendredi Saint.
Pendant le deuil de la vacance du Siège pontifical, la prélature porte la soutane, la mantelletta et le collet, en drap noir ; les auditeurs de Rote seuls et les avocats consistoriaux gardent leur costume violet. Les camériers et autres attachés à la famiglia du pontife ne quittent leur habillement violet qu'au moment où le corps a été mis en bière et déposé dans le /ocw/î/5 de la sépulture provisoire. Quant aux évêques du monde entier, dès qu'ils ont reçu la notification du décès, ils revotent aussi le costume noir et ordonnent, par toute la chrétienté, des prières publiques et un service solennel.
Dès que le cardinal camerlingue est sorti de la chambre mortuaire, on s'occupe des premiers soins à donner au cadavre du pape. Le corps de Pie IX fut étendu sur un lit recouvert de soie rouge dressé dans l'antichambre secrète; deux grands candélabres brûlaient aux extrémités ; les pénitenciers de S.-Pierre psalmodiaient l'office des morts et deux gardes-nobles, Tépée contre terre, montaient la garde d'honneur durant la soirée et la journée du lendemain.
L'embaumement doit se faire vingt quatre heures après la mort du Souverain Pontife (1). Pour Pie IX, décédé le 7 février 1878, après S heures du soir, cette opération fut accomplie dans la nuit du 8 février. Los viscères [prœcordia), doivent être renfermés dans une urne de marbre qui, jadis, lorsque le pape mourait au Quirinal, était transportée le soir môme à l'église paroissiale des SS. Vincent et Anastase, par un chapelain secret, dans un carosse escorté de porteurs de torches, pour être remise au curé et, après les prières de l'absoute, déposée dans le caveau que Benoît XIV fit construire à cet effet (2). Pie IX étant
(1) L'asage d'embaumer le corps du pontife défunt no date que de la mort de Jules II (1513). Jusque-là, il n'y eut que l'usage de lotions parfumées faites par les Frères de la Bulle, moines cisterciens alors attachés au service de la Daterie. A partir de la mort de Paul IV en 1559, Tnsage de l'embaumement s'est maintenu constamment : corpus fuit incisum, apertuntj exenteratum, lotum, accomodatum de more^ disent les actes des Gérémoniaires. Clément XIV ne pût être embaumé : la rapidité avec laquelle se produisit la décomposition de son cadavre nécessita la mise en bière immédiate.
(2) Cette ancienne église, rebâtie par Mazarin, et desservie par les ministres des Infirmes de S. -Camille de Lellis, était jadis la paroisse du palais apostolique du Quirinal. C'est à ce titre que ses caveaux recevaient le dépôt du cœur du pape, s'il mourait au Qui-
mort au Valican, l'usage anlérieur et primitif fut tout
rinal. Sixle-Qiiinl fut le premier ilaos ce cas, en 1590. Lorsque le pape expirait au Vatican, ses praxordia étaient traDsportés dans les cryptes vénérables de la Basilique vaticane, j'uxta eorput B, Pe-
naturellement remis en vigueur ; Turnc fut transportée dans les souterrains de S. -Pierre (1).
Quand l'embaumement est terminé, le corps doit être revêtu des habits usuels : soutane et ceinture blanches, rochet de dentelles, mozette, camauro (2) et souliers rouges, pour être exposé sur un lit funèbre, recouvert d'une étoffe de brocart à fond rougo et dressé dans une des antichambres de l'appartement papal. Le corps entouré des moines cordeliers de S. François, pénitenciers de S. -Pierre, qui récitent Toffice des défunts, peut alors être visité par le public jusqu'au moment où il devra être transporté à la chapelle Sixtine.
Pour le cas où le pape mourait en son palais du Quirinal, son corps revêtu des habits poulificaux, posé à découvert sur une litière de parade, traînée par deux mules, était transporté ù travers les rues de la ville, jusqu'au Vatican et déposé directement à la chapelle Sixtine (3).
tri, selon la formule eoiployée par les uécrolo;?es de l'ftglise primitive. En ce siècle cependant, Léon XII et (în'-gnire XVI, morts au Vatican, n*en ont pas moins voulu laisser à Tc^^lise des SS. Vincent et Anastase, leur cœur et leurs entrailles. Des deux, cotés du maître-autel, les noms de plus de vingt papes, de Sixte-Ouint à (îrégoire XVI, sont gravés sur deux pienvs tumulaires. Le lieu de la sépulture des papes, à moins qu'ils n'eu aient décidé autrement, est la Basilique de St-Pierre.
(1) Elle porte l'inscription :
Pnecordia Sanctîe Mémorise Pii Papa? IX. Obiit die septimo mensis Februarii Anni MDCCCLXXVIII Pontincatus Anno XXXII.
(2'; La mozette, signe de juridiction,est un camail ou une sorte de pèlerine pourpre bordée d'hermine.
Le camauro est une calotte profonde éj^'alement bordée d'hermine, ce bonnet archaïque qui donne une physionomie si caractéristique aux anciens portraits, comme le Jules 11 et le Léon X de Raphaël. Le corps de Pie IX fut ainsi habillé vers 8 heures du matin de la journée du 9 février, et exposé jusqu'au soir dans un des grands salons d'antichambre.
(8) Ce transport, qui se faisait aux premières heures de la nuit,
Si au contraire le pape était décédé au Vatican même, le transport de son corps, d'après Tordre observé jadis, devait s'effectuer vingt quatre heures après l'embaumement, c'est-à-dire le soir du second jour qui suivait celui du décès.
Les pénitenciers portaient le brancard soutenant le lit de parade et, une fois à la chapelle Sixtine, revêtaient le corps des ornements pontificaux liturgiques, « comme pour chanter la grand-messe » disent les vieux cerémoniaires : aube, étole sacerdotale, tunique du sous-diacre, dalmatique du diacre, fanon
à travers les longs méandres de la Via papale^ était particulièrement saisissant. A la suite de détachements volants de cavalerie, un piquet de dragons ouvrait la marche ; puis venaient les massiers portant des torches, une compagnie de la garde suisse, le drapeau replié, porté par le capitaine à cheval escorté de deux officiers, l'épëe nue à Tépaule. Un maître des cérémonies à cheval, un grand nombre de valets de pied en livrée rouge et manteau violet, portant des torches ; enfin le brancard à litière, doublé de drap cramoisi à. franges d'or, porté par deux mules blanches, harnachées de deuil, et entouré des pénitentiers de S.-Pierre, et des Sediarii^ portant des torches : des deux côtés marchaient les gardes-suisses. Suivaient un détachement de gardes -nobles, les domestiques du défunt, une compagnie de carabiniers précédés de leurs trompettes et tambours battant des marches funèbres, un détachement de lanciers avec leurs banderoUes repliées et leurs lances baissées vers la terre ; un autre de cuirassiers, Pépée nue et baissée : finalement un train d'artillerie de sept pièces terminait le cortège; éclairé sur tous les points par de grandes torches. Lorsqu'il passait devant une église, les cloches tintaient le glas.
La litière funèbre s'arrêtait au Vatican, près de la statue de Constantin, au pied de la Scala Begia^ d'où quatre pénitenciers la portaient à la chapelle Sixtiue. Là, ils revêtaient le corps des ornements pontificaux liturgiques.
Lors de la mort de Pie VlU, un diplomate décrivait, le 4 décembre 1830, ce cortège nocturne en ces termes : « Le corps du pape a été solennellement transféré hier soir du Quirinal au Vatican. Ce cortège imposant qui a traversé les principales rues de Rome, à la lueur des flambeaux, les gardes-nobles et les haliebardiers suisses qui forment la maison militaire ouvrant la marche, l'artillerie conduisant sept pièces de canon à l'arrière-garde, offrait un spectacle plus guerrier que religieux qui n'avait pas été vu depuis le décès de Pie VII, son successeur Léon XII étant mort au Vatican ».
LES FUNÉRAILLES DU l'APE
LE COisCLAVE. CHAP.
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