V. le plan n- 1 à la (In du volume
et une quinzaine environ dans les pièces qui relient cet appartement à l'aile de la bibliothèque (1).
Mais plus Ton s'élargissait, plus on voulait s'élargir encore, et Ton parvint, au XVIIl* siècle, à se donner un peu plus d'espace en annexant aux places déjà conquises la Loggia de la Bénédiction qui s'étend audessus du parvis de la Basilique de S. Pierre (2). Loi's de l'élection de Pie VI (1775), cette longue salle abritait douze cellules ; les autres se trouvaient, pour la plupart, au premier étage du «< Palais neuf » ; on n'en comptait que cinq dans la salle Ducale, trois dans Pappartement Borgia, sept dans les chambres qui conduisent à la bibliothèque (3).
Les cellules avaient fini par constituer une sorte de mobilier stable, une charpente toujours prête, emmagasinée dans un grenier et dont on montait et démontait les pièces numérotées chaque fois que besoin était.
Toutes les cellules étaient d'ailleurs semblables : quatre mètres cinquante de long sur trois mètres soixante quinze de large. Les parois en planches étaient recouvertes d'étoffe verte ou violette. La porte était formée par une tenture ou portière fixée par deux morceaux de bois croisés en forme de Xque l'on appelait familièrement Je SanC Andréa ; au-dessus se plaçait Técusson du Cardinal que le hasard du sort y faisait demeurer. Bien que chaque cellule servît à la fois de chambre à coucher, de salle à manger et de salon de réception, l'ameublement était des plus
(1) V. le plan n« II.
(2) Elle a été aménagée, sous le Pontificat de Léon XIII, pour la célébration de certaines grandes cérémonies, telles que les canonisations ou l'audience de pèlerinages particulièrement nombreux.
(3) V. le plan n» III.
sommaires et se bornait au strict nécessaire. Mais un des principaux inconvénients de cette installation plus pitlorresque que commode se trouvait dans la diflîculté de l'aération. Les Cardinaux pouvaient du reste se faire mutuellement des visites, et, plus d'une fois, les conférences tenues dans ces étroits cabinets préparèrent les combinaisons et les cand idatures définitives.
XVli' el XVIII' siècles.
Des cellules semblables, mais plus petites, étaient aménagées dans quelques-uns des nombreux recoins du palais pour les conclavisics. Les domestiques occupaient un bout du corridor dit n du Belvédère » {actuellement, galerie des inscriptions), où se trouvaient les communs. Le secrétaire avalisa celluledans l'aile grégorienne ; le sacristain & cùté de la cbapellc Pauline ; le confesseur, les médecins, chirurgiens et employés occupaient des pièces contigiics à la salle Ducale ;'Ja'pharmacie et les autres services accessoires se trouvaient établis aux alentours de la chapelle
Sixtine. Quatre « roues » ou tours, analogues à ceux desparloirs des couvents cloîtres, assuraient d'ailleurs et la clôture et les indispensables communications avec le dehors : deux de ces tours étaient placés en haut des escaliers qui mènent de la cour S. Damase à l'appartement pontifical et aux loges de Raphaël ; un troisième à l'extrémité du quartier des domestiques, dans le corridor du Belvédère, du côté de l'atelier des mosaïques ; un quatrième enfin, au haut de la Scala regia qui s'ouvre sur la Salle Royale, à côté de la Sixtine (1). L'escalier en face aboutissait à la grande porte strictement condamnée, au guichet de laquelle les cardinaux assemblés dans la Salle Royale donnaient audience aux diplomates et ambassadeurs. La petite cour triangulaire dite « du Maréchal », sur laquelle s'appuie cet escalier, était, à cause de cela, occupée par les gardes du Prince Custode du Conclave, et l'appartement de ce dernier, contigu à cet escalier del Maresciallo^ communiquait de l'autre côté avec l'avenue de la Scala Regia.
Au dehors, sur la place de S. Pierre, une baraque en bois servait de corps de garde aux « troupes » de ce prince, tandis qu'à l'autre extrémité de la place, un casernement de milices était chargé de pourvoir à la surveillance de la porte Cavallegieri et de la porte S. Spirito^ du côté de la Lungara. Quant au pont S. Ange, une grille de bois en barrait l'entrée, et ses deux têtes se trouvaient gardées par des détachements de soldats dont la consi-
(I) L'idée de ces Tours, comme moyen correct de communication claustrale avec le dehors avait été suggérée, pour la première fois, au conclave de Jules II par Paris de Grassis, le successeur de Bur- <;hard dans les fonctions de cérémoniaire.
320 LE COSCLAVE. — CHiP, IS
gne était de ne laisser passer que les gens munis de la médaille de passe. Le Horgo, ou la cilé Léonine entière, faisait ainsi partie du Conclave dans ertaine mesure.
a moi't de Pie VII (1823), on résolut d'organiser nclave, non plus au Vatican, mais au Quirinal la situation élevée passait pour plus salubre, la distribution, plus régulière, imposait moins rvitudes et se prêtait mieux à ratigncment des les. Presque toutes, en effet, furent établies dans isles galeries qui s'étendent le long de la rue acjdu Vingt Septembre, et cette rue même, depuis 'refour des Quatre-Fonfaines \\xs<\a'a\i palais de nsulta, fut alors interdite k la circulation, jsleurs fois déjà, on avait songé à installer quel- )art, comme à Avignon, un conclave permanent ispen^ât de travaux dispendieux àchaque vacance iègc pontifical. Au XV* siècle, après la mort de [ cl d'Alexandre VI, quelques cardinaux' avaient >sé d'aménager à cet effet le château S. Ange. s la mort d'Alexandre Vil (1687), on conçut, sans ;uler, leprojet d'utiliser ainsi le palais du Oiiri- Innocent XII (1691) songea a établir le con-
permanent soit dans le palais du Latran, soit des locaux construits au-dessus de la colonnade
Pierre. Cette dernière combinaison souriait à ît XIII (1724) qui en entretint l'arcliitecle Ber-
Pie VI inclinait à employer à cet usage la >n Canoniale qu'il avait construite près de la elle sacristie monumentale pour le service du tre de S. Pierre. En choisissant le Quirinal, on it, en 1823, avoir trouvé la solution définitive :
un outillage préparé adhoc^ s'adaptait parfaitement à un local toujours prêt ; il suffisait de le retirer des magasins du garde-meuble pour le monter très rapidement.
Mais les calculs et les prévoyances des hommes sont souvent déjoués par les événements. L'installation monumentale d'Avignon n'avait servi que pour deux conclaves : celui de Grégoire XI qui ramena la' papauté à Rome et celui de l'obstiné Pierre de Lune. AuQuirinal,il y en eut quatre qui aboutirent aux élections de Léon XII, de Pie VIII, de Grégoire XVI et de Pie IX. Et puis, le palais pontifical étant devenu le palais royal de Victor-Emmanuel et de son fils Ilumbert, l'on n'a jamais su où passèrent les charpentes, les planches et les tentures réservées pour les conclaves futurs. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il a fallu tout improviser en 1878, et certes dans les conditions les moins favorables.
Il importait donc de se mettre a l'onivre immédiatement lorsque, dans la matinée du 9 février 1 878, la tenue du conclave à Home eût été résolue. Dans la congrégation plénièredu 10 février, le Camerlingue exposa à ses collègues que, d'avance, le secrétaire d'Etat, cardinal Siméoni, avait chargé l'un des architectes des palais apostoliques, V. Martinucci, d'élaborer deux projets de conclave: l'un, utilisant les bâtiments de la Canoniale et de la sacristie de S. Pierre ; l'autre, aménageant les appartements de la clôture électorale dans l'intérieur du Vatican morne. Le premier de ces projets ayant été aussitôt écarté, une commission de quatre cardinaux, leurs Emincnccîj di Pictro, sousdoyen, Siméoni, préfet des palais apostoliques, Sacconi, chef de la Daterie et IJorronico, archiprôtre
LE CONCLAVK. — lil
de s. Pierre, fut désignée pour examiner le second et assister le Camerlingue dans la direction des travaux (1). Le soir même, les plans du sieur Martinucci, modifiés en quelques points de détail, étaient approuvés (2) et les travaux commençaient. L'un des membres de la commission directive, le cardinal Borromeo, s'installa au Vatican pour les activer. Aussi bien, le délai de neuf jours était courl, et les charpentiers, maçons et autres ouvriers, au nombre de près de cinq cents, travaillaient nuit et jour.
La construction du Conclave de 1878 (3) différait de celle des précédents en deux points essentiels : 1° la suppression des cellules et 2*^ Tenglobement de tous les étages du palais pontifical dans la clôture. Comme Ton ne disposait plus des matériaux jadis conservés au Quirinal, et qu'il aurait été trop long de reproduire les anciennes cellules en planches, d'ailleurs peu commodes, on préféra découper de petits appartements de trois ou quatre pièces dans les grandes salles du Vatican. L'établissement de simples
(1) La nominafion de cette commission se faisait conformément aux dispositions du règlement de Clément XII prescrivant que, dans la première congrégation novemdiale, « on députe quelques cardinaux qui veillent à la construction du Conclave ». Cette première commission, dans la neuvième congrégation, est remplacée par une autre de trois cardinaux qui devront, pendant toute la durée de la période électorale, veiller à la clôture et à l'entretien du Conclave.
{2) Ce sieur Mnrtinucri fût celui-là même qui, estimant que ses peines de constructeur du Conclave avaient été insuffisamment rétribuées par la somme de 1000 francs (qui lui avait été allouée en dehors de son traitement ordinaire d'architecte des palais apostoliques), porta ses réclamations devant les tribunaux italiens et provoqua le retentissant procès qui fournit, au gouvernement du roi Humbert, l'occasion de proclamer la dépendance du pape et de ses ministres de la juridiction politique et judiciaire du royaume.
(8. V. à la fm du volume le Plan n^ IV, indiquant l'aménagement du premier étage, d'après l'esquisse de R. de Cesarc.
cloisons fut rapidement exécuté ; certaines pièces particulièrement élevées furent même coupées en deux, par des planchers à mi-hauteur. lien résulta nombre de petits appartements composés de trois ou même quatre pièces, dans lesquels chaque cardinal pouvait loger, près de sa chambre, son domestique et son conclaviste, tout en disposant d'une pièce comme salle à manger ou comme salon. Tout cela était bien entendu et beaucoup plus conforme aux exigences d'un conclave moderne.
Par contre, ces dispositions avaient un réel inconvénient : celui de disséminer ces petits appartements à travers chacun des étages du palais, ce qui imposait à des vieillards, infirmes pour la plupart, la nécessité de monter et descendre fréquemment les escaliers du Vatican. L'ascenseur qui fonctionne actuellement dans le pavillon de l'horloge n'existait pas encore.
L'on avait exclu l'idée d'utiliser, comme au dernier siècle, la grande salle de la Bénédiction au-dessus du parvis de la Basilique de S. Pierre, et il fallut, pour trouver assez de place, faire déloger un certain nombre d'employés ou de prélats de service dont les appartements durent entrer dans l'enceinte de la clôture. On assigna et aménagea, pour ces expropriés, des logements dans d'autres parties du palais.
Ainsi l'on disposa, au rez-de-chaussée de la cour S. Damase, d'une partie de l'appartement du Majordome et des pièces qui le mettent en communication avec le corps principal du « Palazzo nuovo ». L'on obtint là huit appartements qui échurent aux cardinaux Consolini, di Canossa, de Falloux, Mac-Closkey, d'Avanzo, Franzelin, Mertel, Asquini. Le bastion d'angle, ou Torrione^ fournit le logement des deux cardi-
.-'-il
■ti
naux Borromeo et MarUnelU ; le cardinal Hohenlohe fut logé dans les bureaux de la comptabilité de Tadministration palatine, au pied de Tescalier d'honneur, et le cardinal Caverot se trouva seul, à l'autre bout de la cour, près Tenlrée de l'atelier des mosaïques, dans les bureaux de l'architecte.
Au premier étage, dans Taile de la salle Ducale, de la salle des parainejiti et du quartier des gardes nobles, on trouva place pour rf/^ cardinaux. On put ménager quatorze appartements cellulaires dans les salles qui s'étendent au-dessous de Tapparteinent pontifical, et dont on avait fait sortir, avec le général Kanzler, quelques camériers secrets; Tétage contigu du Torrione en fournit trois autres, qu'occupèrent les cardinaux Parocchi, Pacca et de Luca.
Le second étage du Palais-neuf, près de l'appartement pontifical demeuré vide, ne fournit qu'w/i seul logement, celui du cardinal Ferrieri. Par contre, dans Taile des loges de Raphaël, Thabitation de Taumônier et celles de divers prélats qui se trouvent au-dessus de la salle Ducale et de la salle des paramenti, purent recevoir n^w/ cardinaux.
Au troisième enfin, l'appartement du secrétaire d'Etat qui seul, à cet étage, fut renfermé dans la clôture, permit d'installer onze cardinaux.
La salle du Consistoire, au second étage, servit pour les réunions plénières du Sacré-Collège ; les diverses commissions et congrégations particulières se virent assigner les salles du 1" étage situées sous Je pavillon de Thorloge, dans Taile de Grégoire XIII. Au rez-de-chaussée du môme bâtiment, furent installées les cuisines, service qui fonctionna pour la première fois dans un conclave. Les autres services
accessoiressetrouvèrentétablis, comme au X VHP siècles, dans les divers locaux du w Palazzo Yecchio » aux alentours de la chapelle Srxtine.
Il n'est pas contestable qu'en cette occurrence si nouvelle, on sut tirer un excellent partidu vaste, mais irrégulier palais où les papes signent leurs bulles apud Sanctiim Petrum, L'expérience pourra suggérer quelques perfectionnements de détail, mais il est à prévoir que l'organisation matérielle des conclaves futurs — au Vatican — ne s'écartera pas sensiblement des dispositions adoptées lors de Télection de Léon XIU.
Mais les prochains Conclaves pourront-ils se tenir au Vatican? dans ce palais que le gouvernement Italien revendique à tilre de propriété nationale tout en le laissant, comme un pied à terre, à la disposition du pape pro tempore ? C^est là le secret de la Providence. En présence d'un tel état de choses, on peut vraiment se demander si nous ne reverrons pas, sinon les Conclaves-dortoirs, avec ou sans rideaux, de Grégoire X et de Clément VI, du moins les Conclaves conventuels comme au XIIP ou XIV" siècle. Déjà l'on a parlé de divers édifices, à Malte ou en Espagne, où les électeurs pontificaux pourront ôtre reclus ; et peut-être nous sera-t-il donné de voir, comme on l'a prédit, le Conclave moderne s'installer dans quelque grand hôtel de Suisse ou de Monaco, loué et clôturé pour la circonstance. Les dominicains chassés de leur couvent historique de la Minerve et les jésuites expulsés du Gesù^ ont bien acheté à Rome, pour y établir leur Curie généralice, de vastes hôtels que n'alimentait plus suffisamment le flot des touristes Le Conclave, comme
la papauté, comme l'Église elle môme, peut s'adapter î. ti^ii^es les époques, à toutes les situations, à toutes icessilës du temps et de l'histoire !
étudiant ainsi le détail de l'organisation matéd'un conclave, on comprend qu'une question ilaire assez importante se pose.
1878 l'exécution des travaux dirigés, par l'arîte Martinucci entraîna un compte total de 1 l'r. 67, (1) et cela en dehors des dépenses ocméespar l'aménagement de la Chapelle Sixtine le lieu de vote. Orl'architecteVespignani, spélent chargé de ce travail, présenta encore, de ce un solde de près de 20.000 francs (2). : frais de la sépulture de Pie IX, s'élevant à ues milliers de francs, furent supportés par le tre de S. Pierre ; les autres dépenses, celles noent qui se rapportaient £l l'entretien du personiironl acquitléeR par l'administration des Palais :oliques. En tout, l'on estime (3) que la dépense aie occasionnée parla vacance du siège pontifii guère lEJO.OOO francs (?).
îici le dptail : Fournitures de bois : 1.200 ; — de fora : 4ô3 ; apiers: 470; — Iravaux de menuiserie; a3.3fl4; — maçons; -9:— sen-nrier: 5.iJ00 ; — peintre: 0.100; — lailleur de 910.43 ; — aluccaleur : 2.827 ; — vitrier et plombier . S.W); illatioii du Kflz : 7S1 1 — des Eonnetles électriques : 200 ; — laul des travaux cl matériaux : ^! ; — ouvriers à la jour- 8i7.i5. Total: 57.873.67.
élall : Peintre décorateur ; 1.170 ; — menuisiers : 6.977.54 ; ssier: 2.252; - serrurier: 1.450; — fournisseurs divers : î. — Total: 19.901.30.
, de Cesni-e. II Conclave di Leone XIII, 1688, p. 437.
Les Conclaves étaient jadis beaucoup plus dispendieux. En ce siècle même, ceux de Léon XII, de Pic VDIet de Grégoire XYl qui furent relativement longs, coûtèrent à la Chambre Apostolique le premier 93.000 écus, soit 492.123 francs (1); le second 118.907 écus, soit : 638.310 francs (2), et enfin le troisième 134.747 écus, soit: 723.631 francs (3).
Et encore noire siècle réalisait-il déjà, dans ces premiers conclaves, de notables économies. Ce n'est pas que la Cour romaine, et surtout le Saint-Siège, n'eussent toujours visé à la diminution de ces dépenses. On a vu, déjà, Pie IV en 1362 et Grégoire XV en 1621 réagir de toutes leurs forces contre les frais excessifs des funérailles pontificales. Après eux, ce furent Alexandre VIII en 1690 et Clément XII en 1732 qui s'efforcèrent de restreindre, sur toute la ligne, les dépenses vraiment abusives auxquelles donnait lieu la vacance du S. Siège. Mais rien ne résiste comme les abus.
En établissant le Conclave, Grégoire X avait posé le principeque, pendanttouteladurée de l'interrègne, les cardinaux ne devaient rien toucher des revenus de la Chambre apostolique. Cette règle, sanctionnée par tous les papes jusqu'à Clément XII, fut étendue par Alexandre VIII et par Innocent XII à tous les prélats de la Chambre. Donc les principaux personnages, les électeurs surtout, n'avaient, par ce fait, aucun intérêt à prolonger la durée du conclave. Mais en revan-
(i) Dardano, Biario. — (2) Moroni, Dizionario.
(3) Le détail de ce dernier chiffre aurait été d'après Moroni :
Pour les funérailles de Pie VIIÏ : 19.656 écus ; pour l'aménage-
ment et le service du conclave : 76.050 écus ; pour les cérémonies
du couronnement : 39.040 écus.
chc, les subalternes conlinuaîentày trouver leur protîl. a mort du pape, les employés de toute espèce rimaient, en retour de services fort problématiques, ; gralilications extraordinaires ; les agents de ta ancellerio ou de la Daterie recevaient, en compenîon des revenus casuels supprimés par la cessan des expéditions, le double de leur traitement linaire. De tous c6[és surgissaient des gens reidiquaol, sous un prétexte quelconque une part is les distributions spéciales. Il fallut, pour mettre
freÎD à ce gaspillage, imposer au trésorier de la ambre apostolique l'obligation rigoureuse de préiter au nouveau pape, dans le délai des deux prcers mois, un compte-rendu détaille de toutes les lenses ordonnancées par lui.
Vlexandre VIII limita le nombre des fonctionnai-
du Conclave et restreignit le chiffre de leurs émonents. l'ar son règlement du 29 novembre 1690, il i les sommes destinées à l'entrelien des gardiens la clôture ou des milices chargées de veillera l'or- ! public, et réduit les gratifications accordées t officiers de l'administration municipale. Désor- ■is, les matériaux ayant servi à la construction du nclave, les tentures des cellules, les linges, oments et mobilier de la chapelle seront conservés, lieu d'être partagés, comme des dépouilles, en-
les divers conclavisles. Défense est faite à ces •niers de piller, après l'élection, la cellule du iveau pape (1). Alexandre VIII lise encore à
) Ce siDgulier usage était tellement considéré comuieun droitpar lentonnel que, lorsqu'ils ne pouvaient l'appliquer en fait, les coniates formaient entre eux une Rorte d'assurance mutuelle. Clias'eugageait à payer à la masse de ses confrèi'es une somme de
18.036 livres, la quantité de cire nécessaire aux cierges des funérailles. La plus curieuse de ces prescriptions est celle relative aux distributions de drap ou étoffe de deuil — parmi lugubres — faites à plus de 230 fonctionnaires municipaux, depuis le Sénateur de Rome jusqu'aux gardiens des prisons et au sonnaurde la cloche du Capitole. Les plus distingués d'entre ces personnages recevront chacun 6 ou 8 mètres d'étoffe de première qualité à 20 francs le mètre ; deux autres catégories d'employés n'auront droit qu'à une marchandise de qualité inférieure, au drap de 14 fr. 80 et de 42 francs le mètre.
Clément XII (1) supprima cette étrange coutume : les conclavistes seuls pourront au commencement des saisons, continuer à demander du drap pour se fairedes soutanes et des simarres, etceladanslecasoù, vers le l"juilletou le 1®"" novembre, ils se trouveraient en clôture depuis au moinsdeux mois. Le mêmerèglementdu24 décembre 4731 abolit plusieurs charges devenues des sinécures et établitque les sommes remises jusque-là, pour leurs pauvres, aux chefs des quartiers de la ville, seront distribuées directement par l'aumônier pontifical. Les emplois sont d'ailleurs délimités avec une rigoureuse précision, aussi bien que les traitements ou rétributions qui s'y trouvent attachés. Et même, à ce propos, le pape formule, avec une gravité qui en dit long, le principe un peu élémentaire que les services effectivement rendus doivent seuls être rémunérés. Autre détail caractéristique, le pape défend de faire des provisions exagérées de bois ou de
1500 ducats pour le cas où, son patron devenant pape, sa cellule échapperait au pillage traditionnel.
(1) Ghirographe du 24 décembre 1732.
denrées alimentaires dont les domestiques s'appro- ""fiieiit ensuite le surplus: ceux-ci doivent se coner de leurs salaires et ne point prétendre aux ^pouilles » qui demeurent la propriété de l'adlistration palatine. Une tolérance de fait pluquc de droit laisse néanmoins subsister, pour sacristains et les cérémoniaires, l'usage de se ribucr entre eux des tapis, des cierges et d'auaccessoires de la chapelle, et aussi les restes et 'onds d'huile, de charbon, de cire etc., etc.. Usage leur attire plus d'un quolibet et leur vaut des nocomme celle que je copie chez un chroniqueur l'élection de Pie VllI : « De tous ceux qui contrint au gaspillage, les plus vapaces sont les céréniaires qui se procurent une quantité de cire et lent jusqu'aux lanternes des corridors (1) ». fn verra disparaître sans regret ces coutumes qui at plus de raison d'être. Ceux qui en bénélicicnt oquenL toujours l'argument de la tradition, ta ;e des précédents ; mais il faut que la tradition ose sur quelque chose pour être respectable et que précédents ne soient pas eux-mêmes des abus. ivec quelle facilité se créent les précédents !,.. lixIe-Quint avait distribué, comme don de joyeux nement aux conclavislcs de son élection, «ne somde 10.000 ducats. Depuis lors, ces intéressants sonnages ont toujours réclamé, outre cette gralifiion peu justifiée par les services rendus, des pénis viagèrcsctdesbénéficesdivcrsqui ne leur étaient toujours accordés sans tirage. Grégoire XIII élu 1372 dès le premier scrutin, s'était refusé à ce
don, disant avec raison, qu'en un seul jourde conclave, nul n'avait dû souffrir de bien grande incommodité.
L'usage ne s'en maintint pas moins, consacré expressément par Paul V dans sa bulle Romanum decet du 31 juillet 1605, et par Urbain VIII, dans sa Constitution Circumspecta, du 6 août 1623. Alexandre VIII et Clément XII eux-mêmes, loin de toucher au donativo^ le confirment en quelque sorte par le silence qu'ils gardent à son sujet clans leurs Constitutions. En notre siècle môme Léon XII et Pie VIII réduisent les pensions, mais accordent le don d'avènement que Grégoire XVI porte au chiffre de IS.OOOécus. Léon XIII toutefois ne voulut maintenir ce don qu'en le réduisant à la somme totale de 3.850 écus, et en fixant la pension de chaque conclaviste à 116 francs par an, avec le droit, il est vrai, d'en passer l'usufruit à un autre et d'obtenir l'expédition gratuite de toutes les pièces et concessions de la chancellerie pontificale. Quant aux employés de la Daterie, ils réussirent à se faire doubler, comme jadis, une année de leur traitement.
C'est en se prévalant des anciens usages que l'architecte Martinucci réclama, sous la menace de recourir aux tribunaux italiens, une gratification extraordinaire de mille écus et un emploi mieux rétribué ; c'est encore en parlant de là, qu'une trentaine de gardes-suisses se mutinèrent, sous prétexte qu'on différait le paiement des cent écus qu'ils réclamaient comme un droit. Léon XIII, à cette occasion prononça une parole qui mérite de demeurer historique: Questi usi sono abusil... Ce pontife des temps nouveaux a eu d'ailleurs plus d'une fois le courage — et il en faut — d'affirmer le principe si simple de Clé-
lent XII, que les services effectivement rendus doient seuls Mre rémunérés ; cela n'a pas laissé que de ïîre tort à sa popularité dans le petit monde siibaleinedela Curie romaine; mais, devant la Catlioliit(i, c'est un mérite et un honneur de plus. L'on demeure confondu de voir des écrivains soiisant libéraux (1) prendre parti pour ces « traditiolalistes II avides et reprocher, en réalité, au pontife a fermeté avec laquelle il lit alors prévaloir l'ordre [ans la justice. A la longue, le personnel inférieur de a Curie s'est imbu de la persuasion que l'argent des lapes est sa chose, et que tous et chacun, sans autre itre que celui de la faveur, doivent pouvoir " en nanger », suivant la pittoresque expression de leur angage familier. Il est temps que de semblables préentions disparaissent. Le monde catholique qui sait [ue le souverain pontife, dépouillé par la Révolution, l'a aujourd'hui d'autres ressources que celles de la ;harité des fidMes, entend que son Chef ait de quoi aire face aux besoins généraux de l'Eglise ;mais8on nlention n'est certes pas que son argent serve à faire les pensions ou, commconicdità Rome, des donatifs, i des gens qui ont eu l'honneur d'être admis au scr- 'ice d'un Conclave, service presque nul, honneur très ^nvic. Son intention n'est et ne saurait ôlre que ses acrificcs et ses libéralités aillent ii gratifier, sans meure, des secrétaires ou des valets de cardinaux qui inisscnt par mourir plus riches que leurs maîtres ; à loubler les années de frailement d'employés (|ui n'ont lullement k supporter un surcroît exceptionnel do ravail.
(1) Cfi-, R. de Cesai-e, u,>. cit., p. 'ilît el ss.
Ilyalà d'ailleurs, une considération d'un ordreplus élevé dont il faut tenir compte. C'est un préjugé enraciné dans une foule d*esprits que, dans la Rome pontificale, Targent est un facteur tout puissant et qu'avec lui on peut obtenir des faveurs, des concessions, des distinctions, des avantages de toutes sortes. En ce qui touche le personnel supérieur et le fonctionnement des bureaux de l'administration romaine, Terreur estabsolue.Lahaute prélature, au contraire, est aujourd'hui d'une dignité, d'une délicatesse de tous points remarquables. Il est difficile de trouver des administrations dont la procédure soit par elle-même, aussi peu coûteuse que celle des congrégations pontificales. Malheureusement, tout cela est mal connu et mal su à l'étranger. Les gens du dehors s'adressent d'ordinaire à des intermédiaires subalternes, dont les procédés trompent sur les allures, les pratiques et les conditions réelles de l'administration ecclésiastique. Il y a là tout un monde d'avocats, de procureurs, d*agents, d'expéditionnaires, d'officieux de tout ordre, qui ont l'art de tirer parti de Tignorance ou de la candeur des étrangers, ^'ous avons vu, plus d'une fois, payer des sommes invraisemblables pour des brefs ou des rescrits dont le tarif est de quelques francs dans les bureaux officiels. Que d'efforts ont été faits cependant, que de mesures ont été prises pour empêcher ce trafic et chasser les vendeurs du temple !... Et sous Léon XllI en particulier. Les calholi- <iues de tous les pays lui doivent sur ce point une reconnaissance spéciale ; ils ne sauraient d'ailleurs qu'applaudir h toute initiative en ce sens.
Pour en revenir au Conclave, quel que soit, selon l'expression des Bulles de Pie IX, le « coin de terre »,
OÙ se tiendront à l'avenir les assemblées électorales, il est à prévoir que, jusque dans les détails de leur organisation matérielle, elles répondront de plus enplus aux exigences et aux besoins des temps nouveaux. Le jour où les cardinaux se verront dans la nécessité de se réunir hors de Rome pour Télection du pape, ils se préoccuperont nécessairement de la question budgétaire, et ce sera ajuste titre : une installation de conclave en pays étranger, que ce soit dans un couvent, un palais ou un hôtel, n'ira pas sans entraîner des frais extraordinaires. Si donc, en prévision de cette éventualité et d'autres encore, les administrateurs du denier pontifical thésaurisent et établissent d'avance un petit fonds de réserve, l'histoire et le monde catholique leur en feront un mérite ; car, l'argent bien employé peut être, ici, un moyen d'assurer et de garantir la liberté du chef de l'Eglise, l'indépendance de ses électeurs.